Cover Le cinéma de John Cassavetes

Le cinéma de John Cassavetes

John Cassavetes (le réalisateur, le scénariste mais aussi un peu l'acteur) est probablement ma plus belle découverte des deux dernières années cinéphiles. Dans cette liste, j'ajouterai et annoterai tous les films que j'ai vus ou que je verrai du bonhomme.

Liste de

5 films

créée il y a plus de 10 ans · modifiée il y a plus de 3 ans
Une femme sous influence
7.9

Une femme sous influence (1974)

A Woman Under the Influence

2 h 35 min. Sortie : 14 avril 1976 (France). Drame

Film de John Cassavetes

Mattchupichu77 a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Le meilleur Cassavetes et de très loin (même si j'adore les trois autres). Il me faudrait le revoir pour l'annoter convenablement.

Husbands
7.4

Husbands (1970)

2 h 11 min. Sortie : 1971 (France). Comédie, Drame

Film de John Cassavetes

Mattchupichu77 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Husbands est ma première rencontre avec le réalisateur John Cassavetes (à ne pas confondre avec son ignoble rejeton qui nous a fait subir The Notebook, horrible romance sirupeuse). J'avais tout lu et entendu sur ce réalisateur : des choses rassurantes comme d'autres bien plus inquiétantes. Dans de tels cas, le mieux reste encore de se faire son propre avis. J'ai choisi la solution de facilité puisque j'ai jeté mon dévolu sur le film dont le pitch me parlait le plus; à savoir une histoire d'amitié entre trois quarantenaires qui viennent d'enterrer le quatrième larron de la bande. Et que dire de plus si ce n'est que j'ai été ébloui ? Cassavetes, c'est un cinéma de funambule qui ne répond pas du tout aux normes cinématographiques telles qu'on les imagine en temps normal ! Il semble avancer sur un fil extrêmement fin et sans savoir complètement où cela va le mener mais il se dégage une grâce incroyable de l'ensemble. J'ai été terriblement ému par cette histoire d'amitié (mais pas que) et par ce que dit le film sur le temps qui passe et qui détruit beaucoup de choses. Je le conseille vivement comme porte d'entrée dans le monde de ce cher John.

Minnie et Moskowitz
7.3

Minnie et Moskowitz (1971)

Minnie and Moskowitz

1 h 54 min. Sortie : 20 décembre 1972 (France). Drame, Romance

Film de John Cassavetes

Mattchupichu77 a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

John, John, John ... Que dire de plus sinon "je t'aime" ?

Tu es l'un des plus grands (c'est éminemment subjectif mais je m'en fous). Ce qui est certain, c'est que j'ai envie de rire, pleurer, me révolter, aimer, me bagarrer à chaque fois que je vois un de tes films ! Ton oeuvre est un hymne à la vie, ni plus ni moins !

On retrouve comme souvent la merveilleuse Gena Rowlands qui est tout simplement l'incarnation de tout ce qu'une actrice peut espérer avoir de mieux (génie, folie, charme, beauté, grâce) et puisque son personnage de Minnie est génial, je ne peux qu'applaudir.

Et puis Seymour Cassel est un sacré client lui aussi ! A la fois pathétique, drôle, émouvant, son personnage de Moskowitz est un antihéros particulièrement attachant.

Une telle histoire d'amour entre deux paumés, totalement handicapés sentimentaux, qui oserait la raconter aujourd'hui ?

Il y a de la folie et, comme souvent, son cousin le génie s'invite à la fête !

Les dialogues sublimes s'enchaînent pendant 1h50 et on finit par une scène magnifique qui me laisse au bord des larmes, encore une fois.

John, définitivement, tu es le meilleur !

P.S : Pourquoi un simple 9 ? Parce que c'est tout de même un peu inégal et que le parfait "Une femme sous influence" lui est supérieur. C'est tout et c'est vraiment peu.

