
Lectures et notes (2026)
Le Démon de la colline aux loups (2021)
Sortie : 7 janvier 2021. Roman
livre de Dimitri Rouchon-Borie
Elouan a mis 5/10.
Le Journal d'un homme de trop (1850)
Sortie : 1850 (Russie). Recueil de nouvelles
livre de Ivan Tourguéniev
Elouan a mis 6/10.
Poltava, le cavalier de bronze (1828)
Sortie : 15 janvier 2003 (France). Roman
livre de Alexandre Pouchkine
Elouan l'a mis dans ses coups de cœur.
Alamut (1938)
Sortie : 1988 (France). Roman
livre de Vladimir Bartol
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Oui, pas archi-bien foutu au niveau de la structure romanesque, beaucoup d'aspects sous-exploités, des personnages à peine travaillés, peu convainquant. Malgré tout, le roman atteint un pic d'intérêt lorsque ses personnages partagent leur réflexion, et qu'à travers eux, l'auteur livre l'architecture mentale du totalitarisme. Au fond, on se dit que parler des ismaéliens n'est qu'un prétexte. On renoue avec la fameuse idée qui trouble les personnages des Frères Karamazov (Sans dieu, tout est permis) ; ici on est partagé entre le fanatisme et le nihilisme qui se rejoignent en quelques sortes : tout n'est qu'une question de rapport de force, de manipulation.
Mort et vie sévérine (1955)
Morte e vida severina
Sortie : 17 février 2023 (France). Poésie, Récit
livre de João Cabral de Melo Neto
Elouan a mis 5/10.
C'est beau, la guerre (2019)
Sortie : 17 octobre 2019 (France). Roman
livre de Youssouf Amine Elalamy
Elouan a mis 7/10.
Annotation :
Youssouf Amine Elalamy a trouvé le point juste, entre la mélancolie et l'ironie, pour accorder sa lyre et évoquer la violence de la guerre. Pas une guerre en particulier, puisqu'aucune référence précise ne permet de dire de quelle guerre il s'agit, sauf à dire qu'elle se passe en Afrique du Nord. Il y a des détails crus qui relèvent vraiment d'une violence extrême, mais le texte est doux comme l'eau, comme le désespoir puis comme l'espoir qu'il charrie. Beaucoup de textes évoquant l'horreur de la guerre se ressemblent, parce que la guerre, c'est toujours la même horreur, mais Elalamy a su trouver une voie singulière pour en parler, trouver une forme pour l'expression des sentiments de son narrateur. Un personnage, une vocation, qui peut-être, met un peu longtemps à trouver sa place ; une fin, aussi, en demi-teinte, peut-être pas une vraie fin, alors qu'Elalamy aurait pu user d'une ultime ironie pour sonner le glas de toute cette beauté.
Tous les chiens sont bleus (2008)
Todos os cachorros são azuis
Sortie : 2023 (France). Récit, Poésie
livre de Rodrigo de Souza Leao
Elouan a mis 4/10.
La Statue de Marbre (1819)
Das Marmorbild
Sortie : 1819 (France). Roman
livre de Joseph Von Eichendorff
Elouan a mis 9/10.
Histoire de New York (1809)
depuis le commencement du monde jusqu'à la fin de la domination hollandaise, par Diedrick Knickerbocker
Sortie : 1827 (France). Histoire
livre de Washington Irving
Elouan a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Lorsque je suis tombé pour la première fois sur ce titre, j'avoue m'être dit que ce n'était pas une lecture pour moi. Un examen plus sérieux de son contenu et à fortiori la lecture complète de ce drôle de livre m'ont appris que mon jugement avait été plutôt expéditif. Le ton avait été donné dans Sleepy Hollow, et Washington Irving le confirme avec cette Histoire de New York écrite par son hétéronyme Diedrick Knickerbocker ; la verve tranquille et flegmatique de l'écrivain est savoureuse, d'une ironie douce mais constante, un peu comme si Irving avait été le digne élève de Laurence Sterne ou de Jonathan Swift. Dès le début, Washington Irving parodie, brocarde méchamment les discours racistes visant à escamoter le peuplement non-européens qui ont peuplé le continent avant les Européens. Cela dit, Washington Irving est ici double, il est à la frontière entre le dix-huitième siècle et ses figures grotesques et bouffonnes (et de façon parfois assez convenue, un comique de répétition assez usé à force) et un romantisme qui donne plus de corps à son récit, comme s'il se décidait à plus de sérieux.
