White Trash movies
La version ciné de la liste dédiées aux séries WT : http://www.senscritique.com/liste/White_Trash_sitcoms/811289
On se rend vite compte qu'autant les sitcoms se servent du cadre white trash pour en faire des comédies, autant le cinéma s'en empare pour pondre des bijoux de noirceur.
On perçoit aussi une évolution de l'expression de l'american dream : jusqu'à la fin des années 80 cela reste l'happy end que l'on vend pour faire tenir les galériens, puis il est renié et passé au hachoir, et dernièrement il resurgit comme un mal nécessaire.
Autre surprise, le sujet inspire de très bons films, leur proportion par rapport aux bouses est assez phénoménal. A croire que quand l'Amérique veut parler de sa classe populaire elle s'applique.
Alors attention hein, dans cette liste ce que je cherche ce sont des "vrais" white trash comme personnages centraux et dans l'environnement qui est le leur : rednecks, hillbillies, okies, working class heroes, bikers, hippies, grunges, skaters etc. Tant qu'ils sont dans la merde sur plusieurs générations ça me va. Je limite au maximum les films qui ne parlent pas véritablement des white trash et de leur condition, les films d'horreur mettant en scène un bouseux tortionnaire ça ne m’intéresse pas des masse. Donc du coup ça évite les films de genre merdiques qui n'apportent rien à la réflexion, comme les séries B à la Pig Hunt.
PS: Petit glossaire de l'argot tournant autour des white trash ci dessous... (attention ironie et second degré inside)
On y découvre l'incroyable richesse de termes relatifs aux ploucs, prolos etc. Et ça aide à comprendre certains termes spécifiés dans les descriptions.
White trash (WT) : littéralement "raclure blanche", terme vieux de bientôt 200 ans, inventé par les afro américains pour décrire les blancs pauvres et racistes du Sud. Très vite employé par les blancs bourgeois pour décrire la même population considérée "entre l'esclave et la bête, sans en avoir aucune des qualités" car improductive à leurs yeux. Aujourd'hui un terme générique pour classifier toutes les subcultures blanches et pauvres : racistes, alcooliques, toxicomanes, incultes, violents, faignants etc. Une extension de ce terme s'applique aux classes moyennes voire supérieures des coins paumés qui ont la réputation de ne pas évoluer, comme les bumpkins ou les gens de l'Alaska qui vivent très bien mais de façon très proche de la nature en conservant les attributs WT (chemise à carreau, culte du flingue etc). Avec l'avènement de la punk music jusque dans le heavy metal devenant alors trash metal, un white trash peut être un jeune (ou moins jeune) qui a grandi dans un environnement favorisé mais est devenu trash à cause de ses goûts musicaux plus ou moins porteurs d'une atitude anrchiste. Enfin de part leurs comportements portés sur la toxicomanie, une sexualité débridée le tout enrobé d'une bêtise inculte grotesque, certains membres de la haute société peuvent être considérés comme white trash. Par exemple il est correct de dire : Paris Hilton is quite a slutty piece of white trash.
Au final le WT est divers et, pour le pire et le meilleurs, constitue un des plus grand pan de la culture américaine.
Bum : sans domicile fixe vivant de mendicité et d'arnaques plus ou moins violentes et change donc de ville assez fréquemment
Bumpkin : originellement un white trash de Portsmouth une petite ville paumée du Hampshire, plus généralement utilisé pour tout white trash vivant dans une petite ville perdue
Beat : vagabond se servant des trains de marchandise pour voyager aux frais de la princesse, aussi utilisé pour définir la pulsation rythmique d'un morceau de jazz.
Beatnik : contraction de beat et de sputnik, célèbre satellite russe, qui a été faite pour faire croire que les communauté beat étaient communistes et qu'il fallait donc les chasser. Terme péjoratif que des auteurs comme Kerouac rejetaient, mais qui a quand même été reprit par la beat generation que des auteurs comme lui, Caen, Ginsberg, Holmes, Burroughs et bien d'autres avaient inspiré.
Cletus : vieux prénom servant à traiter de plouc une personne en particulier.
Cook : "cuisinier" doué dans l'art de fabriquer des méthamphétamines ou de crever dans d'atroces souffrance en faisant exploser sa caravane.
Cowboy : white trash farmer texan qui grâce à la cristallisation de sa virilité offre un support rêvé pour la description d'une homosexualité refoulée.
