Un jeu, une voix.
La voix est un outil à double tranchant dans la découverte d'un jeu vidéo.
Les jeux d'autrefois avaient plutôt à cœur de privilégier le silence afin de ne pas empiéter sur l'immersion du joueur et son appropriation personnelle du décor interactif, quitte à instaurer parfois une sensation de vide dans un espace dépeuplé (sans que ce soit forcément l'intention voulue). Les jeux d'aujourd'hui ont au contraire tendance à noyer le joueur dans une masse d'informations afin de ne perdre l'attention du public, craignant que les cerveaux biberonnés à l'immédiateté de TikTok ne soient pas capables de garder leur concentration sur un titre sans un rappel constant de l'objectif en cours par un guide vocal.
Entre ces deux extrêmes, il y a pourtant un équilibre que de nombreux jeux sont parvenus à atteindre au fil des décennies : celle que la voix est notre premier Feedback face à une action en cours, notre ancrage dans un monde fictionnel, la première réaction à notre présence dans l'espace virtuel...Et dans le meilleur des cas, comme un compagnon où se tisse une étrange familiarité alors que sa voix accompagne notre périple durant des dizaines, voir même des centaines d'heures.
A l'heure où le milieu du doublage est en grand péril face à l'émergence de l'IA et tandis que les décès de comédiens s'accumulent malheureusement dans l'actualité, j'avais envie de rendre hommage à ces acteurs et actrices de l'ombre qui ont pourtant œuvré avec brio pour consolider nos aventures sur des territoires imaginaires. Comédiens de doublage, voice-actors anglophones et Seiyuus seront ainsi à l'honneur dans cette liste qui me tenait à cœur depuis un moment.
Comme d'habitude avec mes listes, je m'efforcerais de ne citer qu'une seule voix par licence de jeux vidéos afin de diversifier autant que possible les personnalités mentionnées. Si possible, je tâcherais également de fournir des interviews disponibles sur les intéressés (principalement des chaines DVTI et StreamVF) pour que vous puissiez voir directement le visage derrière ces voix emblématiques.
A toutes les personnes du métier qui nous ont malheureusement déjà quittées, merci pour tout et reposez en paix. Vos voix ne seront pas oubliées.
47 jeux vidéo
créée il y a 4 mois · modifiée il y a 2 moisAlone in the Dark (1992)
Sortie : 1992 (France). Action-Aventure, Survival horror
Jeu sur PC, 3DO, Mac
Annotation :
Marc Alfos (décédé le 3 Aout 2012).
Edward Carnby
Il me paraissait opportun de débuter cette liste avec le tout premier jeu vidéo à bénéficier de la voix de Marc Alfos. Et ce pour une raison simple : le comédien a probablement été la première personnalité du doublage dont j'ai été attristé d'apprendre le décès en 2012 alors que sa voix était devenue extrêmement récurrente sur la génération PS3 / Xbox360 à l'heure où les doublages français devenaient bien plus courants sur ces plate-formes de jeu. Une récurrence qui visait presque à la saturation pour certains puisqu'il n'était effectivement pas rare de retrouver les mêmes comédiens à l’œuvre derrière des jeux vidéos ou des animes, comme des secteurs assez compartimentés en doublage ; pourtant et c'est bien là l'étrangeté de mon sentiment à ce sujet : alors que je déplore aujourd'hui à mon tour l'omniprésence de certains comédiens pour donner de la voix aux jeux vidéos, il y avait pourtant quelque chose d'étrangement rassurant et presque réconfortant à retrouver des voix familières sur les jeux de cette époque, un peu comme des vieilles pantoufles plus trop adaptées à nos pieds mais toujours agréables à porter.
Je ne me lassais pas en tout cas d'entendre la voix de Marc Alfos dans le jeu vidéo, même quand elle n'était pas forcément très bien castée (Deus Ex : Human Revolution typiquement) ou juste pour habiller vocalement un personnage d'un jeu multijoueur, comme l'inénarrable Engineer de Team Fortress 2. Si les joueurs d'Oblivion se souviennent particulièrement de sa voix car il incarnait de nombreux personnages humains et la majorité des Elfes croisés dans le jeu, de nombreuses personnes se souviennent également de sa voix dans les couloirs de Rapture puisqu'il incarnait avec brio Atlas, notre seul guide rassurant et amical dans cet univers tourmenté. Alors que le comédien originel de Bioshock avait été changé à la dernière minute car les playtesteurs décelaient bien trop vite sa fourberie, le double jeu du personnage était bien mieux dissimulé dans sa version française où le fameux "Je vous prie" en aura étonné plus d'un, après de nombreuses heures à l'avoir entendu innocemment à la radio. Enfin, le talent du comédien était même discernable dans ce premier Alone in the Dark, pourtant ponctué de doublages catastrophiques (la fameuse lecture du Mythe de Cthulhu) et où Marc Alfos se distinguait déjà grandement de ses semblables par des monologues hantés bien plus convaincants à l'oreille.
Les Chevaliers de Baphomet (1996)
Broken Sword: The Shadow of the Templars
Sortie : 30 septembre 1996. Aventure, Point’n’click
Jeu sur PC, PlayStation, Game Boy Advance, Android, iPhone, iPad, Evercade
Annotation :
Emmanuel Curtil.
George Stobbart.
L'immense Emmanuel Curtil, interprète français bien connu de Jim Carrey, aura malheureusement été assez discret en jeux vidéos à l'aune de sa prolifique carrière en doublages de films ou dans l'animation (Le Roi Lion, Le Prince d’Égypte, Anastasia, Kuzco etc etc). Les Chevaliers de Baphomet représente néanmoins une exception notable, surtout à une époque où le doublage français était assez rare pour les joueurs des années 90; une particularité généralement plutôt associée aux productions PC bénéficiant de nombreux dialogues parlés et d'une narration plus poussée dans leur mise en scène, en comparaison des créations destinées aux consoles de jeux.
De nombreux joueurs pensaient d'ailleurs que ce titre avait été conçu en France entre le contexte géographique de Paris et l'excellence du doublage français pour l'époque où Emmanuel Curtil apporte sa désinvolture et son flegme habituels pour le personnage de George Stobbard, un touriste américain empêtré dans une sacrée histoire par un hasard de circonstances, le genre d'enchainement de péripéties auquel le comédien est largement habitué avec le nombre de comédies à son actif dans le doublage. Notons que s'il retrouvait logiquement le rôle de Simba dans Kingdom Hearts 2, il incarnait également de manière surréaliste Seifer, l'antagoniste emblématique de FFVIII, souffrant déjà d'un choix de design assez douteux (une énième Nomurade) et d'une décision de casting assez hasardeuse, en l'occurrence ; un croisement d'univers improbable à plus d'un titre, décidément!
Shenmue (1999)
Sortie : 8 décembre 2000 (France). Action-Aventure
Jeu sur Dreamcast, PlayStation 4, Xbox One, PC
Ginko-Leon a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et l'a mis en envie.
Annotation :
Masaya Matsukaze.
Ryo Hazuki.
Les joueurs des années 90 / 2000 n'ont probablement pas bénéficié de la voix emblématique de Masaya Matsukaze pour le rôle de Ryo Hazuki; Shenmue ayant en effet été localisé en Occident avec la présence d'un doublage américain pour l'Europe et les États Unis. Une pratique commerciale regrettable mais malheureusement commune à l'époque où le Japonais était beaucoup moins démocratisé qu'aujourd'hui auprès des générations de gamers et en ce début du nouveau millénaire, de nombreux diffuseurs appréhendaient encore avec scepticisme de proposer des animes ou des jeux vidéos dans leur langue originelle, à une époque où les supports techniques permettaient rarement l'intégration de plusieurs doublages à la fois.
Il n'est pas dans mon intention de cracher inutilement sur ce doublage américain pour autant, surtout dans la mesure où le comédien Corey Marshall a toujours démontré une vraie affection pour son personnage et l'univers de Shenmue dans sa globalité; néanmoins, il est évident que ce chef d’œuvre de la Dreamcast est ancré dans une réalité géographique très prononcée et que sa démarche interactive s'évertue principalement à créer une immersion dans un quotidien du Japon, encore très peu représenté à l'époque de la sorte pour les joueurs occidentaux, une retranscription qui est évidemment malmenée par l'usage d'interprètes américains et tout le décalage culturel qui en découle. Certains joueurs avaient néanmoins privilégié l'import, malgré leur incompréhension totale du Japonais, et le vidéaste Hooper évoquait notamment avec justesse cet apprentissage de la culture Japonaise par l'intermédiaire du titre et l'attente surréaliste d'une soluce publiée sur un Blog de l'époque pour poursuivre l'aventure, malgré la barrière de la langue.
Cette immersion sera néanmoins accordée aux joueurs des années 2010 par l'intermédiaire de la HD Collection, célébrant enfin le retour de Shenmue au premier plan avec la concrétisation tant espérée du troisième volet. Malgré les changements de casting opérés en raison des deux décennies qui séparaient Shenmue 2 de son successeur, Masaya Matsukaze retrouvera ainsi son personnage emblématique et également dans le cadre d'une série animée, initiée par la suite. Notons qu'il était également l'acteur derrière la Motion Capture du personnage, une particularité aujourd'hui banalisée dans l'industrie mais très rare en ce temps là. Quel titre visionnaire, décidément!
Max Payne (2001)
Sortie : 31 juillet 2001 (France). Action-Aventure
Jeu sur PC, Xbox, PlayStation 2, PlayStation 4, Mac, iPad, iPhone, Android
Ginko-Leon a mis 8/10 et l'a mis en envie.
