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380 films

par Senscritchaiev

Cinéma japonais.

Avec, dans l'ordre d'apparition (sur terre) :
Kinugasa / Mizoguchi / Uchida / Gosho / Tasaka / Ozu / Inagaki / Naruse / Toyoda / Makino / Kurosawa A / Kinoshita / Shindo / Ichikawa / Kawashima / Kimura / Nomura / Misumi / Uchikawa / Suzuki / Ishii Teruo / Masumura / Okamoto / Imamura / Nakahira / Kumashiro / Morisaki / Teshigahara / Kurahara / Hani / Gosha / Kudo / Fukasaku / Kobayashi / Urayama / Shinoda / Yamada / Matsumoto / Oshima / Itami / Yoshida / Terayama / Wakamatsu / Jissoji / Tanaka / Oguri / Yanagimachi / Kitano / Sai Yochi / Kurosawa K / Ishii Sogo / Miike / Suwa / Tsukamoto / Miki / Sono / Nakata / Hashiguchi / Koreeda / Aoyama / Ishii Katsuhito / Ohtomo Keishi / Yaguchi / Takeuchi / Yukisada / Kawase / Kobayashi Masahiro / Kitamura Ryuhei / Toyoda Toshiaki / Nagai Akira / Ogigami / Hirayanagi Atsuko / Yoshida / Yamashita / Hamaguchi Ryusuke / Fukada/ Sakamoto Ayumi / Oguri Shun / Ishii Yuya / Katashima/ Sato Hideaki

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  • 1

    Black Sun (1964)

    Kuroi taiyô

    1 h 35 min. Sortie : . Drame et thriller.

    Film de Koreyoshi Kurahara avec Tamio Kawaji, Chico Roland, Yûko Chishiro

    S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas reprocher à Kurahara, c’est la tiédeur, à voir comme il s’évertue ici à de pousser à bout toutes les manettes (et la résistance physique du spectateur par la même occasion). Reprenant le héros de « the Warped ones » et son amour du jazz étasunien, il dégage toute anecdote, toute péripétie, toute psychologie, pour se concentrer sur les corps titubants, les grimaces, les ahanements, sorte de bouillonnement désespéré et permanent soutenu, voire chauffé à blanc, par la musique originale composée par Maw Roach. Le réalisateur refuser de camper les personnages, balaye les situations, répudie la psychologie, bref tourne volontairement le dos à la chair pour atteindre l’os, et jeter du vitriol en pleine face afin d’observer à cru la réaction entrainée. Sincérité extrême qui est louable, ô combien, mais qui ne reposant pas sur grand chose d’autre qu’une exaspération sans débouchés, transforme le visionnage en véritable épreuve.
  • 2
    Bande-annonce

    Les Lundis de Yuka (1964)

    Getsuyôbi no Yuka

    1 h 34 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Kô Nakahira avec Mariko Kaga, Akira Nakao, Yasukiyo Umeno

    Si les premiers films de Nakahira avaient fortement marqué la jeune garde des Cahiers du Cinéma à la fin des années 50, par un juste retour des choses il est patent de voir tout ce que la Nouvelle Vague française apportera en retour au réalisateur de ces lundis de Yuka qui louche très largement du coté de Vivre sa vie. Mariko Kaga est la petite soeur de Karina, virevoltante, gaie et insouciante, s’offrant à qui la veut dans un Tokyo brouillon et bruyant. Malheureusement ni la jeune fille ni le film qui lui sert d’écrin ne sait trop quoi faire de cette liberté, et au fur à mesure la mécanique tourne un peu à vide comme s’il manquait à l’entreprise et à ses personnages une âme et un enjeu véritables.
  • 3
    Bande-annonce

    Passions juvéniles (1956)

    Kurutta kajitsu

    1 h 26 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Kô Nakahira avec Yûjirô Ishihara, Masahiko Tsugawa, Mie Kitahara

    Premier film du jeune Nakahira (30 ans), qui s’attache à un groupe de fils de bourgeois en villégiature à Kamakura. Vitteloni sauce soja. Le réal a déjà cette pate si particulière, mélange d’observation et de dramatisation, naturalisme tragique en quelque sorte. A noter que le film est sorti en 58 en France, et que Truffaut l’a comparé à Dieu créa la femme, mais en nettement mieux. Et je vous laisse apprécier le jeu de mot de son titre, dont certains ici seront jaloux : « Si jeunes, et des Japonais »
  • 4

    Rendez-vous secret (1959)

    Mik­kai

    1 h 14 min. Sortie : 1959. Drame et romance.

