Mes concerts 2026
Justin Hurwitz
Annotation :
Justin Hurwitz est le compositeur attitré et exclusif des films de Damien Chazelle, dont la musicalité joue à chaque fois un rôle majeur voir le rôle principal pour Whiplash. C'est un palais des congrès rempli et peuplé principalement de musiciens qui lui fit un accueil aussi intense qu'admiratif avant la représentation en ciné concert de Whiplash, la première de ses collaboration avec Chazelle, qu'il allait diriger . La partition fut jouée à la note près de manière brillantissime avec une maestria incroyable et implacable par un big band de jazz au cordeau et à un batteur virtuose ,qui fut sans surprises la star du show . Ce cine concert fit une formidable expérience, d'autant que le film est assez dingue et sa mise en perspective avec de la musique live est un sacré plus !
AMG
Annotation :
AMG est un quartet de free jazz qui est en train de se faire une place dans le microcosme du JAzz bleu blanc rouge. A la maison de la radio dans le cadre de l'hyper festival, AMG proposait un concert hommage à François de Roubaix . En tant qu'amateur hardcore du compositeur disparu il y a 50 ans, c'était une occasion à ne pas manquer . Malheureusement la déception fut à peu près aussi grande que l'excitation qui précédait ce concert. Si Amg est un superbe groupe de free jazz, avec des musiciens aussi fabuleux que leurs envolées, la filiation avec Roubaix était plus qu'édulcorée . Si l'on reconnaissait quelques mesures , celles-ci se muaient rapidement dans des climat free obsédants mais très éloignés des partitions du maestro . Si les morceaux les plus calmes furent de toutes beauté , le free d'Amg reste pointu et pas toujours facile d'accès .On préfèrera nettement les concerts du Sacre du Tympan dédiés à Francois de Roubaix plutôt que ce concert clin d'oeil légèrement usurpé
Catherine Ringer
Annotation :
On ne présente plus Catherine Ringer!
Depuis 40 ans, la co-fondatrice des Rita Mitsuko brule les planches autant qu'elle s'affirme par sa singularité , sa voix , son anticonformisme , son charisme et la multitude de tubes qui jalonne sa carrière. Depuis maintenant près de 20 ans elle est amputée de sa moitié et ne se produit plus sous le nom des Rita Mitsuko qui restera à jamais un duo .
C'est donc sous son nom , mais toujours en famille , puisqu'elle sera accompagnée par "Family Affair" , le groupe de son fils Raoul Chichin , qu'elle arpentera de manière impromptue la scène intimiste de la Maroquinerie e ce 28 février 2026.
La salle est bien sur sold out et les 500 spectateurs sont chauffés à bloc au moment ou les 8 musiciens font leur apparition sur scène.
"Family Affair" , qui est avant tout un groupe de funk, saura s'adapter sans peine au répertoire des Rita Mitsuko qui composera l'essentiel de la set list du jour.
Visiblement heureuse et joyeuse d'etre sur scène, Catherine Ringer impose sa prestance et son charisme dès les premières secondes de sa prestation. Son regard , son attitude et surtout sa voix capte l'attention du public comme un aimant . On en oublie que cette petite femme ( par la taille) a désormais près de 70 printemps.
Les titres des Rita s'enchainent dans de très bonnes versions (Singing in the shower, Don't forget the night, Y ad'la haine) face à un public qui reprend les refrains en coeur .
Elle nous offre une reprise de Prince ( Mountains) et quelques titres solos (prends moi) sans que l'atmosphère ne faiblisse .
Puis vient le temps des tubes avec une version aussi funky que fascinante de "Andy" . Puis viendront les fameuses "Histoires d'amour" qui finissent mal en général et "C'est comme çà" qui sera joué 2 fois dans des versions survoltées laissant de la place aux formidable solos de Raoul Chichin. La soirée est parfaite, et elle aurait été plus que parfaite si Catherine ringer n'avait pas laissé de coté " Marcia Baila" qu'elle dit avoir trop joué. On ne lui en tiendra pas rigueur tant ce concert à la maroquinerie était un condensé de tout ce que l'on aime en live : de la chaleur, de l'ambiance, de la proximité et de la bonne musique qui vous emporte!