Cracker : le redneck qui était en charge de mener les esclaves, utilisé pour les blancs racistes qui sont supérieurs hiérarchique dans une entreprise employant des afros américains
Dude : surnom générique asexué que l'on donne à une personne que l'on aime bien, extrêmement employé par les stoners, les potheads, les skaters, surfers et fans du Big Lebowsky.
Emo (féminin) : gamine le plus souvent white trash entre 16 et 18 ans (ou plus si elle est vraiment attardée) qui écoute du softcore (hardcore/punkrock pour midinette), se la pète avec des fringues entre la mode punk et gothique qui se seraient fait calibrer par les designers d'hello kitty. En général elle a la conscience politique d'un bulot mort et un QI suffisamment bas pour accepter de se faire sauter par n'importe quel blaireau qui lui dit qu'il est musicien dans un groupe underground.
Emo (masculin) : gamin qui s'habille comme les filles emo et se shoote à Twilight en croyant que ça va l'aider à les sauter, alors qu'il lui suffit d'arrêter de se laver et d'apprendre à jouer vaguement d'un instrument. Étrangement l'emo masculin croit aussi que la coupe que portait Justin Bieber quand il avait douze ans est non seulement toujours à la mode mais qu'elle représente une sensibilité sombre et profonde.
Frump : femelle du grunge ou plus généralement une femme qui ne prête aucune attention à son apparence.
Frumpadump : se débarrasser d'une frump après s'être réveillé dans le même lit à cause d'une biture sévère. Implique une sexualité honteuse.
Goth (féminin) : contraction de gothique, emo qui a gagné en maturité, en culture et en radicalité vestimentaire et qui écoute moins de merde. Toujours baisable en lui disant qu'on est un musicien underground, à condition de vraiment l'être et de correspondre à ses goûts musicaux, ce qui est moins évident. Etre poète dépressif ou auteur de science fiction est aussi un bon moyen d'y parvenir. Cependant le coït peut s'avérer douloureux.
Goth (masculin) : même principe que l'emo masculin mais qui a dut évoluer pour correspondre aux goûts plus sélectifs de la goth.
Grunge : white trash du début des années 90 apparu dans la région de Seattle. Le grunge était dépressif, toxicomane, sapé comme un sac, mais amateur de bonne musique. On prétend qu'il a disparu comme le style musical du même nom juste après que MTV ait inspiré aux hipsters de porter des chemise à carreaux parce que Curt Cobain était cool. En fait il s'est juste fondu dans la masse pour qu'on arrête de le faire chier.
Hick : contraction de hilljack, moins spécifique car nommant tous les ploucs du Midwest voire tous les ploucs, comme redneck
Hillbillies : ploucs des Appalaches, utilisé plus généralement pour tout redneck vivant dans un coin ultra isolé.
Hilljack : ploucs du Sud du Midwest (Ohio du Sud, Kentucky du Nord, Pennsylvanie de l'Ouest, et Virgine de l'Ouest )
Hippie : vient du mot hipster et a été utilisé par les afros américains du Bronx pour parler des beatniks qui se sont installé dans Greenwich village. Ils étaient les seuls blancs à pouvoir passer dans le Bronx sans avoir de problèmes en raison d'un appel des Black Panthers en 68 conviant la communauté afro américaine locale à les laisser en paix, menaçant même ceux qui les emmerderaient à venir personnellement s'occuper d'eux. Les hippies étaient issus des white trash mais aussi de n'importe quelle couche de la société, mais leur mode de vie décroissant faisait d'eux de WT pour les blancs conservateurs fortunés. Ils partageaient donc les mêmes ennemis et étant anti racistes, non violents et pourtant révolutionnaires les hippies s'étaient vite fait des amis dans la communauté noire, quelques uns sont même devenus des Black Panthers, et vice versa.
Hipster : autrefois utilisé pour définir les personnes véritablement anti conformistes qui avaient quelque chose à dire, aujourd'hui limité aux petits bourgeois qui reprennent certains aspects white trash (barbe de bucheron, chemise de flanelle à carreaux...) et se passionnent pour des groupes de musique aussi obscurs que merdiques afin de faire croire qu'ils sont underground, le tout en arborant un égocentrique et méprisant complexe de supériorité. Se reconnait aussi parce qu'il est à la fois assez intelligent pour savoir qu'il est un hipster et assez lâche et hypocrite pour prétendre ne pas en être un.
Hobo : sans domicile fixe qui voyage beaucoup de petits boulots en petits boulots.