    Film de Kô Nakahira avec Seiji Miyaguchi, Takao Ito, Yôko Katsuragi

    Au fur et à mesure que se déroule le film, on est frappé par le contraste entre une intrigue d'une simplicité extrême, vraiment trois fois rien (à tel point qu'on ne voit pas où veut en venr le scénariste) et les richesses de mise en scène déployées par Nakahira (incroyable sens du temps, cadrage parfait, déplacements dans l'espace, présence des corps et des visages). Ce n'est qu'avec l'incroyable dénouement qu'on comprend que cette dichotomie était voulue, et même nécessaire, pour que claque comme un élastique au visage du spectateur le saisissement final.
  • 5

    La Porte de l'enfer (1953)

    Jigokumon

    1 h 29 min. Sortie : . Drame, historique et romance.

    Film de Teinosuke Kinugasa avec Kazuo Hasegawa, Machiko Kyô, Isao Yamagata

  • 6

    Cinq femmes autour d'Utamaro (1946)

    Utamaro o Meguru Gonin No Onna

    1 h 33 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Minosuke Bando, Kinuyo Tanaka, Kotaro Bando

  • 7
    Bande-annonce

    Les Contes de la lune vague après la pluie (1953)

    Ugetsu monogatari

    1 h 36 min. Sortie : . Drame, fantastique et sketches.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Machiko Kyô, Mitsuko Mito, Kinuyo Tanaka

  • 8
    Bande-annonce

    La Vie d'Oharu, femme galante (1952)

    Saikaku ichidai onna

    2 h 18 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Toshirō Mifune, Kinuyo Tanaka, Ichirô Sugai

  • 9
    Bande-annonce

    L'Intendant Sansho (1954)

    Sanshō dayū

    2 h 04 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Kinuyo Tanaka, Kyôko Kagawa, Eitarô Shindô

  • 10

    L'Impératrice Yang Kwei-Fei (1955)

    Yōkihi

    1 h 35 min. Sortie : . Historique, romance et drame.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Masayuki Mori, Machiko Kyō, Sô Yamamura

  • 11

    Le Héros sacrilège (1955)

    Shin Heike Monogatari

    1 h 50 min. Sortie : . Drame et historique.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Eitarô Shindô, Michiyo Kogure, Tatsuya Ishiguro

  • 12

    Les Amants crucifiés (1954)

    Chikamatsu monogatari

    1 h 42 min. Sortie : . Drame et romance.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Kazuo Hasegawa, Kyôko Kagawa, Eitarô Shindô

  • 13
    Bande-annonce

    La Rue de la honte (1956)

    Akasen Chitai

    1 h 27 min. Sortie : . Drame.

    Film de Kenji Mizoguchi avec Machiko Kyô, Ayako Wakao, Michiyo Kogure

  • 14

    Chacun dans sa coquille (1955)

    Jibun no ana no nakade

    2 h 04 min. Drame.

    Film de Tomu Uchida avec Jûkichi Uno, Rentarô Mikuni, Yumeji Tsukioka

  • 15

    Les Moines lanciers du temple Hozoin (1962)

    Hannyazaka no ketto

    1 h 50 min. Sortie : . Drame.

    Film de Tomu Uchida avec Kinnosuke Nakamura, Wakaba Irie, Isao Kimura

  • 16

    Le Fusil de chasse (1961)

    Ryôjû

    1 h 38 min. Sortie : .

    Film de Heinosuke Gosho avec Yoshie Minami, Mariko Okada, Nobuko Otowa

  • 17

    Quatre Cheminées (1953)

    Entotsu no mieru basho kara

    1 h 48 min. Sortie : . Drame.

    Film de Heinosuke Gosho avec Kinuyo Tanaka, Ken Uehara, Hideko Takamine

  • 18

    Une ruelle sous le soleil (1958)

    Hi no ataru sakamichi

    3 h 34 min. Sortie : 1958. Drame.

    Film de Tomotaka Tasaka avec Yûjirô Ishihara, Mie Kitahara, Izumi Ashikawa

  • 19

    L'Épouse de la nuit (1930)

    Sono yo no tsuma

    1 h 05 min. Sortie : . Drame et muet.