Suede
Annotation :
Dans la première moitié des années 90, Suede fut l'un des nombreux groupes Brit Pop à apparaitre dans le sillage d'Oasis et Blur .
Ils étaient, comme The Verve et Pulp, dans le peloton de tête, juste derrière les 2 fers de lance du mouvement.
Leurs 3 premiers albums "Suede", "Dog man star" et "coming up" proposaient une série de tubes imparables ( Trash, animal nitrate, so young, beautiful ones ) qui ont traversé les années .
Leur dernier album, "Antidepressants" sorti en 2025 est une très bonne cuvée, énergique, bien produite avec de bonnes chansons. Arrivé jusqu'à mes oreilles alors que je n'avais plus écouté Suede depuis des années, il fut une bonne surprise .
Du coup, plus 30 ans après un bon concert à la Cigale , je retrouvais Suede en grande forme à l'Olympia .
Si ces années ont eu un impact sur le public , le temps ne semble pas avoir de prise sur Brett Anderson le leader du groupe.
Grand, charismatique, élancé et élégant, il s'empare de la scène avec une autorité , un savoir faire et une énergie que peu de frontman proposent en 2026.
Suede ne se moque pas de son public et attaque très fort.
Les 2 meilleurs titres de leur dernier opus ( desintegrate et Antidepressants) qu'ils enchainent directement avec "Trash" "Animal nitrate" et "the drowner"plantent le décor.
Harangué par un Brett Anderson survolté, le public est rapidement en surchauffe et reprend tous les refrains à gorge déployée dans une belle osmose.
LA première moitié du concert fut redoutable et portée par la plupart des tubes historiques du groupe. .
Si l'ambiance ne retomba jamais, la seconde moitié fut un ton en dessous puisque les grands titres iconiques , à l'exception de "Beautiful ones"et "So Young" , avaient déjà été jouées .
On se rend alors compte que si leurs chansons sont bien construites avec des refrains efficaces et calibrés, Suede n'est au final qu'un un groupe de Pop Rock.
Malgré leur talent, il leur manque la morgue , l'authenticité , le coté sulfureux et rock que peut avoir Oasis.
Et coté pop , on ne retrouve pas non plus l'éclectisme et l'inventivité de Blur.
Suede, malgré la prestance de Brett anderson , n'arrivera pas à dépasser le plafond de verre et à trouver le supplément d'âme qui séparent les bons groupes des grands groupes .
Mais ne boudons pas notre plaisir . Ce concert, a défaut d'etre historique, fut un bon moment porté par un professionnalisme dont bon nombres de groupes devraient s'inspirer.
Jean-Jacques Goldman
Annotation :
Cela fait près de 25 ans que Jean Jacques Goldman, hormis quelques rares apparitions caritatives, ne se produit plus sur scène.
La personnalité préférée des français laisse donc son public orphelin.
En guise de traitement palliatif, les GOLDMEN continuent de faire vivre sa musique sur scène pour le plus grand bonheur de ses fans.
Il faut dire que la formule et le show proposé sont particulièrement efficaces. Que ce soit le groupe ou le chant tout sonne comme du vrai Goldman et c'est plus que bluffant.
Sur cette tournée, les Goldmen ,en plus ses plus grands tubes, s'attarde sur l'album Fredericks, Goldman, Jones qu'ils reprennent presque intégralement.
Si on se demande pendant la première chanson si l'on va rentrer dans le jeu du tribute band, les Goldmen ne prennent pas beaucoup plus de temps pour achever de vous embarquer.
On est alors happé par la cascade de tubes qui nous est proposée : "Encore un matin ", "au bout de mes rêves", "je te donne", "la vie par procuration " entre lesquels s'intercalent les titres de frederiks Glodman Jones " Un deux trois", " vivre cents vies", "juste après".
L'un des points d'orgue du concert sera une formidable version de "là bas" qui achèvera de nous faire oublier que nous ne sommes pas devant Jean Jacques Goldman.
Puis, après 5 chansons de Fredericks Goldman jones dont " à nos actes manqués" l'usine à tube repartira de plus belle avec "Comme Toi", " je marche seul ", " il suffira d'un signe", " quand la musique est bonne ", "envole-moi".