Annotation :
James McCaffrey (décédé le 17 Décembre 2023).
Max Payne.
Si le premier Max Payne avait "bénéficié" d'une version française guère mémorable, la voix hantée de James McCaffrey aura conquis le cœur de plusieurs générations de fans dès le début des années 2000; une performance loin d'être négligeable pour un jeu réalisé avec un budget très minimaliste où les développeurs étaient obligés de jouer eux mêmes les personnages lors de cinématiques réalisées en comics-books, là encore suite aux limitations financières du projet. L'exemple parfait de la créativité dans la contrainte car cette austérité visuelle donnera sa marque emblématique à Max Payne où la voix du héros devenait dès lors le principal vecteur d'émotion face à la gueule invraisemblable de Sam Lake grimé en héros vengeur New-Yorkais. A une époque où le scénariste était davantage ancré dans l'instant présent que dans des considérations cérébrales et alambiquées, les dialogues de Max Payne fusaient comme des balles, rendues volontairement aussi impactantes que des coups de feu pour accompagner une traversée nihiliste lors d'un Ragnarok métaphorique.
Si les cauchemars du titre ne sont pas forcément restés dans les mémoires pour de bonnes raisons, une scène se démarquait particulièrement avec un quatrième mur brisé où le héros s'interrogeait sur sa nature de personnage de jeu vidéo et de héros de comics books. James McCaffrey continuera d'incarner Max Payne durant toute la trilogie, y compris le troisième volet avec des cinématiques réalisées en Motion Capture et où de nombreux joueurs s'inquiétaient d'un changement de casting pour le personnage. S'il est malheureusement décédé avant la sortie du Remake des deux premiers opus déjà annoncés par Remedy, le comédien aura continué à accompagner le studio durant vingt ans à travers le rôle de Zachariah Trench, l'ancien directeur de Control, et surtout d'Alex Casey, personnage fictif de l'univers d'Alan Wake et réminiscence évidente de son rôle emblématique de Max Payne. Les adieux d'Alex Casey au joueur dans Alan Wake 2 revêtent ainsi une bien triste tournure, aujourd'hui.
Silent Hill 2 (2001)
Sortie : 23 novembre 2001 (France). Action-Aventure, Survival horror
Jeu sur PlayStation 2, Xbox, PC
Ginko-Leon a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Monica Taylor Horgan.
Mary Shepherd-Sunderland / Maria.
Il y a parfois des évidences qui nous échappent alors qu'elles paraissent toutes naturelles, après réflexion. J'avais du mal à songer à une voix emblématique de la saga Silent Hill pour une raison simple : la plupart des héros de la franchise sont caractérisés par un ton assez terne et monotone, de manière à ne pas empiéter sur l'immersion du joueur, un aspect assez désincarné en quelque sorte et culminant sur la voix extrêmement monolithique d'Henry dans The Room (mon épisode préféré de la série au demeurant donc ce n'est pas forcément un reproche de ma part). Pourtant en se remémorant les évènements sinistres de Silent Hill 2, une voix revient immédiatement en tête : la narration ambiguë de la cinématique du menu où deux femmes interpellent le héros (et le joueur) avec un ton étrangement familier.
Deux voix envoutantes, et aux intonations pourtant distinctes, et qui hantent chacune à leur manière le périple de James dans les ruelles de Silent Hill et les méandres de son esprit. Il s'agit bien évidemment de la voix de son épouse défunte Mary et qui trouve un écho déroutant à travers le personnage de Maria, chimère érotique de sa femme disparue; toutes deux incarnées par la comédienne Monica Taylor Horgan. Elle est l'incarnation de Silent Hill 2 à bien des égards et des fantômes qui tourmentent encore son personnage en proie à une culpabilité tacite (dans l'original, tout du moins). L'anecdote est bien connue des fans mais elle mérite d'être racontée à nouveau entre ses lignes : un dénouement particulièrement tragique du jeu est illustré par la narration d'une lettre d'adieu de Mary à James; durant la lecture, la comédienne a littéralement fondue en larmes et l'enregistrement a été maintenu pour offrir une émotion plus vraie que nature.
On ne peut pas dire néanmoins que Konami fera preuve d'une grande élégance envers le casting original, offrant un doublage alternatif lors de la HD Collection particulièrement décriée (avec encore, devinez, devinez qui? Hé oui, Troy Baker...) avec le choix assez saugrenu de la chanteuse Mary Elizabeth McGlynn dans le rôle de Mary / Maria (elle est au demeurant également comédienne puisqu'elle fait notamment la voix du Major Kusanagi dans la version américaine de Ghost In The Shell). De nombreux fans continuent néanmoins d'avoir une préférence pour la voix originelle de Mary / Maria, y compris à l'aune du récent Remake de Bloober Team.
Le Seigneur des anneaux : Les Deux Tours (2002)
The Lord of the Rings: The Two Towers
Sortie : 7 novembre 2002 (France). Action, RPG, Hack'n'slash
Jeu sur PlayStation 2, Xbox, GameCube
Ginko-Leon a mis 7/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Bernard Gabay.
Aragorn.
Dans le doublage, on range généralement un personnage dans un coin de sa tête avant de passer rapidement à autre chose; néanmoins, à l'heure des franchises multimédias où un même univers va être décliné sous plusieurs supports créatifs, le personnage continue de vivre finalement à travers sa voix française sur un grand nombre d'adaptations, au delà de l’œuvre d'origine. Ainsi, si les générations qui ont encore connu le premier Seigneur des Anneaux sur VHS se souviennent de la voix de Bernard Gabay pour la VF de Viggo Mortensen dans la trilogie de Peter Jackson (avant l'avènement du DVD et de l'accessibilité de la VO au plus grand nombre), les joueurs de la génération Gamecube / PS2 identifient également le comédien comme la voix d'Aragorn sur les multiples adaptations de la franchise en jeux vidéos, la version française bénéficiant généralement d'une bien meilleure continuité de voix pour l'immersion là où les comédiens originaux sont rarement disponibles pour incarner à nouveau leurs personnages emblématiques, laissant le soin à d'autres Voice Actors de reprendre le flambeau.
Si cet excellent comédien sera malheureusement assez rare en jeux vidéos, en dehors de l'univers du Seigneur des Anneaux, plusieurs joueurs se souviennent néanmoins de lui pour un rôle bien éloigné de ces épopées chevaleresques puisqu'il incarnait notamment Ethan Mars dans la VF de Heavy Rain du studio Quantic Dream. Enfin, difficile aujourd'hui de ne pas songer à Silco, l'antagoniste mémorable de la première saison d'Arcane, en entendant sa voix; un personnage qu'il retrouve d'ailleurs dans l'univers étendu de Riot Games, tout comme un certain Genji ou encore le méconnu Iron Man, tous deux incarnés également par Bernard Gabay. Une voix décidément ancrée dans la culture transmédia de ce nouveau millénaire.
Kingdom Hearts (2002)
Sortie : 15 novembre 2002 (France). Action, RPG
Jeu sur PlayStation 2
Annotation :
Richard Darbois.
Le Génie.
Il y a deux catégories de joueurs de Kingdom Hearts : ceux qui raffolent des Nomurades incohérentes, alambiquées et invraisemblables qui ponctuent les "scénarios" de cette saga prolifique et ceux qui endurent ces fanfictions douteuses pour apprécier enfin ce que le jeu était censé livrer à la base : la retranscription des univers Disney sous le prisme de l'ActionRPG à la Japonaise. Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je me trouve mais je crois que je n'ai pas besoin d'insister davantage pour expliquer pourquoi mes meilleurs souvenirs des Kingdom Hearts sont surtout liés aux films de Disney, à l'époque où la firme de Mickey était encore portée par une certaine velléité créative, et que cette nostalgie de l'enfance a été décuplée par la surprise de retrouver quelques voix emblématiques de ces longs métrages dans la version française de ce premier Kingdom Hearts.
Et autant dire qu'il est difficile de ne pas citer en l’occurrence le timbre emblématique de Richard Darbois sur le Génie d'Alladin, un personnage qu'il avait d'ailleurs continué à incarner dans les autres itérations animées de la licence et qu'il retrouve avec un naturel évident durant les évènements de ce premier Kingdom Hearts, à une époque où ce personnage métamorphe et excentrique devait faire parti encore de son quotidien. Si les cinématiques du jeu, réalisé sur PS2, ne lui donnent évidemment pas autant de matière à jouer et à changer de tonalité que le long métrage originel, l'immersion opère malgré tout à merveille avec un protagoniste immédiatement reconnaissable et où la mise en scène fait tout de même un certain effort pour retranscrire la vivacité d'esprit et l'espièglerie.
Si l'absence d'une version française sur Kingdom Hearts 3 était déjà particulièrement regrettable à ce titre, surtout vu la présence de l'emblématique Toy Story au sein des niveaux jouables (une occasion manquée pour Richard Darbois de retrouver un autre rôle culte mais cela témoignait sans doute d'une confiance mesurée de SquareEnix dans le succès de la licence après toutes ses années), il est proprement inacceptable que la version française n'ait pas été incluse dans la compilation HD de la licence, comme si SquareEnix voulait en faire oublier l'existence. Pourtant c'est bien simple, sans l'aspect nostalgie associé à ces niveaux Disney, Kingdom Hearts ne représente pas grand intérêt à mes yeux et je doute d'être un cas isolé.
https://youtu.be/0RPe9FMm0pc?t=740
Fable (2004)
Sortie : 8 octobre 2004 (France). Action, RPG
Jeu sur PC, Xbox, Mac, Xbox 360
Annotation :
Frédéric Cerdal (décédé le 3 Janvier 2026)
Le Maître de la Guilde.