J'aurais bien aimé une suite de cette Histoire satirique avec les pères fondateurs, mais il faudra se contenter de ces hollandais un peu oubliés, il est vrai. Irving revisite ainsi l'Histoire de New York avec les trois figures que sont Wouter van Twiller (Walter l'indécis) Wilhelmus Kieft (William le bourru) et Peter Stuyvesant (Peter Forte-Tête) ; trois figures dont Irving tire un enseignement politique fondée sur le caractère du gouvernant. Irving se montrera plus légers sur les ministres et les administrations, constituées de poétiques flâneurs dans la fumée de leur pipe.
La Conférence des oiseaux (1177)
(traduction Marianne Delany Dayon et Mathias Zamani)
Sortie : 2026 (France). Poésie
livre de Farīd al-Dīn Aṭṭār
Annotation :
Un peu déçu par cette première incursion dans La Conférence des oiseaux, dans la traduction (éditée par Mille et une nuits) de Marianne Delany. J'ai envie de réessayer avec d'autres traductions, de préférence en vers, de ce Farid al-Din Attar qui m'avait tant séduit dans quelques-uns de ces quatrains.
L'Homme vert (1811)
Meister Dietrich
Sortie : février 1994 (France). Roman
livre de Karl Wilhelm Salice-Contessa
Elouan a mis 6/10.
L'Année de la pensée magique (2005)
The Year of the Magical Thinking
Sortie : septembre 2007 (France). Récit
livre de Joan Didion
Elouan a mis 4/10.
Annotation :
J'aimerais bien qu'on m'explique ce que cet ouvrage a de si original, de si bouleversant, ou que sais-je ? Je l'ai traversé avec indifférence sinon agacement, teinté ponctuellement d'un début d'intérêt — trop tard. Car des réflexions pertinentes, j'en ai vu poindre à la fin — ou peut-être avant, une ou deux fois, je ne sais plus, sous formes de minuscules bourgeons inexploités. À la place, ce livre sur la mort (sur la mort de son mari, John Gregory Dunne) contient surtout des particularités qui intéresseront certainement ceux qui étaient déjà animés d'une dose de fascination pour Joan Didion. Je me suis senti bombardé de faits dont je n'ai pas grand-chose à faire, comme si je m'étais retrouvé coincé par mégarde dans un accélérateur de particules — et non, l'expérience ne sera pas concluante. Des pensées, comme celles que livre Joan Didion, m'ont traversés — je dois dire un peu comme tout le monde — lorsque j'ai moi-même perdu un proche. C'est là ce qu'il y a de peut-être un peu universel dans l'Année de la pensée magique, c'est les pensées d'un peu tout le monde, mais que Joan Didion n'éclaire d'aucune lumière singulière. On dirait du Annie Ernaux.
L'Or (1925)
Sortie : 1925 (France). Roman
livre de Blaise Cendrars
Elouan a mis 7/10.
Annotation :
Ce qui est curieux avec L'Or, c'est que, bien que captivé par cette façon d'amorcer la trajectoire de John August Sutter, j'ai eu longtemps l'impression de lire une espèce de prologue, et cette impression fut directement suivie de celle de lire l'épilogue. Le "roman" de Cendrars joue bien son rôle de chronique quasi-strictement historique (sur la forme, parce que je ne suis pas bon juge des éventuelles inexactitudes) et il y a une impression de survol qui empêche de pénétrer vraiment le caractère du protagoniste : il est un peu fantomatique. J'aurais encore plus aimé plus d'interprétation, plus de tentatives de remonter le fil des causes et des conséquences, de creuser le contexte et les autres personnages.
Corps célestes à la lisière du monde (2025)
Himmellegemer over verdens yderste rand
Sortie : 5 mars 2026 (France). Roman
livre de Jón Kalman Stefánsson
Elouan a mis 7/10.
Annotation :
C'est vrai que j'ai mis du temps à rentrer dans l'histoire, les personnages étaient difficiles à distinguer les uns des autres (heureusement il y a une liste à la fin) ; j'avais l'impression de lire un roman d'Olga Tokarczuk en moins bien structuré. Mais tout se concentre dans un long moment de tension dramatique, toute la tension morale, philosophique ; un long moment qui ne subit presque plus les hésitations du narrateur, ses baisses d'intensité, mais plonge son lecteur dans l'abîme du page-turner.