    Film de Yasujirō Ozu avec Tokihiko Okada, Emiko Yagumo, Mitsuko Ichimura

    Très intriguant de voir Ozu signer un vrai polar à l’américaine. Tous les codes y sont : hold up, poursuites nocturnes dans des rues désertes, borsalinos, cigarettes qu’on allume dans la pénombre d’un taxi, et même des travelling latéraux allers-retours ! Du coup l’épouse en kimono fait un drôle d’effet (surtout que l’appartement du couple est rempli d’affiches de films occidentaux en cours de fabrication)… Habillage exotique donc, mais pour une histoire somme toute très japonaise - ah ça, les larmes coulent - et non exempte d’ironie. Même si une heure parait peut-être un peu trop long (ou trop court, mais bon Ozu a réalisé sept films cette année là, il fallait pas trainer), le résultat est plutôt chouette, grâce au sens aigu du détail qu’a en toute circonstance Ozu sama.
  • 20

    Choeur de Tokyo (1931)

    Tôkyô no kôrasu

    1 h 30 min. Sortie : . Muet et drame.

    Film de Yasujirô Ozu avec Tokihiko Okada, Emiko Yagumo, Hideo Sugawara

    Sur une intrigue minimale - un jeune employé père de famille (l’extraordinaire Tokihiko Okawa, mort trois ans plus tard à 30 ans) perd son travail pour avoir pris la défense d’un de ses collègues - Ozu parvient à tricoter un film d’une grâce absolue où chaque détail, chaque geste, chaque regard est soudain d’une intensité et d’une vérité incroyable. Nul besoin de rebondissements tragiques ou d’événements incroyables (puisque même quand un ours s’échappe d’une ménagerie la seule conclusion du héros est « cette affaire ne nous regarde absolument pas »), tout réside ici dans les rapports humains les plus ténus, filmés avec attention et bienveillance, à la distance parfaite. Seul hic : il n’y a pas Chishu Ryu ! Mais par contre c’est l’occasion de voir une Hideko Takamine méconnaissable… et pour cause : elle a à peine 7 ans !
  • 21

    Où sont les rêves de jeunesse ? (1932)

    Seishun no yume ima izuko

    1 h 32 min. Sortie : . Muet et comédie dramatique.

    Film de Yasujirô Ozu avec Haruo Takeda, Ryôtarô Mizushima, Kenji Ôyama

    Le titre est nettement plus grandiloquent que le contenu, heureusement ! Ozu qui a à peine 29 ans au moment du tournage se penche sur un groupe de jeunes gens en pleine transition, entre les derniers mois de leur scolarité et les premiers de la vie active. On suit surtout la trajectoire de Tetsuo, fils d’un riche industriel, traversant la vie avec insouciance et bonne humeur. Mais la palette du maître est déjà étonnante de nuance, et au fil des scènes toujours très quotidiennes se dessinent peu à peu comme des ombres plus marqués accompagnant, sotte voce, la fin de l’enfance et l’entrée dans l’âge adulte
  • 22
    Bande-annonce

    Gosses de Tokyo (1932)

    Otona no miru ehon - Umarete wa mita keredo

    1 h 40 min. Sortie : . Comédie, drame et muet.

    Film de Yasujirô Ozu avec Tatsuo Saitô, Tomio Aoki, Mitsuko Yoshikawa

    Le film commence comme une chronique guillerette racontant le quotidien de deux jeunes frères d’une dizaine d’années qui viennent de déménager dans un nouveau quartier avec leurs parents, et puis par un twist scénaristique (via la projection d’un film - tiens tiens - où les enfants voient leur père sous un jour incongru) tous les fils jusque là noyés dans la narration se resserre pour déboucher sur une leçon de vie aussi forte qu’inattendue. Azu manie comme personne le charme - au sens courant comme au sens fort : c’est un magicien, qui envoute son spectateur et l’emmène très loin, l’air de rien. Il a ce génie de savoir mêler comme personne le formalisme le plus rigoureux et l’observation quasi documentaire, atteignant à la vérité grâce au carcan du style.
    [à noter que dès le titre original l’humour pince sans rire est au rendez-vous : « Un livre d’image pour adulte - Nous sommes nés, mais… » qui fait référence à deux de ses précédents films : « j’ai été diplômé, mais… » et « j’ai été recalé, mais… »]
  • 23

    Cœur capricieux (1933)

    Dekigokoro

    1 h 40 min. Sortie : . Muet et comédie dramatique.