Dans une interview sur la chaine DVTI, le comédien Benoit Allemane décrivait avec justesse le jeu vidéo comme un labyrinthe où la voix est censée guider le joueur dans une myriade de possibilités; un exercice au demeurant pas vraiment agréable pour les comédiens, souvent dépourvus d'images de références ou de contexte plus précis pour la réplique à enregistrer. Ce guide pour le joueur, cette figure de mentor pour assimiler les mécaniques d'un jeu ou les enjeux d'un univers fictif, peu de comédiens l'ont incarnés avec autant de récurrence que Frédéric Cerdal dans le cadre du jeu vidéo : les Grises Barbes de Skyrim, le Maître du Chevalier Jedi dans The Old Republic, Anton Sokolov dans les Dishonored, Mr House dans Fallout : New Vegas et également le Maître de la Guilde dans Fable, premier du nom.
Dans la volonté de rendre la saveur du jeu de rôle accessible au plus grand nombre (une démarche assumée par Peter Molyneux et au cœur de sa proposition créative pour le premier Fable), le Maître de la Guilde nous accompagnait par la pensée durant tout notre périple avec la fameuse réplique d'avertissement en cas de mort imminente : "Attention, votre santé est faible! Avez vous des potions? Des vivres?". Dans une des rares interviews disponibles du comédien, Frédéric Cerdal avouait ne pas trouver cet exercice particulièrement intéressant, étant souvent confiné aux rôles de vieux sages dans le jeu vidéo. Nul doute néanmoins que d'autres joueurs se souviennent davantage de lui pour son rôle emblématique d'Andrew Ryan dans le premier Bioshock, rôle avec lequel le comédien partageait par ailleurs une étonnante ressemblance physique. Dès la séquence d'introduction dans la bathysphère, la voix de Cerdal accompagne le joueur dans sa présentation grandiloquente de Rapture et l'antagoniste marquera à nouveaux les esprits lors de sa confrontation finale avec le célèbre "L'homme choisit! L'esclave obéit!". Le comédien était par ailleurs également la voix de Daisuke Aramaki, le leader inflexible de la Section 9 dans la version Stand Alone Complex de Ghost In The Shell, une série qui avait également bénéficié d'un sympathique Making Of pour sa version française et que je mentionnerais dans un autre commentaire.
Frédéric Cerdal voix française de Michael Caine : https://www.youtube.com/watch?v=eHjWTTd2EdI
Metal Gear Solid: The Twin Snakes (2004)
Sortie : 26 mars 2004 (France). Action, Infiltration
Jeu sur GameCube, Wii
Ginko-Leon a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Cam Clarke
Liquid Snake.
De par sa nature extrêmement cinématographique, le doublage des Metal Gear Solid possède évidemment de nombreux admirateurs à travers le globe, même s'il convient également de rappeler que la franchise bénéficie également d'un doublage Japonais dont les fans asiatiques sont généralement bien plus enthousiastes, et certains fans occidentaux également. Dans les voix célèbres de la franchise, citons évidemment le cas de David Hayter qui possède la particularité d'avoir une double casquette de scénariste ; il avait en effet œuvré à l'écriture des premiers X-Men de Bryan Singer et même sur une version annulée de Watchmen qui voulait contextualiser le comic culte d'Alan Moore à une époque moderne ( https://www.youtube.com/watch?v=ZkDqxCbyGVk / https://www.youtube.com/watch?v=YhJ1lAc2HNs ).
Mais dans le cas présent, j'associe surtout ce remake du premier Metal Gear Solid à la voix délectable de Cam Clarke dans le rôle de l'antagoniste, Liquid Snake. Une voix indissociable de mes années sur Gamecube pour ma part car elle aura marquée un autre jeu important de ma culture personnelle : le rôle de Kratos Aurion dans Tales Of Symphonia, le jeu m'ayant réconcilié avec le genre du JRPG. A nouveau une figure de mentor dans le cas présent et un antagoniste aux intentions incertaines ; le génial comédien sera malheureusement assez rare dans le jeu vidéo par la suite, étant surtout sollicité pour les doublages américains des animes Japonais (ce qui ne nous concerne donc pas trop en Europe). Pas dénué d'humour, l'acteur aura néanmoins endossé à nouveau le rôle de Liquid Snake dans le cadre d'un génial détournement, reprenant une phrase célèbre d'Internet à l'égard des testeurs implorant un mode facile sur Sekiro. Je vous laisse savourer :
https://www.youtube.com/watch?v=aFJqOlYaJbs
Half-Life 2 (2004)
Sortie : 16 novembre 2004. FPS, Action
Jeu sur PC, Mac, Linux, Xbox, Xbox 360, PlayStation 3, Android
Ginko-Leon a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Emmanuel Bonami
Le Père Grégori.
Le nom d'Emmanuel Bonami vous est peut être familier car il est associé à un doublage très controversé d'une franchise illustre du jeu vidéo : la voix de Solid Snake dans la version française du premier Metal Gear. Cela m'attriste un peu aujourd'hui de voir tout le déferlement de haine envers ce doublage alors qu'il possède également son lot d’aficionados et qu'il a permis également à la franchise Metal Gear de s'établir en France, à une époque où la présence d'un doublage français pouvait être vraiment attractive auprès du jeune public, pas forcément désireux de suivre une aventure en lisant des sous-titres.
Une autre franchise, bien plus chère à mon cœur, est parfois également dénigrée pour la qualité de son doublage français alors que j'y suis profondément attaché. Et pour cause : alors qu'il est extrêmement récurrent d'entendre les mêmes voix dans le jeu vidéo depuis des décennies, Half Life 2 peut se targuer d'avoir un panel de comédiens assez discrets dans le doublage, de telle sorte que ses voix ne sont pas forcément associées à d'autres protagonistes en parallèle et qu'elles demeurent en ce sens assez uniques et propres à ce jeu.
Et à ce titre, j'avoue avoir une affection toute particulière pour la voix d'Emmanuel Bonami dans le rôle de l'inquiétant Père Grégori, notre seul allié digne de confiance (?) au sein de la ville cauchemardesque de Ravenholm. Une des séquences cultes du jeu où la voix est justement utilisée à bon escient puisque le Père Grégori est la seule présence humaine aux alentours et que le mutisme de Gordon Freeman permet de renforcer d'autant plus l'aspect dément du prêtre et ses monologues nombrilistes où il ne semble finalement guère se soucier d'avoir un interlocuteur ou d'obtenir une réponse à ses élucubrations. Le personnage était censé réapparaître dans un Épisode IV annulé pour Half Life 2 et il est peut être finalement préférable qu'il soit finalement cantonné à cette apparition presque hallucinatoire dans les rues de la cité condamnée. Avant que seul un rire inquiétant ne se referme sur cet étrange chapitre du parcours de Gordon Freeman.
P.S: En bonus, la voix d'Emmanuel Bonami sur MGS 4! https://www.youtube.com/watch?v=TCaRzDiEnjQ
Star Wars: Republic Commando (2005)
Sortie : 4 mars 2005 (France). FPS, Action-Aventure
Jeu sur PC, Xbox, PlayStation 4, PlayStation 5, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2
Ginko-Leon a mis 8/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Temuera Morrison.
Delta 38.
Je me suis creusé la tête pendant un bon moment pour décider quel jeu Star Wars j'allais inclure dans cette liste et surtout quelle voix était particulièrement reconnaissable dans l'identité sonore de la saga en jeux vidéos. Mais puisque je m'efforce également de mentionner des comédiens de l'ombre, dont le nom est parfois tombé injustement dans l'oubli, il m'est apparu assez rapidement comme une évidence que Temuera Morrison méritait d'être cité également pour son travail dans la galaxie des jeux inspirés de la Prélogie Star Wars. L’interprète de Jango Fett dans l'Attaque des Clones avait en effet tenu à assurer une continuité vocale avec le reste de la licence, un peu à l'image de Billy Dee Williams pour Lando Calrissian, incarnant non seulement le célèbre chasseur de primes dans le jeu Bounty Hunter mais également les soldats clones dans la campagne scénarisée de Battlefront 2 ainsi qu'en l’occurrence Delta 38 dans l'excellent Republic Commando.
Puisqu'en dépit de ce que prétendaient les mauvaises langues, l'Oncle Georges n'était jamais avare en bonnes idées : il proposa de faire une entorse à la cohérence de l'univers en accordant plus de personnalité marquée aux membres de la Delta Squad, ce qui se traduisait non seulement par un visuel différent mais surtout un Voice Actor unique pour chaque clone de l'escouade. Temuera Morrison assurait néanmoins la continuité avec les films en incarnant Delta 38, le protagoniste jouable et dont les ordres à ses soldats allaient parsemer les péripéties guerrières de ce Republic Commando ; de quoi apprécier l'excellent travail de doublage offert par Morrison pour insuffler une vraie énergie de combattant et la volonté d'un soldat endurci à son personnage, immergeant d'autant plus le joueur dans l'intensité des affrontements. Un dynamisme et une adrénaline par ailleurs largement perceptibles dans le cadre du Making Of du jeu, ce qui rend d'autant plus décevant aujourd'hui de voir Morrison être cantonné au rôle de Boba Fett qu'il continue également à incarner dans les derniers jeux vidéos de la licence tandis que les soldats clones sont souvent interprétés par Dee Bradley Baker, le Voice Actor de la série animée The Clone Wars. Mais de nombreux fans nostalgiques d'une époque plus prolifique pour la licence gardent encore de bons souvenirs de la voix de Temuera Morrison dans les parties endiablées des années 2000.
https://www.youtube.com/watch?v=4Lfcry5-L6M
Resident Evil 4 (2005)
Biohazard 4
Sortie : 18 mars 2005 (France). Action-Aventure, Survival horror
Jeu sur GameCube, PlayStation 2, PC
Ginko-Leon a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et l'a mis en envie.
