
SIEGEL Don - Critiques & Annotations
L'Invasion des profanateurs de sépultures (1956)
Invasion of the Body Snatchers
1 h 20 min. Sortie : 8 novembre 1967 (France). Drame, Épouvante-Horreur, Science-fiction
Film de Don Siegel
SimBoth a mis 8/10.
Annotation :
Ce film fait partie de ce mouvement des séries B de science-fiction qui emprunte énormément à son contexte politique : la Guerre froide et la peur de l'autre. Mais Siegel montre un envahissement plus invisible, car c'est l'ambiance paranoïaque et une altérité contagieuse prenant la place des humains pendant le sommeil, qui angoissent cette petite ville tranquille. Pas de militaires pour faire la guerre ou de scientifiques pour expliquer ce cas, c'est un médecin qui résiste contre ce problème avec ses modestes moyens. L'auteur resserre sa mise en scène pour donner davantage le sentiment d'oppression et d'inquiétude face à cette déshumanisation silencieuse, mais l'élargit également pour filmer la froide organisation (comme industrielle, voire capitaliste) de cette entité cosmique. L'entité est difficilement identifiable, elle est même familiale, et les transformations se font hors champ. Tout tient par l'élégance et la sobriété, inspirées du film noir, du style qui fait tenir dans le temps cette œuvre dont l'interprétation dépasse le cadre de la peur communiste. Celle-ci peut être tout autant philosophique : l'indifférenciation de la masse en effaçant les émotions, l'interdiction du libre-arbitre, mais surtout la peur de perdre son prochain.
L'Inspecteur Harry (1971)
Dirty Harry
1 h 42 min. Sortie : 16 février 1972 (France). Policier, Action, Thriller
Film de Don Siegel
SimBoth a mis 9/10.
Annotation :
Avec un Clint Eastwood brutal et désespérément seul, le cinéaste explore tous les angles de San Francisco en captant le pouls des années 1970 dans un réalisme d'une franche modernité. Avec son mauvais caractère et son intransigeance, le flic déambule et traque avec frénésie pour attraper un psychopathe excité par le meurtre. Face à une justice trop réglementée et passive, il n'hésite pas à franchir les limites pour parvenir à sa propre conception du Bien et du Mal. Par son regard, le spectateur voit une ville en apparence funky, mais elle est profondément sale et dangereuse. L'auteur insiste sur l'environnement et les espaces publics où se déroule cette chasse à l'homme urbaine, pour exposer une société malade. Dans un contexte violent, "L'Inspecteur Harry" peut donner un sentiment d'exutoire, néanmoins le style de ce polar à la percussion musclée permet de renverser cette tendance en se désolidarisant des actes du personnage, tout en le graciant par des points de vue divins. En cela, Siegel interroge la fameuse ambiguïté de l'auto-justicier propre aux vigilante movies et dont "Dirty Harry" est l'une des œuvres matricielles. Siegel prend des distances avec son sujet mais ne veut pas le condamner, d'où la tristesse se dégageant du saint profane, amer et écœuré par un système qui lui exorcise sa violence purgative.
Tuez Charley Varrick ! (1973)
Charley Varrick
1 h 51 min. Sortie : 24 octobre 1973 (France). Action, Policier, Drame
Film de Don Siegel
SimBoth a mis 8/10.
Annotation :
Après avoir empoché, sans le vouloir, le butin d’une mafia pendant un braquage en pleine cambrousse du Nouveau-Mexique, Charles Varrick tente par sa ruse et son sang-froid de fuir la police et la mafia. Siegel oblige, tous les codes du film noir sont maîtrisés avec perfection, mais il en fait un savoureux mélange avec le thriller paranoïaque et un humour noir acéré. Effectivement, son protagoniste à l’apparence ordinaire, qui ne paie pas de mine et à la nonchalance tranquille (l’antipode de Clint Eastwood), cache un fin stratège qui déjoue tous les pièges mis sur son chemin sinueux. Dans ce film, tout est affaire de façade, de faux-semblant et d’hypocrisie, car Varrick ne peut faire confiance à personne et avance silencieusement, d’où son aspect de bluffeur ambigu et sans idéal. Pour ce faire, Siegel utilise un style rugueux et rapide, avec une mécanique précise et tendue qui offre de nombreux rebondissements et oppose la brutalité épaisse et vicieuse du système contre l’intelligence astucieuse du personnage, seul contre tous. L'auteur y projette un reflet de lui-même dans cet homme débrouillard et voulant rester indépendant des normes sociales, notamment face aux grandes institutions perverties.
L'Évadé d'Alcatraz (1979)
Escape from Alcatraz
1 h 52 min. Sortie : 31 octobre 1979 (France). Action, Biopic, Policier
Film de Don Siegel
SimBoth a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
(Vu le 02/05/26)






