
Lectures et notes (2026)
Sir Walter Finch et son fils William (1806)
Sortie : février 2008 (France). Roman
livre de Isabelle de Charrière
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
C'est dommage, ça partait sur des bases très intéressantes : l'enfance et le développement d'un enfant et en contrepoint, les lubies philosophiques de son père qui décide pour l'éduquer de suivre les leçons de Rousseau, en sus d'une ironie assez mordante en perspective, le ton assez libre évoquant les circonstances troubles du mariage du père et des fredaines de son épouse ou de sa mère autrefois. Par la suite, le roman épistolaire est écrasé par une suite d'anecdotes souvent insignifiantes.
Les Folies françaises (1988)
Sortie : 11 mai 1988. Roman
livre de Philippe Sollers
Elouan a mis 4/10.
Annotation :
Pour ne parler que du rythme de cette prose (phrases courtes, hommage à l'octosyllabe) je dirai qu'il est plutôt plan-plan, et assez ennuyeux. L'enchaînement des phrases est servi à la va-comme-je-te-pousse, au gré d'une humeur journalière. Par-delà l'auto-dérision qu'il fait subir à son personnage (lui-même ?) la suffisance d'un écrivain de seconde main (se contentant d'utiliser les livres des autres pour établir un code secret) est assez fatigante.
Les Papiers de Jeffrey Aspern (1888)
(traduction M. Le Corbeiller)
The Aspern Papers
Sortie : 1888. Nouvelle
livre de Henry James
Elouan a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
La ligue des dames pour transfert de papaute aux ameriques
Sortie : août 1990 (France). Recueil de nouvelles
livre de Aldo Alberti
Elouan a mis 6/10.
Typhon (1903)
(traduction André Gide)
Typhoon
Sortie : 1918 (France). Roman
livre de Joseph Conrad
Elouan a mis 6/10.
Le Massacre de Pangbourne (1997)
Running Wild
Sortie : 17 avril 2011 (France). Recueil de nouvelles
livre de J.G. Ballard
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Un livre-enquête, assez intriguant, sur un fait imaginaire à Pangbourne le 25 août 1988. Les conclusions de l'enquêteur sont peut-être tirées un peu trop rapidement (mais sans compter un événement imprévu, la seule péripétie du texte, finalement) mais ce qu'il en retourne met mal à l'aise, questionne. Ballard nous plonge dans les détails d'une série de crime assez singulière, troublante : c'est le point d'accroche du livre, sans faire aucune réflexion morale, il en suscite.
Toutefois, on sait par ailleurs que ce genre de choses est possible en principe, mais de cette manière ? en réaction à un tel phénomène ? J'en doute. En fait, je n'y crois pas du tout. C'est le hic.
Le-dit phénomène est un phénomène de société réel, une façon dont s'organisait les familles en Angleterre dans les années 70-80, une façon d'éduquer les enfants, qui elle aussi, questionne. Dommage que Ballard n'en dise pas grand-chose.
Un beau ténébreux (1945)
Sortie : 1945 (France). Roman
livre de Julien Gracq
Elouan a mis 7/10.
Annotation :
J'ai de plus en plus l'impression qu'avec Le Rivage des Syrtes, Julien Gracq a atteint une maturité stylistique avant laquelle toute sa prose sent les affres du travail. On sent cela dans Au château d'Argol, on sent cela dans Un beau ténébreux. Lire ce dernier, c'est s'enfoncer dans des longueurs sinueuses et des inversion syntaxiques, des propositions subordonnées qui s'imbriquent en veux-tu en voilà. La phrase n'avance pas ou le « jeune » Gracq se maîtrise mal et ce même s'il nous offre aussi quelques morceaux éblouissants par ailleurs. On peut voir dans Un beau ténébreux de magnifiques effets de cadences qui ne sont pas sans évoquer le mouvement des vagues dans la mer près de laquelle les personnages se trouvent. Personnages dont Gracq saisit l'essence, en isolant quelques caractéristiques physiques précises de façon à dégager un portrait plus psychologique ; d'ailleurs, les personnages de Gracq jouent consciemment un rôle esthétisé. Gracq n'évite pas toujours quelque chose de compassé, d'un peu lourd avec ces personnages qui goûtent leur noirceur ou se touchent avec ; tout cela dans une ambiance un peu nébuleuse, saturé de détails, eux-mêmes fruits d'une auscultation passionné de l'âme humaine.