Annotation :
Paul Mercier
Leon Scott Kennedy.
C'est un choix très subjectif dans le cas présent mais il m'est venu très rapidement en tête lorsque je songeais aux voix marquantes du jeu vidéo. Resident Evil 4 est un de mes jeux préférés et un de ces titres que je recommence inlassablement depuis plus de vingt ans, à présent (!) et à ce titre, je suis extrêmement attaché à son ambiance sonore, ses musiques, son Sound Design et évidemment ses doublages. Je ne dois pas être le seul néanmoins car je vois beaucoup de compilations du jeu encore aujourd'hui, parfois même en détournement parodique car le jeu s'y prête très bien à vrai dire entre les "Welcome!" du Marchand, les "Léon!!!" incessants d'Ashley ou les grognements caricaturaux de Krauser.
Mais Mercier parvenait malgré tout à insuffler à Léon la désinvolture et l'arrogance qui ont marqués les esprits, bien plus que les premiers atermoiements du personnage dans Resident Evil 2 : une confiance insolente dans ses capacités qui incitait le joueur à croire qu'il pouvait également survivre à l'adversité, malgré les innombrables horreurs qui parsemaient sa route. Le personnage n'aura eu de cesse d'être démontré par la suite, comme étant torturé par son passé : un archétype convenu et quelque peu éloigné de sa légèreté d'esprit dans le Resident Evil 4 originel, même s'il savait également être tenace et déterminé quand la situation l'exigeait. C'est peut être à cause de ce changement d'attitude que Mercier n'incarnera malheureusement qu'en de trop rares occasions Leon par la suite : le spinoff oubliable Darkside Chronicles et le premier film (d'une longue série) de la franchise en CGI Resident Evil Degeneration. Matthew Mercer reprendra le flambeau du personnage par la suite avant de laisser sa place à Nick Apostolides pour les Resident Evil Remakes et Requiem. Je trouve à ce titre que la version anglaise de Resident Evil 4 Remake manque singulièrement de charme par rapport à l'original (l'une des multiples raisons pour lesquelles le jeu de 2005 reste supérieur à son remake) et je lui préfère nettement la version française d'Anatole de Bodinat, notamment.
A noter que Paul Mercier incarnait apparemment l'emblématique voix du Marchand dans le jeu original; une autre voix marquante à son actif pour le même jeu!
The Elder Scrolls IV: Oblivion (2006)
Sortie : 24 mars 2006 (France). Action, RPG
Jeu sur PC, Xbox 360, PlayStation 3
Ginko-Leon a mis 7/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Christian Pélissier.
Les Argoniens.
Dans les versions françaises, il y a un problème souvent récurrent : le faible nombre de comédiens par rapport à la somme des personnages à interprêter, particulièrement dans le vaste univers du jeu de rôle où le joueur est censé normalement pouvoir parler avec n'importe quel passant dans la rue. Oblivion fait souvent monter le sourire aux lèvres des joueurs pour les souvenirs de scènes invraisemblables que le titre très ambitieux instaurait involontairement dans sa tentative de simuler une impression de vie dans ce monde de Fantasy avec des PNJ interrompant leurs routines pour dialoguer entre eux, au fil de discussions...Pas très naturelles, dirons nous. :p Mais il y avait aussi une autre caractéristique associée aux anciens jeux de Bethesda : le fait que chaque comédien incarnait quasiment une race entière à lui seul, tout du moins dans le genre associé et que ces voix reconnaissables devenaient ainsi extrêmement familières au cours des dizaines d'heures passées dans les contrées de Tamriel.
"Mais c'est la voix du capitaine Haddock!" auront sans doute scandés de nombreux joueurs en dialoguant avec un Argonien croisé dans les rues en cercle de la capitale. Hé oui, le très sympathique Christian Pélissier assurait en effet le doublage de cette race de reptiles, leur conférant ainsi une identité vocale immédiate par son timbre rocailleux et largement resté dans les mémoires. Un habitué de la franchise Elder Scrolls au demeurant puisqu'il assurera également d'autres rôles dans Skyrim et même The Elder Scrolls Online, faisant ainsi parti en quelque sorte de l'empreinte auditive de la saga dans sa version française. Une voix indissociable de l'étrangeté attachante qui caractérise encore Oblivion aujourd'hui et dont de nombreux joueurs ont regrettés l'absence lors de la parution du récent Remastered, même si certains fans se sont empressés de corriger cette erreur impardonnable en offrant des Mods correctifs sur PC. Oblivion sans sa VF, ce n'est pas Oblivion, point barre!
https://youtu.be/6_FY4jMK94Y?t=2541
Hitman: Blood Money (2006)
Sortie : 26 mai 2006 (France). Infiltration, Action
Jeu sur PC, PlayStation 2, Xbox, PlayStation 3, Xbox 360, PlayStation 4, Xbox One
Ginko-Leon a mis 8/10.
Annotation :
David Bateson.
Agent 47.
Les Hitman sont des jeux résolument silencieux afin de laisser les joueurs expérimenter différentes possibilités d'assassinat et d'infiltration, en apprenant généralement de leurs erreurs. Les différents titres de la saga fourmillent pourtant de répliques cinglantes et généralement sarcastiques de son protagoniste d’ordinaire monolithique, brisant sa monotonie de façade. Et si je cite Blood Money dans le cas présent, ce n'est pas tant pour la popularité du jeu au sein de la franchise que ce quatrième volet a bien failli devenir le dernier opus à bénéficier de la voix emblématique de David Bateson pour incarner l'Agent 47. Comme de nombreuses sagas héritées des années 2000, Hitman a été le fruit de nombreux changements durant la génération PS3 / Xbox360 afin d'adapter sa formule au plus grand nombre par le biais d'une proposition davantage orientée Action et surtout bien plus scénarisée. En conséquence, Bateson fut remplacé au profit d'un comédien qui allait assurer à la fois le doublage du héros mais également la Motion Capture du personnage ; il s'agissait de William Mapother qui n'est nul autre...que le cousin de Tom Cruise (ce n'est pas une blague).
Le jeu avait atteint un stade de développement avancé puisque la majorité des répliques semblait déjà avoir été enregistrée avant que l'impensable ne se produise : le studio revint sur sa décision pour perpétuer la tradition de la saga en ramenant David Bateson dans l'univers des Hitman. Si Absolution ne bénéficie pas vraiment d'une bonne réputation au sein de la franchise, ce revirement a néanmoins été bénéfique pour la série car Bateson continuera d'incarner le personnage au cours de la trilogie World Assassination, fourmillant de possibilités pour atteindre ces cibles et de rôles saugrenus à faire endosser à 47. Il s'agit sans nul doute d'un des rôles à bénéficier de la plus grande continuité vocale dans le cadre de cette liste alors que les changements de comédiens sont assez légion dans le milieu du jeu vidéo.
Le comédien revient par ailleurs sur cette période trouble de sa carrière dans cette interview : https://www.youtube.com/watch?v=6ElCIcjP4DI
Team Fortress 2 (2007)
Sortie : 10 octobre 2007. FPS, Action
Jeu sur PC, Xbox 360, PlayStation 3, Mac, Linux
Ginko-Leon a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Thierry Mercier (décédé le 1 Août 2023)
Le Heavy.
Il existe un paradoxe étrange dans l'exercice du doublage pour le jeu vidéo : certains enregistrements peuvent être très courts et impacter pourtant les joueurs sur plusieurs décennies et ce même après la disparition des comédiens derrière ses voix rythmant des parties endiablées. Les jeux multijoueurs sont en effet caractérisés par un habillage sonore minimaliste (des répliques courtes pour communiquer avec les autres joueurs, réagir aux dégâts infligés ou subis, rappeler l'objectif en cours, faire passer le temps en attendant que la partie commence) et une longévité qui dépasse pourtant celle des jeux solo au contenu narratif bien plus conséquent. Ainsi, même s'il ne s'agit pas de l'interprétation la plus valorisée pour sa portée dramatique, l'importance d'une voix dans un cadre multijoueur n'en reste pas moins capitale, pour ne pas lasser le joueur avec la répétition de ses répliques au cours de la littéralement millième partie.