Mrs Lee (1809)
Mistris Lee
Sortie : décembre 2006 (France). Roman
livre de Achim von Arnim
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Lorsqu'en elle-même, l'histoire est assez banale, rebattue, et que l'auteur n'a pas réellement sondé les caractères impliqués pour nous en déceler une profondeur, qu'il s'est contenté de conté, avec un talent primesautier ce qui arrive à ces personnages ; on est content de constater que le rythme des phrases, sa délicieuse légèreté, une prose, par ailleurs, fort bien traduite par Armand Robin, ou encore que l'humour d'Achim von Arnim se loge un peu partout, au détour d'une phrase, d'un geste, d'une expression.
Les Ombres de la nuit
Sortie : 1999 (France). Recueil de nouvelles
livre de Eqrem Basha
Elouan a mis 5/10.
Annotation :
Des nouvelles publiées entre 1971 et 1995 d'après le résumé (en réalité, toutes sont publiés en 94 ou en 95, sauf une, de 71) ; des nouvelles archi-noires dans lesquelles on sent bien la présence de l'ogre russe, même s'il n'est jamais nommé clairement : tout se joue au niveau métaphorique, mythologique, au détour d'une blague parfois confuse. Eqrem Basha perd son lecteur dans des incohérences qui, si elles n'apportent pas toujours quelque chose et son de ce chef un peu agaçantes, offrent parfois un jeu de piste un peu méandreux dans la conscience de ces narrateurs, contribuent à opacifier les brumes qui entourent le livre. Et pourtant, ça commence toujours par des phrases fort simples ; elles sont suivies de ruptures, de déraillement logiques. L'ennui c'est que ces nouvelles ne nous emmènent nulle part, la plupart du temps. Quelques unes sont quand même assez drôles.
"Il avait tenté d'abord de se maîtriser, tel un homme qui cherche à évacuer une croûte de pain restée coincée dans la gorge, puis il était parti d'un rire énorme, franc, incontrôlé, s'y donnant de tout son cœur, sans nulle retenue. Le rire finit par tout recouvrir, et le hoquet et le discours, inondant les ruelles sales et boueuses, et peu s'en fallut qu'il ne se communiquât aux accompagnateurs, tous empressés à lui témoigner leur attention et leur approbation avec des hochements de tête."
Oliver VII (1942)
VII. Olivér
Sortie : 1942 (Hongrie). Roman
livre de Antal Szerb
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
J'avais conçu une enthousiasme grandissant pour Antal Szerb depuis ma première lecture (Le voyageur et le clair de lune) mais j'avoue que cet enthousiasme a du plomb dans l'aile depuis Oliver VII. Qu'on se le dise, c'est quand même très bien, très drôle dans l'idée, et assez savoureux. Le problème est qu'Antal Szerb en fait trop avec sa farce ; il la complique de multiples incidences un peu répétitives et la rend quelque peu indigeste à la fin.
L'Arrière-Saison (1857)
Der Nachsommer
Sortie : décembre 2000 (France). Roman
livre de Adalbert Stifter
Elouan a mis 8/10.
Annotation :
D'un livre à l'autre, chez Stifter, on voit se dessiner une même ambiance, le même décor, des personnages qui ont les mêmes préoccupations et le même style de vie. Les thèmes s'accordent encore une fois dans L'Arrière-Saison, mais dans un prolongement tel que le roman, en soit, constitue une somme. Il contient une vision du monde, développée avec force détails, de sa création jusqu'à une saisissante représentation du futur. On est un peu dans l'univers goethien des Affinités électives, et alors un univers sans bruit et encore moins de fureur ; ses six cent cinquante pages déroulent avec calme, solennités, presque avec monotonie la vie d'un jeune homme recevant une solide formation intellectuelle.
C'est d'abord la célébration et la définition du beau qui s'opère, mais non pas dans des réduits étriqués où l'on se saoule d'hydromel et du contentement de soi, plutôt dans de grands espaces cernés au loin par l'ombre bleue des montagnes. Dans toute leur ampleur, les abstractions du narrateur ou celles des autres personnages sont soutenues, validées, par une minutieuse description du monde. Le regard est celui d'un naturaliste, d'un scientifique si l'on veut, mais participant à l'enchantement du monde.
