THE SWANS : Intitation 23
*(WAIP (Work ACTUALLY (c'est à dire VRAIMENT, c'est le faux-ami de la traduction le plus connu, je sais, mais au cas où) In Progress)*
Tout est dans le titre, c'est facile.
Et quand on vient du doom, du metal, du rock teigneux US, voire du punk, c'est plus simple : pas besoin de liste, une écoute chronologique des albums pourra suffire aux Punkurieux au Amis des Marges du Metal (AMM...) et autres aventureux aux cheveux de longueurs et couleurs diverses.
Mais quid des poètes, des béotiens, des curieux, de ceux qui veulent mais n'osent pas ?
Pas de problème, une liste est en cours. Celle-ci.
Mieux, elle vous ouvrira même peut-être sur d'autres territoires musicaux, négligés délibérément jusqu'alors, ou simplement inaccessibles à cause d'algorithmes mal foutus, de curiosités trop timides pour oser vous y aventurer (les drones musicaux de Tony Conrad, la beauté hypnotique des musiques répétitives des 60"s Steve Reich, Terry Riley, la musique industrielle anglaise ou allemande, de Throbbing Gristle à Einstrürzende Neuebauten,, pour ne citer que quelques unes des myriades d'influences, conscientes ou non, que la musique des Swans emporte avec elle) ou simplement de parcours trop typiques ou atypiques (je ne juge pas : j'ai découvert le Velvet à 27 ans, en même temps que le Krautrock, et j'ai admis que Pink Floyd valaient leur pesant de choucroute seulement il y a quelques années...) pour être passé par Swans.
Chacun son parcours, chacun son rythme.
Donc c'est à toi que je m'adresse, ouvert d'esprit, curieux, avec ou sans bagage - qu'il faudra déposer à l'entrée dans tous les cas, à l'instar de la déesse Inanna/Ishtar qui ne put accéder à l'illumination, la vraie, qu'en se délestant de ses attribut divins (, de son confortable statut afin d'atteindre les profondeurs même pour elle, guerrière, déesse de l'Amour, insoupçonnées -, qui voudrait entrer dans cet univers où la gravité est lourde, où les mots pèsent de tous leurs sens, où la musique peut aussi bien faire entrer les sens en synergie qu'écraser au sol, où chaque album (quasiment) représente une période, devra, comme Ishtar, non pas abandonner tout espoir, mais se délester momentanément de tout bagage et préconception de la musique pour entrer en résonance avec les Swans.
Ce ne sont bien sûr que des suggestions. Si l'une d'elles ne te convient pas, ne te décourage pas, et passe simplement à la suivante si et quand le coeur t'en dit.
Je ne demanderai de toi qu'une chose. Si tu lances un morceau, quel qu'il soit et quelle que soit sa longueur, qu'il t'accroche, ne te séduise pas immédiatement (oui, je suis au tutoiement, j'espère que tu me pardonneras), ou te lasse au bout d'un moment car tu CROIS qu'il est déjà épuisé, laisse tes préconceptions au vestiaire, accorde lui, sinon plusieurs chances, au moins une écoute véritable écoute, humble, complète attentive. Et si en plus tu as la chance d'être anglophone, intéresse-toi aux paroles.
Pour le béotien, le vrai, le pur (en gros, moi il y a une bonne décennie ou deux (j'exagère à peine), The Swans est un groupe qui est généralement affilié à la No Wave (Mars, DNA, Teenage Jesus and the Jerks, James White and the Blacks, Sonic Youth pour le second souffle, sans compter les carrières solo plus ou moins heureuses, plus ou moins médiatisées (de l'inégale et sympathique Lydia Lunch à Rudolf Grey, en passant par le génial Alan Licht (Plays Well...), et toutes celles et ceux que j'oublie sans vergogne, rougissant de mon inculture et de mes choix) )
Le groupe gravite autour de ***Mickael Gira*** et son visage à tenir les poches des co-détenus en prison, dont les concerts des 80's dansent entre les Stooges sous acide et la période Eat Yourself Fitter de *The Fall* (autre groupe qui nécessiterait une liste-guide commentée pour ne pas se perdre dans l'épaisseur d'arrogance et de génie de ce groupe), ***Jarboe***, musicienne de génie, artiste, sorcière à la sauce Wicca, au clavier comme au chant et au traitement live des sons que ses comparses lui envoient ; deux batteurs dans nombre des albums de la première partie de leur carrière, avant que Gira ne se transforme en maître d'orgasmes sonores prolongés lors le retour des Swans en 2010 (avec un album dont la poésie tragique du titre justifie à elle seule leur retour : My Father Will Guide with a Rope to the Sky), a près plus d'une décennie de coitus interuptus, un bassiste beaucoup trop bodibuildé pour être honnête, un guitariste noise divin. 5 artistes, un génie frêle (qui ne le restera pas longtemps, mes cuisses jalousant ses avant-bras) qui termine chaque concert en ayant TOUT donné. C'était, fut un temps, ça,, les Swans.