J'ai ainsi beaucoup d'attachement pour la version française de Team Fortress 2, mon jeu multijoueur préféré qui se rapproche doucement de ces vingt ans d'existence (purée...). Il faut dire que j'ai connu le jeu avec sa version Orange Box (une des meilleures offres de l'Histoire du jeu vidéo) et avec une différence de taille : les voix américaines proposées en premier lieu avant d'être remplacées par leurs homologues français suite à une mise à jour. Un scandale similaire à la traduction tardive de World Of Warcraft pour certains mais je m'en suis très vite accoutumé et j'ai même toujours trouvé le casting globalement excellent avec des voix immédiatement reconnaissables, malgré le bordel général qui caractérise une partie de Team Fortress 2. Le Heavy était un de mes personnages favoris à mon époque de Nolifitude sur le jeu et certainement celui où j'étais alors le plus utile à l'équipe durant ma partie. "Les balles ont peur de moi!" "Docteur!" Il y a du sang partout!" ou bien encore le fameux "Il faut pousser le petit wagon!" Thierry Mercier aura eu également une carrière assez prolifique dans le jeu vidéo sur la génération PS3 / Xbox360, étant souvent associé au rôle de Dom dans la trilogie Gears Of Wars ou de Kane dans Kane and Lynch. Le comédien nous a malheureusement quitté assez tôt et cette interview pour la version française de Saint Seiya : The Lost Canvas est ainsi l'une des rares vidéos disponibles sur le comédien :
https://www.youtube.com/watch?v=p-MssbduTJo
Mass Effect (2007)
Sortie : 23 novembre 2007 (France). Action, RPG
Jeu sur PC, Xbox 360, PlayStation 3, Xbox One, Xbox Series X/S, PlayStation 4, PlayStation 5
Ginko-Leon a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Boris Rehlinger
Le commandant Shepard.
La saga Mass Effect a popularisée un changement de taille dans l'univers des jeux de rôle : la personnification vocale des héros de RPG avec l'intégration d'un doublage pour toutes les répliques lues d'ordinaires dans l'esprit du joueur. Si ce changement allait par la suite entrainer un amoindrissement de la composante jeu de rôle, afin de fluidifier le rythme du récit et la mise en scène des cinématiques, le premier Mass Effect laissait néanmoins encore la main au joueur puisque chaque réplique de Shepard était encore sélectionnable dans la roue de dialogues (là où les suites feront parler le personnage sans intervention du joueur pour le dynamisme des conversations).
A ce titre, le comédien Boris Rehlinger marquera rapidement les esprits pour sa tonalité calme et déterminée, insufflant à son personnage une force tranquille qui faisait cruellement défaut à son homologue américain plus impersonnel (et dont de nombreux fans anglophones préfèrent la version féminine de Jennifer Hale). L'exercice du RPG n'est pas forcément la pratique la plus agréable en doublage (car il s'agit d'enregistrer un grand nombre de répliques sans images ou le contexte de la scène, ni même une connaissance de l'interlocuteur par moments) mais l'immersion opère malgré tout grandement dans ce Mass Effect dont le doublage français a été maintes fois salué à juste titre.
https://www.youtube.com/watch?v=eHLlS-ptUx4
Lost Odyssey (2007)
Rosuto Odessei
Sortie : 29 février 2008 (France). RPG
Jeu sur Xbox 360
Ginko-Leon a mis 6/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Serge Thiriet.
Kaim Argonar.
Le JRPG a eu pendant très longtemps une tradition textuelle dans sa narration (facilitant notamment la réécriture des dialogues en interne) mais il est également marqué encore aujourd'hui par l'absence significative de doublages français en comparaison de ses homologues occidentaux; la durée très conséquente de ces titres se mariant difficilement avec le coût induit par une multitude d'enregistrements à travers le monde. Il est ainsi très étonnant de voir ce Lost Oydssey bénéficier d'une version française (et du choix parallèlement de la version Japonaise ou américaine) tandis que même Final Fantasy XIII ne proposera que son doublage anglais en Occident, quelques années plus tard. Une preuve que la marque Xbox voulait définitivement se tailler un morceau dans le secteur du JRPG et ne regardait pas trop à la dépense en la matière ; tant mieux pour les joueurs des années 2000 qui bénéficiaient ainsi pour la première fois d'une version française de plutôt bonne facture, malgré l'intensité émotionnelle de nombreuses scènes de ce RPG tragique.
Comédien particulièrement prolifique sur cette génération de consoles, l'acteur Serge Thiriet a marqué plusieurs titres importants du jeu vidéo des années 2000 avec une palette bien plus diversifiée que d'autres exemples mentionnés dans cette liste ; citons notamment Sander Cohen dans Bioshock, Thane dans Mass Effect 2 ou encore le Prince de Perse dans le Reboot de 2008. Lost Odyssey lui offre ici un rôle particulièrement dramatique, même si à la manière de nombreux héros Japonais, Kaim est aussi caractérisé par un ton assez taciturne et silencieux durant une bonne partie de l'aventure. Le hasard fait bien les choses car le jeu est également le JRPG préféré d'un certain Guillaume Broche et Serge Thiriet se retrouvera ainsi aux commandes d'un autre héritier de cette philosophie du jeu, en devenant le directeur artistique pour la version française de Clair Obscur : Expedition 33, un rôle qu'il semble d'ailleurs occuper régulièrement pour le jeu vidéo ces dernières années, se faisant plus rare en contrepartie en doublages dans les jeux récents.
https://youtu.be/F8aPDQjTZj0?t=45
Grand Theft Auto IV (2008)
Sortie : 29 avril 2008 (France). Action-Aventure
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360, PC
Ginko-Leon a mis 10/10, l'a mis dans ses coups de cœur et l'a mis en envie.
Annotation :
Michael Hollick.
Niko Bellic.
Peut-on imposer son empreinte vocale dans l'Histoire du jeu vidéo avec une seule et unique interprétation dans ce médium interactif? Certainement, surtout quand le jeu en question se nomme G.T.A IV et qu'il porte en lui la composante dramatique la plus accentuée de toute une franchise multi-millionnaire. Si je vous renvoie à l'excellente interview de Dan Houser sur la chaine de Lex Fridman pour en apprendre plus sur les coulisses du développement (le scénariste d'origine anglaise vivant notamment à New York durant l'écriture de cet opus et se sentant lui même comme un émigré malheureux face à la vie chaotique de la cité), le choix de Niko Bellic aura interpellé des générations de joueurs d'entrée de jeu, dès que les premiers trailers de G.T.A IV annonçaient un titre résolument plus sérieux dans les thématiques abordées et porté par une tonalité plus amère que les excentricités satiriques des précédents opus. Le choix du protagoniste était ainsi éloquent en ce moment : un ancien soldat serbe fuyant à la fois le souvenir des horreurs vues et commises dans son pays natal mais également en quête de vengeance sur ses anciens tourmenteurs. Un cercle de violence, intrinsèquement lié à la brutalité du gameplay, et où l'aspect provoquant des GTA se muait ici en tragédie fataliste pour le personnage, sans pour autant renier les extravagances de la série malgré l'infortune de ses protagonistes.
Un dilemme formulé en quelques mots, avec une redoutable efficacité, par la voix caractéristique de Michael Hollick lors du premier trailer de G.T.A IV. Le comédien incarne à merveille un personnage plus ambivalent qu'il n'y paraît, souvent courtois et patient avec ses interlocuteurs avant de laisser parfois sa rage intériorisée transparaître de manière menaçante ; ses engueulades avec son cousin en titubant complètement ivre sont restées à ce titre dans les mémoires et le personnage se joue souvent avec un certain recul des pitreries de son entourage, même s'il révèle aussi une personnalité brisée à mesure que le récit s'achemine vers son sinistre dénouement (la fin alternative n'existe pas). Michael Hollick entretiendra malheureusement des rapports assez houleux avec Rockstar par la suite, s'estimant lésé par le studio malgré le succès colossal du jeu à une époque où la profession du doublage n'était pas forcément toujours valorisée même au sein de l'industrie.
https://www.youtube.com/watch?v=M80K51DosFo
Tomb Raider: Underworld (2008)
Sortie : 21 novembre 2008 (France). Action-Aventure
Jeu sur PC, Xbox 360, PlayStation 3, Wii, PlayStation 2, Mac
Ginko-Leon a mis 7/10.
Annotation :
Françoise Cadol.
Lara Croft.
Même si je ne suis pas à titre personnel un grand appréciateur des Tomb Raider, il est difficile de ne pas songer à la voix emblématique de Françoise Cadol dans le cadre de cette liste. A l'heure où la multitude de doublages sur un même jeu semble être devenue une exigeance naturelle (et parfois déraisonnable) de la part des joueurs, l'Internet d'aujourd'hui oublie pourtant que cette composante était loin d'être acquise dans les jeux vidéos des années 90 et encore plus, de surcroît, pour la présence d'un doublage effectué dans notre langue. Pour des jeunes joueurs peu désireux de suivre une aventure avec des sous titres, l'intégration d'un doublage français était ainsi une caractéristique très appréciable et même influente pour l'achat d'un titre à l'époque. C'était ainsi le cas du tout premier Tomb Raider où la version Saturn proposait le doublage anglais de Shelley Blond tandis que la version Playstation bénéficiait de la voix envoutante de Françoise Cadol.
La comédienne française incarnera le personnage durant une belle longévité, accompagnant Lara Croft dans ses péripéties durant les cinq opus originaux de Core Design et également la trilogie de Crystal Dynamics. Je ne cite pas seulement cet Underworld car il est l'un des rares Tomb Raider que j'associe à de bons souvenirs mais également car il s'agit de la dernière interprétation de Françoise Cadol sur un opus majeur de la licence; le rajeunissement du personnage lors du Reboot de Tomb Raider 2013 impliquera un changement de casting guère heureux (la comédienne Alice David guère rompue à l'exercice du doublage, le Star Talent du moment de la série Bref) tandis que des fans continuaient à espérer le retour de Françoise Cadol sur le rôle pour une nouvelle itération de la licence (outre les spins-off un peu oubliables Guardian of Light et Temple of Osiris). Nous pouvons néanmoins être raisonnablement confiants sur le choix de Jessica Monceau pour incarner à son tour l'héroine lors des prochains jeux dernièrement annoncés, même s'il s'agit sans nul doute d'un rôle particulièrement difficile à reprendre le flambeau tant sa première voix française a marquée durablement les esprits.
https://youtu.be/lWtmkbJWb_w?t=6405
Tales of Vesperia (2008)
Teiruzu obu Vesuperia
Sortie : 26 juin 2009 (France). RPG
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360
Ginko-Leon a mis 8/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Troy Baker.