Le concert se terminera sous une ovation légitime après " si j'étais né en 17 à leidenstadt" et "confidentiel"
L'exercice de style est plus que réussi et hautement recommandable . Le seul bémol de la soirée sera le choix de la salle du Zenith, qui malheureusement fut loin d'etre comble . On imagine la plus value d'une salle plus petite comme le trianon ou l'Olympia sur l'ambiance de Karaoke géant qui parcourait malgré tout les travées de la salle de la porte de pantin.
Michel Houellebecq
Annotation :
Accompagné par Frederic Lo qui avait déjà enluminé les textes de Daniel Darc et joué avec Pete Doherty, Alain Chanfort et Stephane Eicher, Michel Houellebecq retrouvait une scène musicale 25 ans après son premier album "présence humaine".
L'objectif était de soutenir leur nouvel album "souvenez vous de l'homme" sorti quelques jours plus tôt.
Sur la scène épurée de la Scala , c'est un groupe de 5 musiciens qui accompagnaient le légendaire écrivain.
Bien sur Houellebecq n'est pas un chanteur et ses chansons sont d'avantages une mise en musique de ses textes qu'il recite en spoken word .
Il nous propose des textes d'une poésie spectacle portée par un spleen crépusculaire.
Au delà de l'esthétisme des mots de leur assemblage et du style clinique propre à leur auteur , ils laissent entrevoir en filigrane certaines de ses obsessions.
Il semble marqué par le contraste entre la nature et la guerre, la tranquillité et l'horreur, le destin apocalyptique de la société actuelle, le contraste entre l'humanisme et le trans-humaniste.
Tout cela est déclamé de manière désenchanté et très bien mis en musique par Lo .
On se laisse bercer par un pessimisme lettré et une certaine noirceur d'où s'échappent ici et là des formes d'apaisement contraint portées par une beauté contrastée de la fin et une certaine idée de l'éternité .
Le passage central de la soirée fut la mise en musique du dernier chapitre de "la possibilité d'une ile" qui porte à lui seul la globalité des thèmes évoqués dans les autres chansons .
Si la prestation offerte ne fut pas inoubliable, elle fut suffisamment singulière pour haper le public de la première à la dernière minute du récital .
Les Wampas
Annotation :
C'est devant un Olympia archi comble que les Wampas venaient faire une escale parisienne de prestige pour la tournée de leur nouvel album "Ou va nous!"
Avant le début du concert le public scandait déjà les fameux "Didier Wampas est le Roi" en signe d'impatience.
Puis le rideau rouge s'est ouvert et les Wampas ont pris d'assaut la scène en donnant d'emblée au public de l'Olympia ce qu'il etait venu chercher.
Les Wampas c'est avant tout du Rock, ciselé, efficace avec des riffs et des refrains fédérateurs.
C'est aussi de la joie et de la naïveté grâce aux textes poetico-absurdes de leurs chansons.
Sur scène c'est aussi un putain de savoir faire. Outre le jeu de scène et l'énergie hallucinante de Didier, c'est aussi une efficacité absolue qui vous prend en main dès le premier riff et qui ne vous lâchera plus jusqu'à l'ultime minute du Show. Les Wampas ne laissent à leur public aucun temps mort, aucun sas de décompression. Ils sont d'une générosité absolue depuis plus de 40 ans qu'ils jouent à L'Olympia ou dans une petite salle au fond de la creuse.
Une fois encore, ils ont justifié leur réputation en attaquant par "l'Aquarium tactile", en enchainant par "C'est Politique", "Punk Ouvrier". Si des chansons comme "une petite voix " ou "les Coronados" permettent de respirer, c'est pour mieux repartir sur des classiques comme" manu chao" ou " Ce soir c'est noel". Didier fait son show en étant porté en triomphe sur sa chaise sur "les bottes rouges" ou en slamant sur les "skinhead grecs".
Comme toujours ils nous offriront une ode au cyclisme avec "Rimini" et "Mont Ventout" dédicacé à l'élu Paul Seixas qui ne devrait pas tarder à avoir un hymne à sa gloire au répertoire des Wampas comme Jalabert et Pantani en leur temps.
Avant de porter l'estocade, les Wampas offriront à leur public un duo avec la femme de Didier Wampas en interprétant " car c'est toi" une chanson du projet parallèle de Didier "Sugar&Tiger", puis en offrant un quart d'heure psychobilly dédié aux morceaux du tout premier album des Wampas avec une contrebasse.