Honkies : originellement utilisé pour décrire les prolos issus de l'immigration hongroise, polonaise et bohémienne, ensuite utilisé par les afros américains pour parler des blancs qui klaxonnaient pour faire venir à leur voiture les prostituées, l'habitude se perdant il n'y a que les sans gène qui continuent de le faire, c'est à dire des white trash qui ont besoin d'aller aux putes pour avoir une vie sexuelle.
Inbred : attardé congénital du à un abus de consanguinité
Klunker : voiture pourrie, tacot, véhicule destiné à finir entre les mains d'un plouc ou d'un prolo si la décharge n'en veut même pas.
Okies : ploucs de l'Oklahoma et du Kansas, utilisé plus généralement pour tous les habitants de l'Oklahoma.
Pothead : ancien stoner qui est passé de quelques joints par jour à quelques joints par heure. A la réputation de réagir à une stimulation avec un délais de 24 heures minimum, quand il réagit. Exception faite d'une proposition à fumer un pétard.
Punk : le punk américain se différencie de l'anglais par ses fringues moins tape à l’œil et la musique qu'il écoute incluant de bons guitaristes (exception faite des Toy Dolls). Là bas le punk rock est né avec les Stooges et est mort assassiné par Blink 182, ce qui laisse une fenêtre plus large qu'en Angleterre où il est né et mort grâce / à cause des Sex Pistols.
Redneck : plouc sudiste, plus généralement utilisé pour tous les ploucs
Skater : au départ un jeune white trash monté sur roulettes, vite ouvert aux jeunes de classe moyenne ou aisée à qui on a vendu cette subculture.
Skank : jeune femme white trash vulgaire et désagréable dont la vertu est aussi faible que l'hygiène.
Slut : femme agissant sexuellement comme un homme... très représentée dans la société white trash car il n'y a pas grand chose à faire d'autre à part devenir alcoolique (ce qui va bien ensemble), mais ce comportement ne se limite pas aux lower class ni à la couleur de la peau.
Straight edge : punk qui a décidé d'arrêter de se défoncer et qui fait chier tout le monde avec ça.
Stoner : fumeur de cannabis régulier, pas très futé mais inoffensif.
Trailer trash : white trash vivant dans une caravane ou un mobile home
Tramp : sans domicile fixe qui s'est relativement sédentarisé dans une ville en particulier, ou bien une femme particulièrement vulgaire et de peu de vertu qui couche pour obtenir ce qu'elle veut.
Wigger : contraction de white et negger (nègre en argot), utilisé par les afros américains pour parler des blancs des suburbs qui épousent les signes distinctifs de la culture noire
Yokel : un redneck en plus péjoratif, souvent associé à la consanguinité, la zoophilie etc
1% : bikers réellement white trash
73 films
créée il y a environ 11 ans · modifiée il y a environ 11 ansLe Kid (1921)
The Kid
52 min. Sortie : 10 juillet 2019 (France). Comédie dramatique, Muet
Film de Charlie Chaplin
doppler a mis 9/10.
Annotation :
Ce monument historique est par chance en tête de liste puisque le plus ancien film de cette catégorie. Une chance parce qu'il dégage très exactement ce que l'on découvre au travers la lecture de l'ensemble de tous les autres : une immense compassion à l'égard des plus défavorisés qui malgré les stigmates que la société leur prête sont avant tout des êtres humains et, de par leur condition, ont le cœur sur la main.
Regarder tous les films WT fini par apporter cette conclusion que The Kid magnifie à lui seul.
Des souris et des hommes (1940)
Of Mice and Men
1 h 46 min. Sortie : 18 décembre 1946 (France). Drame
Film de Lewis Milestone
doppler a mis 8/10.
Annotation :
Voilà les protos beats qui arpentent les chemins californiens pour trouver du travail dans une Amérique des années 30, dévastée mais qui y croit encore. Avant d'écrire les raisins de la colère Steinbeck offrait avec des souris et des hommes un état des lieux sincère et désenchanté.
Les Raisins de la colère (1940)
The Grapes of Wrath
2 h 09 min. Sortie : 31 décembre 1947 (France). Drame, Historique, Road movie
Film de John Ford
doppler a mis 8/10.
Annotation :
La frange de la population américaine blanche et pauvre ne date pas d'hier. Récession, survie, espérances bafouées, syndicalisme avorté, condamnation à sa condition jusqu'à la mort, Les Raisins de la Colère forment un des plus connus portraits de la pauvreté blanche américaine, et sans doute le film le moins caricatural et propagandiste de sa génération.