Yuri Lowell.
Il est souvent reproché aux doublages français d'employer les mêmes comédiens, particulièrement quand il s'agit d'animes ou de jeux vidéos. Si cette critique est légitime (et que le copinage en réseau fermé est aussi une réalité dans certains cercles du doublage), le reproche peut être également adressé en vérité à nos confrères américains où les Voice Actors reviennent de manière bien trop récurrente pour ne pas déceler une certaine paresse créative ou un choix de facilité de la part des directeurs de castings. En l’occurrence, il est indéniable que les comédiens Troy Baker, Laura Bailey et Nolan North ont un peu vampirisés la profession durant la génération de consoles HD et souvent pour des interprétations assez similaires où il ne s'agissait clairement pas de sortir des sentiers battus en dehors de cette identité vocale assez reconnaissable.
Une récurrence qui a viré à la saturation en ce qui me concerne, au point de privilégier justement certains doublages français en reconnaissant la voix de Troy Baker dans un énième doublage anglophone de jeu vidéo. C'est d'autant plus regrettable que le bonhomme m'était à l'époque franchement sympathique pour son interprétation charismatique de Yuri Lowell, le héros vengeur de ce Tales Of Vesperia ; un protagoniste moins naïf qu'à l'accoutumée et plus enclin à se salir les mains si nécessaire sans pour autant virer à la caricature de justicier solitaire. Une ambivalence que Troy Baker incarnait par ailleurs avec brio dans le cadre de cette première version de Tales Of Vesperia. Même si sa célébrité me le rendra parfois assez insupportable (d'autant que l'intéressé est un peu devenu une caricature de Hipster nombriliste au fil des années), le comédien mentionnera à plusieurs reprises son attachement pour ce personnage (même s'il n'est visiblement plus très à l'aise avec cette période où il enchainait le doublage de JRPG) et il regrettera notamment de ne pas avoir été convié à doubler les scènes supplémentaires de la version définitive (contrairement à l'édition spéciale de Catherine où il reprenait également le rôle principal...Mais assez de Troy Hipster, nous parlerons pour ce jeu d'un autre comédien, en l’occurrence. :p).
Batman: Arkham Asylum (2009)
Sortie : 28 août 2009 (France). Action-Aventure, Beat'em up, Infiltration
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360, PC, Mac
Ginko-Leon a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et l'a mis en envie.
Annotation :
Pierre Hatet (décédé le 24 Mai 2019)
Le Joker.
Il y a énormément de voix que j'aimerais mentionner dans le cadre de ces Batman Arkham : le retour de Kevin Conroy et Mark Hamill pour incarner leurs personnages emblématiques en VO, la présence d'Adrien Antoine pour reprendre brillamment le flambeau du personnage après Richard Darbois, le comédien Jean Claude Sachot qui aura incarné avec brio le commissaire James Gordon durant plus de trois décennies de la franchise Batman etc etc. Il y a beaucoup de talents qui méritent qu'on leur rende hommage mais parmi eux, je ne pouvais m'empêcher d'adresser une pensée au regretté Pierre Hatet, voix inoubliable du Doc dans Retour vers le Futur (une des rares VF à trouver grâce même auprès des puristes de la VO) et surtout dans le cas présent, interprète jubilatoire du Joker dont il assurait également le doublage depuis la série culte Batman : The Animated Series de 1992.
Si son homologue Mark Hamill n'avait plus incarné le Joker depuis un certain temps avant de reprendre le rôle sur une longue période pour la trilogie Arkham, Pierre Hatet était resté familier du personnage puisqu'il avait continué à l’interpréter dans la série animée The Batman de 2004, déclinaison moderne pas forcément toujours très glorieuse du Chevalier Noir mais qui avait eu la chance de bénéficier de la majorité du casting français de la série culte des années 90. Si l'âge vénérable du comédien se faisait malheureusement entendre durant la conclusion de la saga avec Arkham Knight, il n'en était rien pour ce premier opus où la voix délectable de Pierre Hatet accompagnait l'exploration tortueuse du joueur dans les couloirs de l'Asile d'Arkham tandis que le Joker, à présent maître des lieux, invectivait sa Némésis et les autres criminels de Gotham.
A noter que le directeur artistique de la franchise n'était nul autre que Mark Lesser, voix bien connue de Joey dans Friends et de Trunks / Sangohan adulte dans la saga Dragon Ball; dans une récente interview, il évoquait ses souvenirs du doublage des jeux avec la difficulté du processus d'enregistrement pour le caractère très fluctuant du jeu vidéo (des modifications récurrentes qui impliquent des répliques à réenregistrer ou désormais obsolètes) tandis qu'il concèdera avoir bénéficié d'un meilleur support visuel pour le doublage d'Arkham Knight, signe d'une confiance établie (et justifiée) avec l'éditeur.
https://youtu.be/wDNd-dmfyl4?t=6623
Assassin's Creed II (2009)
Sortie : 20 novembre 2009. Action-Aventure, Infiltration
Jeu sur PC, PlayStation 3, Xbox 360, PlayStation 4, Xbox One, Mac
Ginko-Leon a mis 9/10.
Annotation :
Gilbert Lachance.
Ezio Auditore da Firenze.
Tabernacle de calice! Mais que fait-donc un comédien québecois dans le cadre de cette liste?
Hé oui, telle est l'étrange singularité du doublage de cet Assassin's Creed 2 : alors que le premier volet bénéficiait à ma connaissance d'un casting résolument français (avec notamment la présence de Bruno Choel dans le rôle d'Altair), ce second opus propose un mélange des frontières étonnant dans le cadre du jeu vidéo avec de nombreux personnages secondaires interprétés par des comédiens français mais le rôle principal attribué à un comédien québecois en la personne de Gilbert Lachance. Sa voix vous est peut-être familière si vous êtes un jour tombés sur un doublage québecois d'un film récent en pensant avoir déniché la version française (ces fameux moments qui font illusion pendant cinq minutes avant qu'un nom soit prononcé soudainement à l'américaine) puisque le comédien très prolifique de l'autre côté de l'océan assure entre autre la voix de Johnny Deep, Matt Damon ou encore Sam Worthington pour nos amis québecois.
Pas d'accent à couper au couteau heureusement dans le cas présent et au contraire une très belle interprétation où le comédien traduit à la perfection le vieillissement du personnage à travers les évènements de cet Assassin's Creed 2 mais également sur l'ensemble de la trilogie associée à cet assassin emblématique. Alors que l'intégration de mots étrangers dans un doublage peut parfois prêter à sourire, le comédien alterne avec brio l'italien et le français tout en conférant à son personnage la gravité nécessaire dans les séquences dramatiques et la désinvolture arrogante qui a gravé les péripéties d'Ezio dans les mémoires collectives.
Assurément, un super travail d'interprétation au point où je n'ai jamais pu me résoudre à tester les jeux en italien (alors que je suis plutôt enclin à adapter la langue des Assassin's Creed au contexte géographique) mais je n'ai malheureusement jamais trouvé une interview où le comédien évoque ses souvenirs de ce rôle conséquent pour sa carrière et surtout le public francophone.
Alan Wake (2010)
Sortie : 14 mai 2010. Action-Aventure
Jeu sur PC, Xbox 360, Xbox One
Ginko-Leon a mis 6/10.
Annotation :
Éric Aubrahn.
Alan Wake.
Un comédien va-il livrer une meilleure interprétation s'il parvient à s'identifier à son personnage?
Vaste débat (vous avez trois heures); toujours est-il que lors d'une des rares interviews disponibles sur le comédien Éric Aubrahn (et malheureusement introuvable aujourd'hui), l'intéressé exprimait sa sympathie envers son rôle d'Alan Wake, étant lui même auteur et confronté donc au monde tortueux de l'écriture dans son propre vécu. Il n'y a peut être pas là matière à corrélation mais toujours est-il que dans les faits, la narration de l'écrivain s'avère particulièrement convaincante dans sa version française, Éric Aubrahn livrant de nombreux monologues tourmentés sur le rapport conflictuel du personnage à sa création, tant sur le plan symbolique que littéral.
Si je ne suis pas le premier fan de l'écriture de Sam Lake à partir de cette création du studio Remedy, je dois avouer être encore moins convaincu par ce récit dans sa version originale où j'ai abandonné l'idée de faire le jeu en anglais au bout de quelques chapitres pour privilégier à nouveau l'interprète français de l'écrivain littéralement maudit. Il faut dire que le studio a opéré un choix curieux et assez inhabituel au sein de l'industrie en dissociant l'incarnation d'Alan Wake en deux interprètes : le comédien Ilkka Villi pour l'apparence de l'écrivain et l'acteur Matthew Porretta pour le doublage du personnage, car oui c'est bien de doublage dont il est question dans la version originale, mettant ainsi en quelque sorte Porretta et Aubrahn sur un pied d'égalité dans leur interprétation et avec donc, vous l'aurez compris, une nette préférence de ma part pour notre Alan Wake français. Il faut dire que Matthew Porretta n'était pas forcément rompu à l'exercice du doublage puisqu'il était surtout connu, entre autres, pour être le premier acteur principal de la série...Les Nouvelles Aventures de Robin des Bois, l'un des innombrables nanars télévisuels qui ponctuaient la trilogie du Samedi Soir de M6 (ça ne parlera pas aux plus jeunes).