Si vous connaissez Throbbing Gristle (déjà vous avez mon respect, sinon jetez vous sur le second Annual Report, regrettez, puis tentez 20 Jazz Funk Greats, puis visitez ce territoire autrement plus balisé qu'offre TG et sa progéniture), imaginez que The Swans est à la No Wave ce que TG est à la musique industrielle. Trop riche pour être résumé, trop influent pour être réduit à un album, trop important pour être simplement ignoré.
Car après les phases, ils osent les Albums-Monde, aussi exigeants qu'un album de Captain Beefheart, aussi riches et généreux et intenses pour qui osera s'aventurer hors de sa propre zone de confort....
Assez de blabla, place aux propositions.
Cette liste sera, sans surprise, un work-in-progress, dont seuls les 2 premiers disques sont (à peu près) sûrs de ne pas changer de place et méritent TOUTE votre attention (je dirais les 3, voire les 5, mais j'hésite déjà sur le choix du 3eme, car si la période est claire, le choix est cruel : imaginez donc un podium avec 3 (ou 5) premiers ex-aequo, histoire de me simplifier la tâche pantagruélique qu'est cette liste)
Les indispensables live n'apparaîtront probablement qu'après avoir essoré les albums studios, et chaque album aura son petit lien. Ou pas.
J'implore donc votre patience et votre indulgence.
Le Olam,
Amen.
Bienvenue dans the Swans.
Soundtracks for the Blind (1996)
Sortie : 22 octobre 1996 (France). Rock, Ambient, Industrial
Album de Swans
toma Uberwenig a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
L'indépassable Helpless Child, une fausse balade qui se transforme au gré des cruelles et poétiques paroles, en opéra noise en 3 actes, dont la 3eme partie tient de l'orgasme sonore, définitif, définitoire, irréversible, entre mélodie arrache-coeur que Jarboe maintient dans un maelstorm tournoyant de sons à très TRES haut volume, les fréquences se mettant à danser à synchroniser leur transe avec celle de l'auditoire.
C'est la fin des Swans (leur album suivant étant un live s'appelant Swans Are Dead).
Le genre d'album qu'un double vinyle permet de digérer plus facilement, face par face (un peu comme lorsqu'on se prend le Trout Mask Replika en pleine face, en oubliant que depuis le CD, on se le prend LITTERALEMENT en pleine face, sans reprendre son souffle, là où à l'origine il était conçu spécifiquement pour qu'on ait le temps d'aller pleurer sous une douche tiède entre, sinon chaque face, au moins chaque disque, si besoin)
The Sound : https://youtu.be/KCWwtH9Yr54
Helpless Child : https://youtu.be/02LJOqJqaRE
Children of God (1987)
Sortie : 19 octobre 1987 (France). Rock expérimental, Post-Punk, Industrial Rock
Album de Swans
toma Uberwenig a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Cet album est peut être l'un des plus chargé émotionnellement des Swans. Et celui qui marque leur tournant "expérimental" (ce qui ne veut rien dire puisque, si l'on excepte les premiers albums entre un étrange power metal ralenti à la Melvins des débuts et des expérimentations electro, de la méchanceté pur, de la souffrance, et Jarboe extrêmement impliquée qui ose
A la fois la meilleure introduction possible à ce que Swans a offert et offrira, et un peu le canard boiteux (voire le black swan, si j'osais...) de leur discographie, malaimé pendant longtemps (peut-être à cause de sa pochette plutôt moche (mais les pochettes des Swans ne sont JAMAIS gratuites, elles racontent toujours quelque chose, et celle-ci ne fait pas exception) ), mais reconnu a posteriori pour son importance en tant que point où toutes les lignes se croisent.