Ondine (1811)
Sortie : 16 mars 2011 (France). Conte
livre de Friedrich de La Motte-Fouqué
Elouan a mis 7/10.
Pétales de sang (1977)
Petals of Blood
Sortie : 2002 (France). Roman
livre de Ngugi Wa Thiong'o
Elouan a mis 8/10.
Annotation :
Pour chaque personnages (Munira, Wanja, Karega et Abdulla principalement) il y a une version, un récit différent ; et c'est une enquête policière qui, au premier chef, déclenche cet entremêlement ingénieux de fils narratifs. À cela s'ajoute la mémoire de certains épisodes, de faits, ou de mythes, de figures jalonnant le récit et qui tous forment un autre fil ténu, fragile, cassé, que le lecteur pourrait suivre du bout du doigt en ayant l'impression de lire l'histoire du Kenya — ou un écho de celle-ci. Mais le roman contient décidément plus que cela. Sa profondeur se joue en plusieurs niveaux : chaque personnage a son mystère — les enjeux humains, psychologiques se détricotent de façon très prenante — et Ngugi Wa Thiong'o de les façonner très vrais, très attachants, en dépit de tous les aspects sombres qu'on peut y trouver. Le tissage temporel de Pétales de sang est particulièrement efficace et intelligent : les fils se rejoignent, se recoupent, et tout se recompose dans un contexte de mémoire et de tragédies.
Partage de midi (1905)
Sortie : 1905 (France). Théâtre
livre de Paul Claudel
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
"ALMARIC — L'heure est là
Meilleure qui est celle-ci. Je ne demande qu'une chose : voir clair,
Bien voir
Les choses telles qu'elles sont,
Ce qui est bien plus beau, et non comme je les désire; ce que fais et ce que j'ai à faire
DE CIZ — Il n'y a plus de temps à perdre.
MESA — Ce n'est point le temps qui manque, c'est nous qui lui manquons.
[...] Voici l'âge où il est inquiétant d'être libre"
Le Détail
El detalle
Sortie : 3 septembre 2003 (France). Roman
livre de José Carlos Somoza
Elouan a mis 6/10.
Terminus radieux (2014)
Sortie : 31 août 2014 (France). Roman
livre de Antoine Volodine
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Ça faisait — déjà — quelques années que je n'avais pas lu un roman de Volodine, et je n'en avais lu jusque là qu'un seul (Songes de Mevlido). Enfin, j'ai quand même essayé Onze rêves de suie entre-temps, mais celui-ci m'est tombé des mains. J'ai le souvenir de quelque chose de lourd — ce qui en soit n'est pas forcément un défaut rédibitoire — mais d'une littérature du parfaitement superfétatoire, aussi. Les lecteurs de Volodine le laissent entendre, d'un livre à l'autre, l'auteur construit une citadelle romanesque parfaitement cohérente, un projet unique, un récit constituté de plusieurs livres ; et moi qui n'en avais lu qu'un et demi, je trouvais cela déjà très attendu. On pourra m'objecter que cette redondance fait corps avec l'un des principes du roman, celui d'un temps suspendu, entre la vie et la mort — que le temps lui-même, qui se répète, fait l'objet d'une sorte de dérision. En l'espèce, ce qui m'a déçu est que la distanciation est quelque peu fantomatique : cet aspect, non content d'être dérisoire, était perçu comme anecdotique. Il n'y a pas (ou si peu) de remise en perspective, et à force de voir s'accumuler des éléments qui paraissent inessentiels, voire non-nécessaires, on se dit que le roman aurait pu faire cinquante mille pages de plus. Malgré tout, et c'est le paradoxe de cette lecture, c'est que je ne me suis pas réellement ennuyé ; je me suis habitué au roman, aux personnages, à leur chassé-croisé plutôt bien structuré et parfois aussi intense qu'un excellent western spaghettti. J'ai même su apprécié cet étrange et jubilatoire rire jaune qui, sans dérider les muscles de mon visage, berçait tranquillement mes pensées — l'humour de Volodine est discret, tout en suintant un peu partout, comme de l'huile noire sortant de la terre.