Puis le concert se terminera sur " Petite Fille" qui verra toutes les femmes du public rejoindre le groupe sur scène dans une belle communion en laissant les hommes souriants et exhanguse après deux heures d'énergie de rock et de fun.
On en redemande !
Rodolphe Burger
Annotation :
Rodolphe burger, qui fut jadis la tête pensante du groupe Kat Onoma, s'est souvent illustré dans l'art de la reprise .
On se souvient avec émotion de ses relectures du velvet underground, et de ses reprises plus que réussies de "Wild Thing", de "the passanger d'Iggy pop ou de "Days of charlie Spencer".
Le voir s'attaquer à un hommage live à l'album Radioactivity de Kraftwerk est une semi surprise . En effet avec Kat onoma ou en solo il a souvent joué en live le titre Eponyme RadioActivity dans de formidables versions.
On savait donc qu'il était parfaitement en mesure d'offrir une relecture intéressante , personnelle et transcendée de cet album culte .
Nous n'avons pas été déçu.
Devant un public attentif de connaisseurs, dont bon nombre portaient des T shirt de Kraftwerk, c'est pourtant Un Rodolphe Burger diminué par des problemes de dos qui se présenta sur scène.
Dans une atmosphère quasi religieuse, Il s'attela dans l'ordre à sa retranscription de l'album "Radio Activty".
Dès Radio activity, le titre eponyme , il se crée une vraie atmosphère portée par une qualité sonore comme on devrait en avoir plus souvent.
La guitare et le chant de burger se marient parfaitement avec les boucles électroniques de Kraftwerk et offrent une relecture singulière de tout premier ordre de l'album à un public qui adhère pleinement à l'exercice de style.
Une fois l'album terminé, c'est avec "Das Model" et un superbe autre titre de que Burger cloturera la soirée sous une acclamation méritée d'un public qui reprenait les paroles de Kraftwerk en coeur.
Bref une fois encore Rodolphe Burger nous a montré combien il excellait dans l'art de la reprise en nous offrant ce beau moment suspendu .
Ben Mazué
Annotation :
S'il faut reconnaitre une qualité à Ben Mazué c'est indiscutablement la générosité !
Le spectacle qu'il a offert au zenith en ce 17 avril 2026 en était rempli.
La scénographie, la production étaient magnifiques, travaillées et plus que réussies.
Ben Mazué , au delà de son jeu de scène et de sa présence, est un artiste qui se met à nu au travers du textes de ses chansons mais aussi lors des longs intermèdes qui les entrecoupent.
Si on peut le trouver parfois un peu auto centré, il parvient à être touchant par la sincérité pleine de poésie qu'il offre sans retenue à son public.
C'est cet aspect du show qui m'a séduit et qui fut une vraie découverte car je ne suis pas particulièrement intéressé par sa musique.
En effet, j'avais le statut d'"accompagnant" à ce concert et je ne connaissais qu'une à deux chansons du répertoire de ce concert. Et clairement je n'ai pas été retourné par l'aspect musical du show qui m'a paru très quelconque.
Jamais la musique ne m'a saisi et ne m'a emmené avec elle à la différence de mots, la sensibilité et la personnalité de son auteur.
Juste, bienveillant et portée par une dynamique pleine d'optimisme et de générosité, il arrive à transmettre des émotions à un public très sage , mais pas à nous offrir un voyage musical qui nous emmène au delà des frontières d'une variété grand public assez formatée
Il y a donc une large part de subjectivité dans cette chronique mais qui ne remet en rien en cause la sincérité et le talent certain d'auteur de Ben Mazué
The Abyssinians
Annotation :
Du trio vocal originel qui composa en 1976 le formidable et merveilleux album Satta Massaga, il ne reste que Donald Manning.
Comme souvent dans le petit monde du reggae jamaïcain le nom des Abyssinians est devenue une forme de franchise familiale. Donald Manning est entouré de plusieurs membres de sa famille et offre un concert hommage aux grandes heures du groupe mythique qu'il a fondé .
Toutes les grandes chansons du groupe seront interprétés avec talent par un groupe vocal de 4 voix pour accompagner un Donald Manning très en retrait qui semble porter le poids de ses années .