Tout ce beau monde se retrouvera de manière presque inespérée 13 ans plus tard pour le périple alambiqué et nombriliste d'Alan Wake 2, offrant notamment de nombreuses séquences en Live Action, pourtant toujours doublées par Porretta, même en version originale. Éric Aubrahn semble lui même un peu plus perdu dans tout ce bordel métaphorique mais c'était néanmoins un plaisir de le retrouver sur le personnage, après une telle attente.
Red Dead Redemption (2010)
Sortie : 21 mai 2010 (France). Action-Aventure
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360, PlayStation 4, Nintendo Switch, PlayStation 5, PC, Xbox Series X/S, Nintendo Switch 2, Android, iPhone, iPad
Ginko-Leon a mis 9/10.
Annotation :
Rob Wiethoff.
John Marston.
Il s'agit sans nul doute du choix le plus difficile que j'ai eu à faire dans le cadre de cette liste entre présenter le héros de ce premier Red Dead Redemption ou privilégier Arthur Morgan, incarné brillamment par le comédien Roger Clark dans sa suite/ préquelle tout aussi mémorable, si ce n'est plus. Néanmoins, j'espère que ce dernier a été déjà largement célébré au sein de l'industrie, et ce pour d'excellentes raisons, et j'avais davantage envie de m'attarder sur la personne plus méconnue de Rob Wiethoff et son parcours de vie atypique par rapport à certains de ses confrères, mentionnés dans cette liste et pour la plupart toujours des comédiens actifs aujourd'hui. Alors que le rôle de John Marston aurait normalement dû lui ouvrir de nouvelles voies dans sa carrière, le comédien a décidé de tourner le dos à la célébrité et d'interrompre sa carrière pour privilégier sa vie familiale ; en un sens, il y a une similitude assez troublante avec le parcours de son propre personnage dans le récit de Red Dead Redemption et la frontière entre fiction et réalité s'étiole quelque peu en voyant l'acteur fermier à son tour, au cours d'un reportage franchement touchant qui revenait sur cette décision atypique de la part du comédien.
Si nous savons aujourd'hui que cette retraite ne sera pas totalement définitive, le comédien étant revenu pour incarner à nouveau son rôle emblématique dans Red Dead Redemption 2, il semble néanmoins avoir fait une exception notable pour Rockstar et s'être tenu à ce choix de vie plus apaisé durant les dernières décennies. Son implication dans Red Dead 2 devait apparemment être plus minimaliste avant que Rockstar ne décide d'accorder davantage d'importance à ce personnage culte dans le récit du préquel. Puisqu'il s'agit également d'un rôle réalisé en Performance Capture, et non seulement en doublage, il est amusant de constater à quel point la gestuelle du comédien est similaire à celle de son personnage, surtout après des centaines d'heures passées dans les contrées de ce Western revisité. De nombreux comédiens évoquent souvent la nécessité de se dissocier émotionnellement du rôle à l'écran, pour ne pas se faire engloutir par les sentiments du personnage, mais je crois pouvoir affirmer qu'il s'agit bien là d'un cas contraire, où la réalité s'est entremêlée avec la fiction ; une curieuse alchimie portée par cette voix mémorable que nous connaissons tous aujourd'hui.
https://www.youtube.com/watch?v=_NuYx8oP_S8
Portal 2 (2011)
Sortie : 19 avril 2011. Réflexion, Plateforme, FPS
Jeu sur PC, PlayStation 3, Xbox 360, Mac, Linux, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2
Ginko-Leon a mis 9/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Guillaume Lebon.
Wheatley.
Une voix qui m'est rapidement venue en tête en songeant à l'élaboration de cette liste car le comédien a fait parti des premiers noms que j'ai connu par rapport au doublage du jeu vidéo tant son interprétation dans le cadre de ce Portal 2 avait marqué les esprits en son temps. Si la voix d'Ellen McLain pour Glados en VO est culte pour d'excellentes raisons, j'avais néanmoins davantage envie de mettre en évidence le travail de Guillaume Lebon sur le très sympathique Wheatley, personnage central de ce second opus. Si l'ensemble du récit s'éloigne quelque peu de la tonalité inquiétante du premier opus pour adopter un ton plus surréaliste, plus proche d'un film d'animation de Pixar, Wheatley fait tout de même parti des réussites rarement contestées de cette suite et la voix de Guillaume Lebon n'est pas étrangère à l'attachement que suscite encore ce personnage aujourd'hui; une performance loin d'être négligeable dans un jeu qui fait toujours le pari d'une narration relativement sobre où seules trois voix vont accompagner le joueur durant l'intégralité de son périple dans les entrailles d'Aperture Sciences.
Wheatley est évidemment marqué par son design extrêmement minimaliste, et pourtant étonnamment expressif, et la voix véhicule ainsi en grande partie la riche palette d'émotions du personnage : son manque d'assurance, son sentiment d'infériorité par rapport à Glados et son enthousiasme très enfantin. Un personnage très humanisé en somme, jusque dans ses défauts, pour une figure robotique et qui évoluera de manière inattendue au fil du récit (si vous ne savez pas de quoi je parle, je ne sais pas ce que vous faîtes encore sur SensCritique au lieu d'aller jouer à Portal 2! :p). Guillaume Lebon accompagne avec brio toutes les multiples variations du personnage, aussi immature qu'attachant, et dont les crises de panique ou de susceptibilité sont encore gravées dans les mémoires. Notons que la version française bénéficie également d'une solide traduction adaptant certaines répliques à notre contexte national tandis qu'une séquence hilarante introduit l'usage du québecois pour un ressort comique. Glados s'était clairement fait voler la vedette par Wheatley dans Portal 2 mais j'ai même envie de dire que c'était bien Guillaume Lebon qui avait tiré son épingle du jeu, en définitive.
https://www.youtube.com/watch?v=e16523Ugs4M
Deus Ex: Human Revolution (2011)
Sortie : 26 août 2011 (France). RPG, FPS, Infiltration
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360, Xbox One, PC, Mac
Ginko-Leon a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et l'a mis en envie.
Annotation :
Elias Toufexis.
Adam Jensen.
De toutes les licences qui se sont efforcées de concilier l'exigeance de leur formule initiale avec une accessibilité au plus grand nombre, Human Revolution propose probablement l'un des compromis les plus réussis entre cette facilité de prise de main et une richesse non reniée en conséquence. A ce titre, Adam Jensen est également devenu un des protagonistes célèbres du RPG occidental et plus globalement de l'univers cyberpunk en incarnant directement le dilemme lié aux augmentations mécaniques alors que le héros infortuné doit désormais endurer un corps en métal pour poursuivre sa quête de vérité. Il est à nouveau question d'équilibre en l’occurrence puisque Jensen est un héros avec un passif clairement plus développé que d'autres protagonistes de jeux de rôle, habituellement plus enclins à être des coquilles vides pour ne pas empiéter sur le sentiment d'appréciation personnel du joueur ; et dans le même temps, Human Revolution offre pourtant une véritable liberté d'action dans la résolution des quêtes et des conflits moraux qui parsèment le récit, accordant autant la possibilité de finir l'aventure sans ôter la moindre vie que de laisser une montagne de cadavres dans son sillage.
Difficile dès lors de trouver le ton juste entre un personnage autant enclin à la conciliation qu'à la barbarie selon les actions du joueur mais Elias Toufexis trouve pourtant le juste milieu avec un détachement suffisant pour analyser posément la situation mais une présence suffisamment marquée pour ne pas donner l'impression d'incarner un cyborg déshumanisé pour autant. Il n'est d'ailleurs pas exagéré de dire que la voix de Toufexis est devenue culte dès le premier trailer mémorable d'Human Revolution en CGI où sa voix grave interpellait déjà une génération de joueurs avant même d'avoir la possibilité de l'incarner directement. Mieux encore, le Voice Actor est peut être le seul de cette liste à être désormais indissociable d'un Meme avec le fameux "I've never asked for this." L'acteur s'était en tout cas montré très enthousiaste à l'égard de ce personnage qu'il avait retrouvé avec plaisir dans Mankind Divided en assurant également sa Performance Capture. Pour la petite anecdote, il était même prévu que cette suite sorte par un hasard du calendrier en même temps que Far Cry : Primal où Toufexis incarnait également le personnage principal.
https://www.youtube.com/watch?v=WAbrjtFbVQ4
Dishonored (2012)
Sortie : 9 octobre 2012. Action-Aventure, Infiltration
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360, PC
Ginko-Leon a mis 8/10, l'a mis dans ses coups de cœur et a écrit une critique.
Annotation :
Damien Boisseau.
L'Outsider.
Il est coutume de penser qu'un jeu vidéo conçu en France va forcément bénéficier d'une version française et que ce doublage sera forcément plus qualitatif qu'à l'accoutumée, étant donné la nationalité commune avec les développeurs. Si la réalité est tout autre, c'est pourtant bel et bien ce qui caractérise la version française de ce Dishonored qui peut quasiment se targuer d'être le meilleur doublage disponible sur la licence, peut être grâce à la communication plus aisée avec les équipes d'Arkane Studios. Mieux encore, la licence va bénéficier dans sa globalité d'une bien meilleure continuité vocale entre ses différents opus pour son doublage français, là où la version anglaise proposera de nombreux changements de comédiens à l'occasion de Dishonored 2, sans que l'on sache exactement s'ils étaient motivés par des envies artistiques ou des velléités commerciales de faire appel aux Star Talents du moment.