    Film de Yasujirô Ozu avec Takeshi Sakamoto, Nobuko Fushimi, Den Ohinata

    Première incursion d’Ozu dans le monde des ouvriers et des très pauvres, après une longue série de films plus centrés sur les gangsters, les étudiants, ou les employés de bureau. Le film s’attache au quotidien de Kihachi, père célibataire qui préfère boire et draguer plutôt que d’élever son fils ou aller à l’usine, un éternel farceur fuyant les responsabilités, un loser apparement sans grande envergure. Mais échappant au moralisme, au misérabilisme et aux stéréotypes, Ozu filme ses personnages de plain pied, sans arrière pensée. Il les regarde vivre, se tromper, hésiter, oublier, se griffer, se sourire, et le miracle opère : de personnage insupportable, Kihachi devient attachant et émouvant. Un homme, tout simplement.
  • 24

    Histoire d'herbes flottantes (1934)

    Ukikusa Monogatari

    1 h 26 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yasujirô Ozu avec Takeshi Sakamoto, Chôko Iida, Kôji Mitsui

    Quelques jours dans la vie d’une troupe théâtrale ambulante, de retour après cinq ans dans une bourgade où ils ont l’habitude d’aller depuis des décennies. Et pour cause, le patron a sur place une vieille maitresse et un fils illégitime de 18 ans qui le prend pour un simple ami de la famille.
    Il est finalement assez peu sujet de théâtre dans ce film très tchekhovien : le temps y passe lentement, la faillite menace, la troupe se délite, et ce qui semble plutôt intéresser Ozu c’est le destin d’êtres déracinés qui n’ont plus de repères, vivant dans une bulle aux marges de la réalité. Si l’ensemble pour une fois pèche un peu par manque de caractérisation comme si c’était l’intention générale qui prenait le pas, reste que chaque détail, comme toujours, recèle des trésors de sensibilité. Film mélancolique sur la mélancolie : Ozu joue le jeu, un peu risqué mais assumé, de se laisser gagner par la nonchalance et l’apathie de cette troupe au bout du rouleau.
  • 25

    Une auberge à Tokyo (1935)

    Tôkyô no yado

    1 h 20 min. Sortie : . Muet et drame.

    Film de Yasujirô Ozu avec Takeshi Sakamoto, Yoshiko Okada, Chôko Iida

    Ozu aime mettre de la facétie à l’intérieur de ses films, mais il s’amuse tout autant à jouer avec ses films eux-même, façon trois petits chats, chapeau de paille. Ainsi le héros d’Auberge à Tokyo est ouvrier comme celui de Coeurs capricieux, mais cette fois chômeur comme celui de Choeur de Tokyo. D’ailleurs il s’appelle Kihachi, comme les héros d’Histoires d’herbes flottantes et de Coeur capricieux (c’est évidemment le même acteur qui joue les trois rôles, et pourtant il est à chaque fois méconnaissable). Il a deux enfants comme le héros de Choeur de Tokyo, mais pas une fille et un fils, deux fils - dont l’un est joué par celui qui jouait son fils dans Coeur capricieux. Deux frères donc : comme dans Gosses de Tokyo. Ici aussi une petite fille tombe malade, comme dans Choeur de Tokyo, et comme le fils de Coeur Capricieux, entrainant une nouvelle fois l’obligation de trouver de l’argent. Mais pas en l’empruntant comme dans Coeur capricieux, ni en vendant tous ses vêtements comme dans Choeur de Tokyo, mais en commettant un vol comme dans L’épouse de la Nuit. Bref, Ozu orchestre un beau bordel, où tout ce qui est pareil est différent, et tout ce qui est différent est finalement pareil. C’est ce même principe de la variation que l’on retrouve d’ailleurs à l’oeuvre dans la première partie du film, longue errance du père avec ses deux fils en quête d’un boulot, dans une ville qui ne ressemble plus à rien, mais où tout se ressemble. Les terrains vagues succèdent aux terrain vagues, les usines aux usines, les journées aux journées, et chaque nuit se passe dans l’auberge du titre… retour du même sans que l’ennui ou la routine ne s’installe, sur le thème : « que faire quand il n’y a rien à faire ? » . Il en ressort un poème visuel poignant, dernier hommage au cinéma muet, comme si Ozu savait qu’à partir de là, ses films aller devoir apprendre à parler.
  • 26

    Le Fils unique (1936)

    Hitori musuko

    1 h 27 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Yasujirō Ozu avec Chôko Iida, Shin'ichi Himori, Masao Hayama

  • 27

    La Dame, qu'a-t-elle oublié ? (1937)

    Shukujo wa nani o wasureta ka

    1 h 12 min. Sortie : . Comédie.