Une bonne chanson restant une bonne chanson , on passe un agréable moment portée par les incantations et les messages de paix rastafari qui transpirent du répertoire des Abyssinians .
On regrettera toutefois que le son du groupe accompagnant les vocalistes soit un peu trop basique et à l'économie.
Le résultat aurait sans doute été plus marquant avec une section cuivre , de musiciens plus minutieux et une qualité sonore plus travaillée . Mais il faut savoir reconnaitre le plaisir que l'on a à apprécier ces harmonies vocales si particulières et apaisantes
16 Horsepower
Annotation :
Apres plus de 20 ans de silence, 16 Horsepower a réapparu en 2026 comme si nous les avions quitté la veille.
Leur musique est toujours aussi singulière , à l'abris des modes et du temps .
Elle ressemble toujours à ce chainon manquant qui pourrait unifier le Gun Club, Noir désir et Nick Cave .
Habitée , introspective , pénétrante , hypnotique , brute , elle s'empare du public comme un rite vaudou et semble vous emmener avec elle dans un voyage au coeur du bayou . La voix crépusculaire de Dave Eugene edward est spectaculaire et fait vibrer le public du plus profond de ses entrailles .
Plus personne ne fait de musique comme cela aujourd'hui, c'est dire si le moment est rare et précieux .
Le public, probablement conquis d'avance et composé quasi uniquement de connaisseurs grisonnants ne s'y trompe pas et réserve un triomphe mérité au 16 horsepower
Alphaville
Annotation :
On aurait aimé dire que l'on a adoré ce concert d'Alphaville !
Mais au-delà d'un plaisir nostalgique, non dissimulé, d'entendre en live les tubes interstellaires du groupe (Big in Japan, Sounds Like a Melody, The Victory of Love, Forever Young), ce concert fut une déception.
Contrairement à Depeche Mode, qui sur scène est une formidable machine de guerre portée par la voix et le charisme incendiaire de Dave Gahan, Alphaville n'est pas un groupe de scène.
Du temps de leur gloire eighties, ils ne se produisaient d'ailleurs pas, ou que très peu, en concert.
Et effectivement, ce concert de juin 2026 au Bataclan pointe les limites du groupe.
La première réside dans l'absence de charisme du chanteur Martin Gold. Si sa voix s'avère assez profonde et singulière, sa présence est plus que limitée. On ne peut pas dire qu'il exerce un magnétisme fou sur le public. Il en va de même pour le reste du groupe, qui sautille gentiment.
Le show est plus que sommaire. Les visuels projetés sont datés et les éclairages, plus que minimalistes, ne participent pas à créer une atmosphère qui enluminerait la musique du groupe.
Le son du groupe s'éloigne trop de la production léchée qui caractérisait ses singles historiques. On aurait préféré retrouver les sonorités synthétiques eighties ou des relectures plus abouties, comme savent le faire des groupes comme Indochine ou Depeche Mode, plutôt que ce son d'ensemble sans réelle envergure ni singularité.
À cela s'ajoutent des interprétations un peu chaotiques sur les titres historiques. L'ouverture du concert sur "Dance With Me" ou les vocalises discutables de Gold sur ces morceaux font qu'ils ne sont jamais au niveau des versions album et qu'il n'y a aucune réelle plus-value "live", autre que de dire "j'y étais", ainsi que ce sentiment de nostalgie coupable qui nous a malgré tout permis de passer une agréable soirée.
Richard Ashcroft
Annotation :
C'est un Zenith plus que clairsemé qui accueillait Richard Ashcroft en ce 25 Juin 2026 pour un de ses très rares passages parisien.
Si la fournaise parisienne du moment a probablement découragé une partie du public, le zenith n'était probablement pas non plus la meilleure salle pour recevoir le chanteur de The verve , que le grand public Français connait peu sous son nom . L'Olympia aurait été un choix plus judicieux que la "fanbase " de The Verve aurait rempli sans peine.
Accompagné par quatre musiciens dont un formidable guitariste, Richard Ashcroft , très en voix ,a rappelé dès les premières minutes du concert qu'il était l'un des meilleurs chanteurs des années 90.
En attaquant par 3 chansons de The Verve dont "Wipping Willow" et "Sonnet" dans de très bonnes relectures étendues et plus que maitrisées , Ashcroft posait les bases d'un grand concert de Rock.