Parmi les multiples protagonistes qui peuplent les ruelles tortueuses de Dunwall, aucun ne m'a autant marqué que la voix doucereuse de l'Outsider, jugeant avec délectation (mais sans pour autant condamner) les actions du joueur au sein du chaos qui menace de submerger la cité. Observateur quasiment omniscient, et dont les intentions demeurent troubles, cette déité semble surtout curieuse de contempler les conséquences des pouvoirs conférés à ces élus, sans chercher à influencer l'attitude de ceux qui portent sa marque. Damien Boisseau incarne à merveille cette figure inquiétante du Diable, véhiculant autant la froide distanciation du personnage par rapport aux violences qui résultent de son culte que le plaisir sardonique qu'il éprouve en constatant les actions du joueur. Une malice qui peut pourtant aussi se muer en admiration face à la volonté inébranlable de Corvo de ne pas faire couler le sang en retour de l'injustice ; à ce titre, la narration de l'Outsider au dénouement du récit en devient même chargée d'émotion. Un très beau personnage pour un bel interprète.
https://www.youtube.com/watch?v=3q3yJVVWigg
The Walking Dead : Saison 1 (2012)
The Walking Dead: Season 1
Sortie : 21 novembre 2012 (France). Aventure, Fiction interactive
Jeu sur PlayStation 3, Xbox 360, PC, PlayStation 4, Xbox One, Mac, PS Vita, Android, iPad, iPhone, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2
Ginko-Leon a mis 9/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Dave Fennoy.
Lee Everett.
Le Zombi était devenu l'ennemi à abattre par excellence dans les jeux vidéos de la génération PS3 / Xbox360 ; cet archétype de l'horreur a souvent été privilégié dans le médium interactif pour une raison simple : la bêtise des morts vivants peut légitimer une IA paresseuse et un manque de réactivité des antagonistes face aux actions du joueur. Alors que les Call Of Duty banalisaient désormais la présence des cadavres marcheurs dans leurs modes multijoueurs et que le Meme "Hey Joe, you wanna play a zombie game?" allait apparaître quelques années plus tard sur Internet, la lassitude commençait à s'installer pour un grand nombre de joueurs sur le traitement simpliste de cette menace apocalyptique alors que d'autres œuvres de fictions embrasaient pleinement la complexité de cette thématique pour confronter l'humanité des vivants à la monstruosité des morts.
Vous voyez sans doute où je veux en venir; alors que le chef d’œuvre de Robert Kirkman poursuivait sa carrière prolifique dans les rayons de comics-books, son adaptation en Point and Click suscitait un certain scepticisme face à l'inexpérience des développeurs dans des jeux narratifs (et à forte connotation dramatique) et un rendu visuel globalement un peu disgracieux. Pourtant, alors que The Last Of Us allait pointer le bout de son nez l'année suivante avec une technique beaucoup plus impressionnante et une écriture de qualité au moins égale (du moins pour ce premier volet), The Walking Dead lui aura damé le pion comme étant le premier jeu de zombies à apporter un regard sobre et intimiste sur cette vision de la fin du monde, offrant au joueur des dilemmes poignants et un sentiment de vulnérabilité jusqu'à alors inédit dans le médium interactif. Si la présence de la petite fille Clémentine aura évidemment marquée les esprits par la fin de son innocence face à un monde qui ne reviendra jamais à la normale (le récit est notamment poignant sur ce déni qui s'étiole peu à peu), il faut tout de même rappeler le choix intéressant et audacieux du protagoniste jouable : Lee Everett, un criminel repenti, condamné pour homicide involontaire, et qui trouve paradoxalement dans cette fin du monde la chance d'une nouvelle vie. Une émancipation salutaire par rapport à la figure du shérif du comic-book originel et qui offre au joueur un protagoniste intéressant face à la complexité du passif imposé; une violence intériorisée incarnée brillamment par l'acteur Dave Fennoy.
BioShock Infinite (2013)
Sortie : 26 mars 2013. FPS, Action-Aventure
Jeu sur PC, PlayStation 3, PlayStation 4, Xbox One, Xbox 360, Mac, Linux, Nintendo Switch, Nintendo Switch 2
Ginko-Leon a mis 9/10, l'a mis dans ses coups de cœur, l'a mis en envie et a écrit une critique.
Annotation :
Guillaume Orsat.
Booker DeWitt.
Certains genres du jeu vidéo sont davantage propices à l'appréciation des doublages que d'autres. S'il est par exemple assez facile de lire les sous titres durant les dialogues souvent posés et minimalistes d'un RPG, cette lecture peut parfois occasionner une rupture d'immersion dans le cadre d'un FPS où l'action est généralement ininterrompue durant les déplacements du joueur et que ce dernier doit donc être à la fois attentif aux évènements en cours, à la configuration du décor autour de lui et également aux répliques de ses interlocuteurs. Un tiraillement dans l'attention du public qui n'est pas forcément problématique si le décor s'avère assez sobre en détails et les dialogues avec un rythme plus contemplatif mais nous savons tous que les FPS privilégient au contraire des actions spectaculaires et des univers foisonnants visuellement. Pour toutes ces raisons, j'ai toujours été très appréciateur de l'effort fourni sur les versions françaises dans le cadre des FPS et j'ai déjà mentionné à maintes reprises mon affection en ce sens pour le doublage du premier Bioshock, un de mes jeux préférés.
J'avais envie de mentionner pour intégrer plus concrètement cette saga dans le cadre de cette liste la réussite d'un autre doublage, en la personne de Guillaume Orsat pour le rôle de Booker DeWitt, le protagoniste cynique de Bioshock Infinite. Si le rôle était assuré par, devinez qui, Troy Baker dans la version originale (encore lui, décidément), Guillaume Orsat confère à ce personnage un âge bien plus avancé et une acerbité plus marquée dans son intonation; une accentuation propice pour le différencier d'un autre personnage majeur d'Infinite, en la personne d'Elizabeth, incarnée en version française par Kelly Marot. Pour la petite anecdote, le jeu fait parti des rares doublages français à avoir bénéficié d'une bande rythmo pour assurer la synchronisation des voix avec les cinématiques ; une technique généralisée pour le doublage de films et de séries télévisées mais un fait rarissime dans le cadre du jeu vidéo où les répliques sont d'ordinaire enregistrées sans support visuel, avec simplement la référence de la version originelle à l'audio. L'une des raisons peut être pour laquelle le doublage de Bioshock Infinite a également marqué les esprits par son excellence.
https://youtu.be/MNIdou2cNAM?t=4725
The Last of Us (2013)
Sortie : 14 juin 2013. Action-Aventure, Survival horror
Jeu sur PlayStation 3
Ginko-Leon a mis 10/10 et l'a mis dans ses coups de cœur.
Annotation :
Ashley Johnson.
Ellie.
Si vous avez sans doute devinés que j'ai beaucoup d'affection pour le doublage français de plusieurs jeux vidéos (alors que les versions françaises n'ont pas toujours bonne presse auprès des joueurs réguliers), il y a pourtant des titres où je suis incapable de me dissocier de la version originelle, même en étant pourtant pleinement conscient de la qualité du doublage proposé dans notre langue. Qu'il s'agisse d'un contexte géographique trop marqué pour que l'immersion puisse opérer en version française, d'une qualité d'interprétation inégalable dans les autres doublages ou simplement d'une étrange alchimie de la VO qu'aucune VF ne peut réitérer avec les moyens qui lui sont alloué, j'ignore la raison exacte de ce ressenti mais The Last Of Us a basculé instantanément dans cette catégorie. Pourtant et c'est bien le premier paradoxe de la chose, nous retrouvons encore Troy Baker dans le rôle de Joël mais force est de constater qu'il s'agit d'une de ses rares interprétations où sa voix est méconnaissable et où il parvient à être particulièrement convaincant sur un rôle pourtant bien plus âgé que le comédien réel.
Mais c'est clairement l'interprétation d'Ashley Johnson qui a eu immédiatement ma préférence et dont je n'ai jamais réussi à me passer durant mes nombreuses parties de ce premier Last Of Us. Une espèce d'évidence immédiate où j'avais réellement le sentiment d'écouter une jeune adolescente curieuse du monde d'avant et pourtant déjà résignée à affronter la cruauté de leur quotidien d'aujourd'hui sans oser encore espérer à un meilleur lendemain. Nous commencions également à arriver à l'époque où la Performance Capture se banalisait dans l'industrie du jeu vidéo permettant d'enregistrer à la fois la gestuelle et le doublage du comédien, peut-être la raison de cette soudaine efficacité dans l'interprétation, sans même parler évidemment du contenu narratif qui amenait bien davantage les comédiens dans leurs derniers retranchements, en matière d'intensité émotionnelle.
La comédienne est malheureusement assez rare en jeu vidéo mais elle a fait une apparition notable en incarnant la mère d'Ellie dans l'adaptation télévisuelle de la franchise. Espérons néanmoins qu'elle trouvera un autre rôle à la hauteur de son immense talent, même si elle ne serait pas la première comédienne à être un peu enfermée dans son choix des possibles par l'impact retentissant d'un précédent rôle auprès du public.

