Par ailleurs, Stifter n'en finit pas de décrire le "faire", l'artisanat, la manière dont on créé un jardin, un tableau ou une sculpture. Le roman s'enrichit ou s'alourdit selon les goûts d'une multitude de descriptions qui immobiliseraient le roman s'il n'était avant tout un voyage intérieur. L'action est parfois aplatie par des tournures impersonnelles ou passives, presque comme si Stifter nous jouait du piano avec un seul doigt, mais chacune des notes approfondit la compréhension que l'on a de Stifter, et déploie son image du monde avec une force formidable.
Sab (1841)
Sab
Sortie : 1841. Roman
livre de Gertrudis Gómez de Avellaneda
Elouan a mis 7/10.
Annotation :
Gertrudis Gomez de Avellaneda a pris le soin de le préciser : elle prétend que Sab n'était pas destiné à la publication, qu'elle avait écrit ce livre trois ans auparavant (elle en a 27 en 1841) pour le cercle restreint de ses amitiés qui ont jugé ce roman avec bienveillance. Oui, le roman peut sembler un peu cliché, un peu naïf par certains côtés (la ritournelle des amoureux transis) mais non point à tout point de vue. Le roman contient en fait beaucoup de petites subtilités, des intuitions assez modernes, qui rendent ses personnages très crédibles, tout à fait réussis et non seulement attachants. Le roman est un page-turner ; contient en dépit de tout un très inspirant sentiment de l'espoir, tout enrobé de romantisme et qu'un beau discours anti-esclavagiste suit en filigrane.
Sir Walter Finch et son fils William (1806)
Sortie : février 2008 (France). Roman
livre de Isabelle de Charrière
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
C'est dommage, ça partait sur des bases très intéressantes : l'enfance et le développement d'un enfant et en contrepoint, les lubies philosophiques de son père qui décide pour l'éduquer de suivre les leçons de Rousseau, en sus d'une ironie assez mordante en perspective, le ton assez libre évoquant les circonstances troubles du mariage du père et des fredaines de son épouse ou de sa mère autrefois. Par la suite, le roman épistolaire est écrasé par une suite d'anecdotes souvent insignifiantes.
Les Folies françaises (1988)
Sortie : 11 mai 1988. Roman
livre de Philippe Sollers
Elouan a mis 4/10.
Annotation :
Pour ne parler que du rythme de cette prose (phrases courtes, hommage à l'octosyllabe) je dirai qu'il est plutôt plan-plan, et assez ennuyeux. L'enchaînement des phrases est servi à la va-comme-je-te-pousse, au gré d'une humeur journalière. Par-delà l'auto-dérision qu'il fait subir à son personnage (lui-même ?) la suffisance d'un écrivain de seconde main (se contentant d'utiliser les livres des autres pour établir un code secret) est assez fatigante.
Les Papiers de Jeffrey Aspern (1888)
(traduction M. Le Corbeiller)
The Aspern Papers
Sortie : 1888. Nouvelle
livre de Henry James
Elouan a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
La Ligue des dames pour le transfert de la papauté aux Amériques
Sortie : août 1990 (France). Recueil de nouvelles
livre de Aldo Alberti
Elouan a mis 6/10.
Typhon (1903)
(traduction André Gide)
Typhoon
Sortie : 1918 (France). Roman
livre de Joseph Conrad
Elouan a mis 6/10.
Le Massacre de Pangbourne (1997)
Running Wild
Sortie : 17 avril 2011 (France). Recueil de nouvelles
livre de J.G. Ballard
Elouan a mis 6/10.
Annotation :
Un livre-enquête, assez intriguant, sur un fait imaginaire à Pangbourne le 25 août 1988. Les conclusions de l'enquêteur sont peut-être tirées un peu trop rapidement (mais sans compter un événement imprévu, la seule péripétie du texte, finalement) mais ce qu'il en retourne met mal à l'aise, questionne. Ballard nous plonge dans les détails d'une série de crime assez singulière, troublante : c'est le point d'accroche du livre, sans faire aucune réflexion morale, il en suscite.
Toutefois, on sait par ailleurs que ce genre de choses est possible en principe, mais de cette manière ? en réaction à un tel phénomène ? J'en doute. En fait, je n'y crois pas du tout. C'est le hic.
Le-dit phénomène est un phénomène de société réel, une façon dont s'organisait les familles en Angleterre dans les années 70-80, une façon d'éduquer les enfants, qui elle aussi, questionne. Dommage que Ballard n'en dise pas grand-chose.
