Cette impression s'accentuait avec deux de ses meilleurs titres solos " A song for lovers" et le formidable "Break the night with colour" dans une superbe version.
L'enthousiasme du public se faisait à juste titre largement ressentir quand Ashcroft s'attaqua aux perles de son répertoire avec de magnifiques interprétations de "Drugs don't work" et " de Lucky man" dédié à Michel Platini, Zinedine Zidane , Serge Gainsbourg et Eric Cantona.
Le public était alors bouillant et totalement emporté par le savoir faire et la voix d'Ashcroft dans un concert qui montait en puissance. Les violons de "Bitter sweet symphony" retentirent alors et Ashcroft en livra une formidable version en osmose totale avec un public aux anges.
Le plus dur fut la chute....
La chanson à peine terminée, avec le dédain propre à son look de "Lads" des années 90, Ashcroft quitta la scène pour ne plus revenir en laissant en plan un public qui en redemandait dans une frustration totale après seulement 9 chansons et 1H15 de concert .
Quel dommage, Quelle tristesse et quelle foutage de gueule alors qu'il restait tant de grands titres à jouer (Hold On, Shake the meaning , C'Mon people, velvet morning, Space and time) . Au final Ashcroft a livré un set de festival alors que l'on attendait un concert complet .
Une demie heure de plus était largement à sa portée devant un public qu'il avait totalement réussi à mettre sur orbit et qui finit par quitter le zenith frustré par ses manières propres aux spécialistes anglais de relevé des compteurs
Guns N’ Roses
Annotation :
Avec un concert-fleuve de plus de 3 heures, durant lequel la plupart des grands tubes furent joués, Slash a une nouvelle fois fait honneur à sa réputation de « guitar hero » ultime.
Ce fut malheureusement la seule satisfaction de cet effroyable concert.
Le son était atroce, sans relief et sans profondeur.
Si la guitare de Slash parvenait parfois à s'extraire de cette bouillie sonore par de belles saillies, on ne peut pas en dire autant de la voix d'Axl Rose.
Sa voix criarde si caractéristique est désormais assimilable au miaulement pénible d'un chat essoufflé quand il tente de monter dans les aigus. Quand il s'essaie à un registre plus bas, il chante alors particulièrement faux. Bref, sa prestation fut un désastre puisque tous les grands titres furent proprement saccagés. Alors qu'il avait encore une gueule lors du passage au Stade de France en 2017, il ressemble désormais à un mannequin de silicone aux cheveux peroxydés, sans envergure à placer entre Mickey rourke et Elon Musk. Que c'est dur d'être quand on a été !
À cela s'ajoutent une production bien foireuse avec une scène trop basse pour permettre à la fosse d'en profiter et un light show complètement raté et daté.
Sur un écran défilent des visuels IA échappés d'un fond d'écran de Windows 91, qui n'ont strictement rien à voir avec les chansons proposées et qui repassent en boucle tout au long du concert. C'est laid, nul et indigne d'un groupe comme les Guns, qui a longtemps soigné son univers visuel avec talent.
Bref, que dire d'un concert sans aucune plus-value live (on pourrait même parler de moins-value) ?
On pourrait le qualifier de relevé des compteurs, mais avec 3 heures de concert, 28 titres joués et une reprise de « Sabbath Bloody Sabbath », il y a quand même une certaine forme de générosité.
Mais c'est une générosité avariée, car le concert fut si pénible que l'on aurait aimé qu'il dure moins longtemps.
Bref, on quitte la salle en faisant le constat que les Guns sont morts et que Slash aurait beaucoup plus intérêt à tourner en solo, avec un chanteur en forme, dans des salles plus petites. Le public en ressortirait gagnant !
Steel Pulse
Annotation :
Alors que le reggae roots explosait au niveau international avec les stars jamaïcaines historiques Bob Marley, Burning Spear et Peter Tosh, des groupes de reggae formés par des immigrés jamaïcains du quartier de Brixton à Londres ou de Handsworth à Birmingham apparurent à la fin des années 70.
Les deux plus connus sont Steel Pulse et Aswad.
Avec ses albums « Tribute to the Martyrs » et « Handsworth Revolution », Steel Pulse devint l'étendard de ce reggae plus urbain. Si le reggae roots jamaïcain est souvent porté sur la spiritualité, le reggae UK est plus social, plus militant et aussi plus sophistiqué musicalement.