Il s'ouvre sur sur New Mind qui ferait presque penser à Ministry, et les thèmes abordés sur cet album sont plus durs que ce que même les titres suggèrent (comme souvent).
New Mind : https://youtu.be/tCo1P8wJ2Ds
Real Love : https://youtu.be/juC4oNb78rc
Un beau double exemple live (mon premier contact avec les Swans par mauvaise vidéo interposée m'aura laissé ce souvenir d'une apocalypse en train de se dérouler :
Beautiful Child +Like a Drug (Sha la la la)https://youtu.be/gmo7u8mfqa0
Mais les morceaux chantés par Jarboe viennent apporter une douceur inattendue : Swans n'a plus besoin de fuir la mélodie, n'a rien à prouver, tout à offrir :
In My Garden : https://youtu.be/gVM8P9Do7yg
Young God (EP) (1984)
Sortie : 1984 (France).
EP de Swans
toma Uberwenig a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Le fameux Raping A Slave, dont le titre peu vendeur et les tendances du groupe qui n'étaient ni pro-viol ni pro-esclavage représente néanmoins (bite en plus) le véritable pic de leur première phase : méchant, lourd, pesant, puissant, ou même en écoutant à bas volume, la simple puissance du son fait exploser des bébés roux dans un rayon de 2,3 km, si l'on souhaite se faire une idée avant de creuser plus avant sur ce que représente Swans pour le commun des mortels, là est votre porte d'entrée par excellence.
Un EP d'une durée correcte mais pas trop gourmande, alliant rage (Raping a Slave) et la signature sonore du groupe (son pesant, lourd, un chant surprenant pour ce type de musique que Gira n'aura de cesse que d'affiner, de maîtriser, mais qui est pour l'instant une rage qui explose par vague, coincée dans sa gorge, les dents serrés, une tension à couper à la hache rouillée, une guitare noise qui justifie le pontage No Wave/Indus souvent fait pour ce groupe, et dont le morceau Young God représente une perle absolue.
L'album COP et l'EP appelé désormais YOUNG GOD ont fait office d'une réédition commune, d'où certaines confusions (on retrouve les mêmes chez Sonic Youth entre le premier EP éponyme,, le EP Kill Yr Idols, le premier album qui n'en est pas vraiment un...Etc, qui pousse les fans, par convention à adopter l'excellent Bad Moon Rising comme 1er album, même si la chronologie a des raisons que la raison a parfois du mal à comprendre).
Mais restons sur The Swans, et en guise d'exemples :
Raping a Slave : https://youtu.be/44RW9f-gpXo (si Front 242 et la No Wave avaient fait un gosse en cachette, ce serait ce morceau)
Young God : https://youtu.be/f2MNCm9oyvA (LE son des Swans première période, déjà là!)
Kill the Child – 1985,1986,1987 Live (Live) (1995)
Sortie : 1995 (France).
Live de Swans
toma Uberwenig a mis 10/10.
Annotation :
Peut-être le reflet déformant, de la transition qui sépare la première phase de Swans et Children of God. Une expérience intense comme il n'en existe que peu, très peu.
The Seer (2012)
Sortie : 12 août 2012 (France). Experimental, Post Rock, Post-Punk
Album de Swans
toma Uberwenig a mis 9/10.