    Film de Yasujirō Ozu avec Sumiko Kurishima, Tatsuo Saitô, Michiko Kuwano

    Pour son deuxième film parlant, Ozu change de registre et s’aventure dans la comédie de moeurs avec cette charmante pochade autour d’un couple qui reçoit pour quelques jours une nièce délurée d’Osaka. L’occasion de croquer quelques portraits bien sentis - la femme tyrannique, le mari un peu lâche, les copines pestes, l’étudiant timide - dans un Tokyo en pleine mutation sociale. C’est enlevé et amusant, et bien sûr à la fin personne ne saura qui a oublié quoi où.
  • 28

    Les Frères et Sœurs Toda (1941)

    Todake no kyodai

    1 h 45 min. Sortie : .

    Film de Yasujirō Ozu avec Mieko Takamine, Shin Saburi et Tatsuo Saitô

    Ozu rentre dans les années 40 avec une nouvelle thématique, qu’il va peut à peut développer pratiquement exclusivement : les histoires de grandes familles. Le père, la mère (ou plus souvent un seul des deux comme ici), et trois ou quatre enfants avec chacun leurs histoires de couples et d’enfants. Pour cette première incursion, pas encore d’histoire de mariage (si ce n’est dans les dernières minutes, vites et curieusement expédiées, comme pour dire : patience, ça viendra) mais comme dans le futur Voyage à Tokyo, la radiographie d’un échec ou comment les aînés s’avèrent incapable de recueillir chez eux leur mère veuve et la plus jeune de leur sœur. Une belle occasion d’entrer chez une famille à pas de loup, et à l’observer vivre et se déchirer silencieusement avec une discrétion et une politesse extrême.
  • 29

    Il était un père (1942)

    Chichi ariki

    1 h 26 min. Sortie : . Drame.

    Film de Yasujirō Ozu avec Takeshi Sakamoto, Mitsuko Mito, Masayoshi Otsuka

  • 30

    Récit d'un propriétaire (1947)

    Nagaya shinshiroku

    1 h 12 min. Sortie : . Comédie dramatique.

    Film de Yasujirō Ozu avec Chôko Iida, Hohi Aoki, Eitarô Ozawa

    Ozu, après cinq ans sans tourner, continue en revenant de la guerre ses variations autour de la vie quotidienne d’un quartier, et des rapports jeunes enfants/adultes, mais même dans la continuité il parvient à se renouveler avec une maestria qui confine au génie. Alors que le film est plié en 71 minutes, il est d’une richesse et d’une variété d’émotions proprement hallucinante. Chaque séquence est une petite merveille en elle-même, et l’ensemble forme une marqueterie dont la splendeur n’égale que la modestie. On dirait qu’Ozu s’amuse à prendre l’histoire la plus simple et la plus rabattue qui soit- un enfant abandonné et une vieille acariâtre qui vont s’apprivoiser - pour se challenger lui-même, se forcer à trouver les gestes, les non-dits, les détours qui vont alpaguer le spectateur et le rendre co-constructeur de ce petit miracle fragile comme une flamme de bougie. Le plus fou, c’est peut-être à quel point cette maîtrise se conjugue à un lâcher prise total : le réalisateur n’est qu’un médium, qu’un filtre, comme si son devoir était d’effacer toute démarche trop volontariste pour que puisse naître sous nos yeux des personnages de chair et de sang.

    [ un grand big up, tout de même à Donald Richie à qui on doit le titre anglais que tout le reste du monde a suivi sans se demander pourquoi appeler Récit d’un Propriétaire un film où il n’est absolument jamais question d’un quelconque propriétaire. Il a fini par avouer qu’à l’époque il ne maitrisait pas bien les kanjis et qu’il avait cru bon de décomposer 長屋紳士録 en 長屋 / 紳士/ 録. Effectivement 紳士 signifie propriétaire et par suite 長屋 紳士 devient "propriétaire d’une maison longue" (長屋 étant ces grandes maisons typiquement japonaises, basses et alignées face à face en un vis à vis assez direct). Reste 録 qui peut se comprendre comme récit, même si en réalité il n'existe pas en kanji isolé. Oui mais mon petit Donald, en fait quand on ne sait pas mieux vaut demander ! On t'aurait dit que la vrai lecture était 長屋 / 紳士録 et là ça change tout, puisque le deuxième mot - shinshiroku - n’est rien d’autre qu’un annuaire, un who’s who, et qu’ainsi le titre devient Annuaire des maisons longues, façon poétique de souligner l’aspect choral et social d’une histoire pourtant très centrée sur l’anecdote centrale]