En 2026, Steel Pulse compte encore deux membres d'origine en son sein et reste l'une des principales têtes d'affiche de la scène reggae.
Ce soir, une fois n'est pas coutume, c'est en tant que première partie du mythique Burning Spear qu'ils se produisaient à Lyon.
S'ils font le job avec un groupe bien rodé et efficace et un savoir-faire évident, leur concert manque clairement d'âme et propose un reggae un peu lyophilisé qui ne nous transporte jamais.
Tout est convenu et un peu trop propre, et le répertoire ne se penche pas assez sur les deux albums historiques du groupe.
Bref, c'est une déception au regard de la réputation du groupe puisqu'il ne brillera en définitive pas d'avantage qu'une première partie classique.
On en Attendait beaucoup plus
Burning Spear
Annotation :
Un an après un formidable concert au Kilowatt, c'est avec le même groupe que Burning Spear se présentait à Lyon sur la scène de la Fiducial Asteria.
Porté par un excellent son et une formidable section de cuivres, il ne faut que très peu de temps au groupe pour emporter avec lui le public dans des riddims plus qu'aiguisés.
Winston Rodney, du haut de ses 80 ans, semble plus fatigué qu'il y a un an, mais maîtrise parfaitement son sujet. Sa voix a toujours cette sonorité si particulière et habite littéralement sa musique par des incantations pleines de chaleur et d'émotions.
Malgré des classiques comme « African Postman » ou « Old Marcus Garvey », la setlist ne s'arrête qu'assez peu sur les grands titres de son répertoire. Cela ne nous empêche pas de savourer une formidable version de « Farover » et de nous laisser emmener dans un superbe crescendo mélangeant dub et reggae roots original, que seuls les très grands du reggae savent maîtriser.
Pour autant, le poids des années se fait malgré tout ressentir. Winston Rodney est plus statique, plus calme et moins démonstratif que par le passé. S'il livre une bonne prestation, nous ne sommes plus dans l'intensité hors normes qui a fait sa légende et qui était encore la sienne il y a un an.
Cela n'empêche cependant pas Burning Spear d'être encore ce qui se fait de mieux en live sur une scène où se joue du reggae. Savourons, car c'est probablement l'une des dernières apparitions de ce musicien légendaire, qui reste le pionnier ultime de son courant musical.
Yellowman
Annotation :
Yellowman fut la première grande star du dancehall jamaïcain et du rub-a-dub style avec ses albums Mister Yellowman et Zungguzungguguzungguzeng au début des années 80.
Véritable bête de scène, il impose un style décomplexé et humoristique dans cette émanation du reggae.
Il fait figure de survivant, car il a triomphé de deux cancers au prix d'une ablation de la mâchoire qui l'a transformé en « gueule cassée » et a radicalement changé sa voix.
Le voir sur scène en 2026 est donc un exploit, tant il revient de loin.
Affûté comme un champion de CrossFit malgré ses 70 ans, Yellowman fait preuve d'une énergie redoutable et, grâce à un très bon backing band, il met le feu à la salle.
Pour autant, le contraste entre ses possibilités vocales des années 80 et les grognements dignes d'un JoeyStarr enroué qu'il éructe en 2026 est assez marquant, et cruel.
Sur bon nombre de chansons, il est doublé par un chanteur caché, car il est incapable d'assumer certaines nuances vocales de son répertoire.
On se console avec son énergie, sa capacité à emmener le public avec lui, et lors d' une improbable reprise du Blueberry Hill de Fats Domino.
Mais à l'arrivée, on est très loin de ses heures de gloire, et les chansons iconiques de son répertoire ne sont désormais que de très lointains avatars de ce qu'il a fait par le passé.
Si le fait d'être sur scène malgré les épreuves qu'il a endurées est remarquable, c'est quand même une épreuve pour les amateurs de son âge d'or.
Au final, on ne passe pas un mauvais moment, mais on est conscient d'être bien loin du sommet d'un artiste qui a pourtant dû être époustouflant lorsqu'il était à son apogée.
Damien Chazelle
Réalisateur, scénariste et producteur



