La mort d'Ahasverus (1960)
Ahasverus död
Sortie : 1987 (France). Roman
livre de Pär Lagerkvist
Elouan a mis 5/10.
Les Malavoglia (1881)
I Malavoglia
Sortie : 1988 (France). Roman
livre de Giovanni Verga
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Lorsqu'il n'est pas associé à Puccini (pour l'opéra) ou à quelques peintres italiens de la fin du dix-neuvième siècle, le vérisme est représenté par un écrivain en particulier : Giovanni Verga. C'est le naturalisme importé en Italie, dirons-nous, et c'est vrai son roman, Les Malavoglia, rappelle beaucoup La Terre de Zola. J'aurais presque pu dire à un moment que c'est du Zola, en plus doux, mais en fait non ; quoi que l'on ne sent pas chez Verga ce désir un peu poussé de provocation.
Ici, c'est aussi le milieu rural, au bord de la mer. Mine de rien, le roman est dense, à cause de ses personnages. Ce n'est pas qu'il y en a mille, mais ils ont tous leur surnom et on s'y perd facilement. D'autant que même les personnages les plus secondaires jouent un rôle plutôt essentiel. Très souvent, dans Les Malavoglia, on ne suit pas le coeur de l'action, mais on vit le roman à travers tous les commentaires qu'il suscite. Jalousies, hypocrisies, apitoiement, acrimonies se déchaînent comme un concert de perles ; les paroles fusent mais le naufrage est lent. On pourrait presque parler de polyphonie eut égard à cette importance que donne Verga aux différentes voix de son roman. Mais le roman accuse les défauts de ses qualités, à force, c'est répétitif, un peu étouffant et... redoutablement prévisible.
Histoires de vent (1980)
Windgeschichten
Sortie : 2024 (France). Nouvelle
livre de Adelheid Duvanel
Elouan a mis 8/10.
Dans les eaux du lac interdit
Sortie : 20 août 2015 (France).
livre de Hamid Ismaïlov
Elouan a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Botchan (1906)
Sortie : 1993 (France). Roman
livre de Natsume Sōseki
Elouan a mis 4/10.
Annotation :
Alors là, je n'ai pas compris. Je me suis même demandé s'il n'y avait pas d'erreur dans l'attribution de ce livre à Sôseki… La littératures regorgent de personnages minables mais fascinants ; Botchan n'est pas intéressant. Certes, on peut dire qu'il n'est pas minable jusqu'au bout : c'est un personnage incorruptible, toujours droit, mais cette seule qualité sonne un peu creux, et ne parlons pas des autres personnages qui sont tellement inconsistants. Ce qui est étrange, c'est surtout la maladresse de Sôseki a créé une distance comique. Les personnages se donnent comme cela, on est avalé dans leurs histoires et leurs mesquineries, à moins de créer soi-même une autre distance, celle d'une superbe indifférence.
Le Parfum (1985)
Histoire d'un meurtrier
Das Parfum, die Geschichte eines Mörders
Sortie : 1985 (France). Roman
livre de Patrick Süskind
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Je trouvais ça amusant au début, mais Grenouille devient très prévisible en dépit de ses sauts d'une situation à une autre. Le roman s'essouffle, heureusement qu'un renouveau d'intensité se créé avec le père Richis (mais c'est trop court) et une bouffonnerie presque surréaliste un peu après. Une belle idée de construire un roman sur les odeurs ; ça reste relativement rare.
Corinne ou l'Italie (1807)
Sortie : 1807 (France). Roman
livre de Germaine de Staël
Elouan a mis 8/10.