Meurtre d'un bookmaker chinois
7.2

Meurtre d'un bookmaker chinois (1976)

The Killing of a Chinese Bookie

2 h 15 min. Sortie : 15 février 1976 (États-Unis). Drame

Film de John Cassavetes

Mattchupichu77 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

Meurtre d'un bookmaker chinois, c'est du pur Cassavetes : vous espérez voir un polar cherchant l'efficacité à chaque plan et chaque réplique ? Passez votre chemin, le film n'est pas fait pour vous ! On suit les déambulations de Cosmo, ce fringant italo-américain à la quarantaine bien entamée. Propriétaire d'un club de strip tease miteux, il ne ménage pas sa peine pour que tout lui réussisse. Mais la voie vers l'indépendance est un sacré chemin de croix !

Certains voient en ce film une critique de la toute puissance des producteurs et d'Hollywood. Il est difficile de leur donner tort mais il me semble possible d'élargir cette réflexion à tous les domaines de la vie. On doit lutter chaque jour pour chaque choix et faire avec cette image que les autres veulent nous donner, quand bien même elle n'est qu'un pur mensonge. Encore une fois, John Cassavetes m'éblouit et m'émeut profondément comme peu le font. Cela ne tient finalement qu'à peu : la sincérité. Le réalisateur se fout de l'efficacité du découpage des scènes, du tempo qu'il pourrait donner à son film par le biais d'un montage plus nerveux, de l'enchaînement de répliques acérées. Tout est ici en trop mais tout ici fonctionne : c'est drôle, triste, profond et surtout VRAI.

Et puis, il y a ces comédiens magiques au premier rang desquels on retrouve le parfait Ben Gazzara ! Il crevait déjà l'écran dans Husbands alors qu'il devait faire face à la concurrence de ses deux potes, très bons acteurs également. Ici, il crée un personnage attachant, d'une complexité et d'une mélancolie sans marges.

Enfin, la scène de l'avant, du pendant et de l'après-meurtre est absolument superbe : il n'y a pas d'artifices, pas de surjeu, pas de choix esthétique exacerbé. Il y a simplement une caméra filmant la trajectoire d'un homme qui fonce vers un destin bien sombre.


John Cassavetes, je t'aime !

Opening Night
7.8

Opening Night (1977)

2 h 24 min. Sortie : 13 mai 1992 (France). Drame

Film de John Cassavetes

Mattchupichu77 a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.

Annotation :

J'ai l'impression de me répéter inlassablement avec Cassavetes : Opening Night est un film brillant, sensible, fou, original.

Cette oeuvre est une magnifique déclaration d'amour aux acteurs et un petit (mais existant) bras d'honneur aux scénaristes et metteurs en scène qui doivent s'adapter en conséquence. Je peux me tromper mais la fin du film semble accréditer cette thèse.

Comme toujours, Gena Rowlands est géniale et le reste du casting est au diapason (Ben Gazzara, John Cassavetes et tous les acteurs que je ne connaissais pas).

Il y a une magnifique réflexion sur l'âge et ce qu'il fait peser sur les corps et les âmes (et il faut bien se dire que c'est plus dur encore pour les actrices que pour le commun des mortels). L'imbrication entre le théâtre et la vie est très bien traitée également (le film m'a fait penser à un Eve à la sauce seventies/Cassavetes).

En plus, on a évidemment toutes ces scènes inexplicables bien que touchées par la grâce (je pense aux moments d'apparition de la jeune femme) ! Et cette fin qui est merveilleuse dans ce qu'elle nous dit du personnage principal et de la vie en général.

Opening Night est un grand film mais, je l'avoue un peu timidement, probablement le Cassavetes qui m'a le moins touché (j'ai largement préféré Une femme sous influence et Husbands, et aimé un peu plus Meurtre d'un bookmaker chinois).

Je pense que j'y reviendrai forcément un jour parce que le cinéma de ce réalisateur me parle viscéralement !

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