Annotation :
Après un cruel break sans équivoque (leur dernier album de la phase 1 était un live dont le titre était Swans are Dead, rappelons-le), disons, The Swans réapparaît avec la beauté de Soundtracks for the Blind, la rage de Cop, Young God maîtrisée et orchestrée de main de maître par Gira (ça frôle parfois l'egotrip mais comment en vouloir à un homme qui s'est livré littéralement corps et âme, qui a tout donné, au point de faire repartir en moonwalk Thuston Moore, qui venait simplement le féliciter pour sa performance, lorsqu'ils tournaient ensemble, mais Gira était féral, de la morve coulait de son nez, de sa bouche, ses yeux exorbités ne voyait plus qu'un infini au delà de la matière, torse nu, le souffle court ; tenant plus à sa jugulaire qu'à un petit échange post concert avec Gira, Moore a fait le choix de la survie...)
Ils reviennent avec en 2010 avec un des plus beaux titres d'albums (un peu comme ceux de Keiji Haino, sauf que celui-ci fonctionne en anglais :
My Father Will Guide Me Up a Rope to the Sky, 'qui est une perle), avec un nouveau line-up.
Mais c'est peut-être par The Seer qu'il vaut mieux commencer pour embrasser cette période
The Glowing Man (2016)
Sortie : 17 juin 2016 (France). Rock, Post Rock, Noise rock
Album de Swans
toma Uberwenig a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
L'un des plus grand, des plus brillants albums de la période du retour des Swans. Certains n'hésitent pas à parler du meilleur de cette période. Mais Birthing a prouvé que, malgré leur longévité, les Swans avaient toujours des choses à dire. Et des générations pour les écouter.
Birthing (2025)
Sortie : 30 mai 2025 (France).
Album de Swans
toma Uberwenig a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Après le molosse que fut The Beggar (et son morceau de PLUS DE QUARANTE MINUTES!!) (et oui, je fais partie des chouineur qui ont pleuré la courte durée de Lunacy, seulement sept minutes, j'avais l'impression d'écouter un radio edit de l'époque, mais là, se farcir 42 et quelque minutes et rester frais pour le reste de l'album, je n'arrive pas à savoir si j'ai fait une indigestion, ou si j'aurais simplement dû approcher l'album comme on approchait les gros morcif à l'époque du vinyle (comme Trout Mask Replika : face par face, évitant ainsi l'indigestion). Reste qu'après Le Molosse que fut The Beggar, je n'avais pas eu le temps de me remettre que Bim, deux albums dos à dos en pleine face : un pour financer l'autre! Et la pensée passagère "vache, encore un Swans" a vite disparu. Parce que BIRTHING est un album majeur, le meilleur depuis The Glowing Man, une claque que certains plans de batterie aux relents "90's" auraient pu refouler certains amateurs du groupes, attirer d'autres auditeurs... Mais ne vous y trompez pas, une écoute pure ne peut que mener à l'évidence ; Si les Swans ont osé BIRTHING, c'est parce qu'ils avaient quelque chose à offrir. Et bordel, quel album!!! J'aime les Swans, et je boirai jusqu'à la lie le nectar que ce groupe a sur au gré des décennies nous offrir, un groupe qui a osé, et ose encore offrir le meilleur.
Public Castration Is a Good Idea (Live) (1986)
Sortie : 1986 (France). Rock, Industrial, Experimental
Live de Swans
toma Uberwenig a mis 9/10.
Annotation :
Oui, j'avais dit que je n'inclurai pas les album live. J'ai menti. Mais rien que pour la beauté du titre (et c'est mon album préféré de la première période) (et c'est accessoirement ma liste).
Filth (1983)
Sortie : 27 mai 1983 (France). Noise rock, No Wave
Album de Swans
toma Uberwenig a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
40 ans quasiment, et la même claque. sans prendre de Drop Sex.
Sans compter les clips quasi cronenbergiens,
leaving meaning. (2019)
Sortie : 25 octobre 2019 (France).
Album de Swans
toma Uberwenig a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Une claque, peut-être atténuée si j'avais pris The Glowing Man avant cet album, mais l'ordre d'écoute m'a permis de jouir pleinement de cet album sans le comparer ou attendre autre chose. Car c'est une autre force des Swans : chaque album EST une écoute vierge, un dépucelage dans le plaisir et dans la douleur, exigeant l'attention complète de l'auditeur, sa capacité à s'abandonner, à quitter sa zone de confort, car le confort n'est pas une donnée essentielle dans les mondes des Swans.