Annotation :
Hmm... Que faire ? Que faire avec Corinne ou l'Italie ? Sur quoi appuyer son jugement quand d'immenses qualités résonnent plus fort que d'insupportables lourdeurs dominent tour à tour, soit par l'intensité soit par la quantité. Le nombre de pages où ces tourments jouent du violon, en pure perte, tellement qu'on aurait cru que l'interprète est un dément ? Le nombre de pages où je ne pouvais plus voir ni Corinne ni Oswald en peinture... Ajoutez à cela ces nombreuses pages, qui, en elles-mêmes, étaient d'un très grand intérêt — j'en tirerai bien un certain nombre d'extraits pour mon usage personnel — mais qui ne me semblaient rien ajouter au roman, me semblaient flotter dans le vide pour donner une apparence de profondeur à une énième intrigue amoureuse. J'aurais certainement mal jugé le roman si Germaine de Staël ne m'avait pas permit de comprendre un peu plus tard que tous ces développements sur la peinture, sur les lettres, sur la langue, etc, prennaient tout leur sens dans la suite. Deux tempéraments se font face, deux pays (pour ne pas dire plus) et la lutte est très équilibrée, renforcée tour à tour d'une multitude de points sensibles dans l'intrigue, et par des aspects plus intellectuels. C'est du grand romantisme, doublé par un subtil regard qui sait découvrir des personnages et des lieux sous plusieurs facettes.
Les Jeunes Visiteurs (1919)
(Édition bilingue - traduction Olivier Gadet)
The Young Visiters
Sortie : 1987 (France). Roman
livre de Daisy Ashford
Elouan a mis 5/10.
Le bel otage
Sortie : 5 septembre 2013 (France). Roman
livre de Zayd Muti Dammaj
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Mine de rien, le récit est plein d'ambiguïté et c'est ce qui le sauve un peu du vide dont il est empli. Zayd Muti Dammaj nous livre l'histoire en quelques traits, à peine esquissés, et laisse tout à l'imagination du lecteur qui ne manquera pas de s'inquiéter pour ce jeune otage.
Le Docteur Jivago (1957)
Доктор Живаго
Sortie : 1958 (France). Roman
livre de Boris Pasternak
Elouan a mis 7/10.
Annotation :
Une structure narrative qui m'a rappelé le diptyque de Vassili Grossmann (Pour une juste cause -- Vie et destin), mais j'ai moins aimé le roman de Pasternak. Chez Vassili Grossmann, il y avait un bon équilibre entre l'intrigue romanesque et l'histoire (avec un grand H) ; dans le Docteur Jivago, on se demande si ce que vivent ces personnages (à l'exception des 200 dernières pages, plus intenses) n'est pas trop à l'arrière-plan. Je me suis même demandé si la forme romanesque apportait quelque chose au fond historique, dont les pensées et les paroles des personnages sont en quelques sortes le commentaire.
Le dit de l'ost d'Igor
Сло́во о плъку́ И́горєвѣ · И́горѧ сꙑ́на Свѧ́тъславлѧ · вну́ка О́льгова
Récit
livre de Khodyna, Andréï Tchernov et André Markowicz
Lucarne
Sortie : 12 octobre 1999 (France). Recueil de nouvelles
livre de Jean-Luc Raharimanana
Elouan a mis 7/10.
Annotation :
Des proses poétiques, avec phrases qui s'enchaînent (parfois des mots, seuls entre deux points) et des tournures qui feraient presque penser à une chanson ; le rythme, l'élégance y est... sauf que les histoires de Raharimanana sont extrêmement violentes. On pousse l'horreur jusqu'au bout et plus loin encore, peut-être plus que nécessaire. Parfois, le cynisme affiché du narrateur agace.
Théorie générale de l'oubli (2012)
Teoria geral do Esquecimento
Sortie : février 2014 (France). Roman
livre de José-Eduardo Agualusa
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Dommage, ça partait bien. Mais nous avons un tout petit roman avec trop de tout. Trop d'histoires, trop de recoupements, pour pas grand-chose. Le roman fonctionne bien en entité autonome, les éléments se répondent entre eux dans ce vase clos, mais dès qu'on sort du cadre, La Théorie générale de l'oubli ne me parle plus guère. Ce sera vite oublié, à coup sûr.
Hôtel Atlantique (1989)
Hotel Atlântico
Sortie : 2022 (France). Roman
livre de João Gilberto Noll
Elouan a mis 5/10.
