La Route au tabac (1941)
Tobacco Road
1 h 24 min. Sortie : 23 mars 1949 (France). Comédie dramatique
Film de John Ford
doppler a mis 1/10 et a écrit une critique.
Annotation :
Moins connu que To kill the moking bird, The tobacco road n'est est pas moins un pur produit de la volonté quasi évangéliste de faire rentrer dans le droit chemin ces "ploucs consanguins", où à défaut de satisfaire les moqueries bien pensantes des fidèles de l'american dream.
Quand on se penche sur l'histoire de cette oeuvre on découvre qu'Erskine Caldwell qui en est à l'origine est un obsédé du rejet des white trash. Une obsession enseignée par son père, pasteur presbytérien, qui avait fait de la civilisation des barbares du sud sa mission personnelle. Caldwell est à la fois produit par une éducation haineuse dans le plus pur genre "les white trash sont entre l'esclave noir et la bête", et le producteur de cette haine qui ne cessera de se répandre. Une idéologie qui finira par se cristalliser dans des films comme Delivrance et produire une multitude d’œuvres caricaturant le bouseux.
Anecdotiquement on y voit naître la caricature de la skank, bombasse à l'hygiène plus que douteuse et hyper sexuée qui mouille à l'idée de se faire sauter pour obtenir un navet qu'un plouc est en train de manger devant elle, cru, sans avoir à le laver, comme un animal de ferme.
Un an après les raisins de la colère qui pourrait passer pour un engagement social, Ford démontre ici qu'en fait il est un sale ségrégationniste anti white trash.
L'Étang tragique (1941)
Swamp Water
1 h 28 min. Sortie : 23 avril 1948 (France). Drame
Film de Jean Renoir
doppler a mis 7/10.
Annotation :
Ce film est non seulement le premier de Renoir aux Etats Unis, mais aussi le socle de l'esthétique white trash gothic. Pour autant il ne cède pas à la caricature sociale, pas plus qu'il n'analyse en fait les rednecks, et c'est d'autant plus remarquable qu'à l'époque on nageait en pleine haine anti WT. En revanche il offre la sensation d'horreur qui en devient sublime propre au genre qui s'est indéniablement inspiré de cette oeuvre pour construire son esthétique. Sauf qu'ici Renoir le traite par le biais des décors naturels, ces marais géorgiens suffocants mais au combien fascinants.
Un tramway nommé désir (1951)
A Streetcar Named Desire
2 h 02 min. Sortie : 28 mars 1952 (France). Drame
Film de Elia Kazan
doppler a mis 9/10.
Annotation :
Tennessee Williams est un des plus grands auteurs américains et les adaptations de ses romans font parti des meilleures car il s'est engagé à surveiller leur développement pour ne pas être trahi. Son talent et son humanisme sont à louer, il n'est pas le seul à avoir voulu briser la propagande anti WT immonde, mais à mes yeux c'est l'auteur le plus attachant de la bande.
Ici on tombe dans la suintante Nouvelle Orléans où il met en scène l'horreur qu'a vécu sa grand mère. S'il est à ce point capable de dépeindre la société white trash ce n'est pas seulement qu'il en est issu, mais c'est qu'il l'aime et qu'il souffre sincèrement de la voir martyrisée.
La Nuit du chasseur (1955)
The Night of the Hunter
1 h 32 min. Sortie : 11 mai 1956 (France). Drame, Thriller, Film noir
Film de Charles Laughton
Annotation :
Le flingue posé sur la Bible, l'avidité d'un maniaque au milieu de l'effondrement économique américain consécutif du crash de 29. Un Mitchum qui s'abat sur deux enfants de plus en plus orphelins, comme les conneries presbytériennes à la Caldwell se sont abattus sur les WT, enfants malheureux d'une Amérique qui les rejette ou prétend les aimer pour se donner bonne conscience. Amour haineux indissociable à l'image du love and hate tatouée sur deux mains d'un même homme.
Un des "plus grands films de tous les temps" que j'ai raté. Certainement pas une étude des WT tant le symbolisme déborde de ce cadre. A voir pour en avoir le cœur net.
Du silence et des ombres (1962)
To Kill a Mockingbird
2 h 09 min. Sortie : 29 mai 1963 (France). Drame
Film de Robert Mulligan
doppler a mis 1/10.
Annotation :
Cette adaptation du roman Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur (To kill the moking bird de Harper Lee) évoque des notions en seconde lecture diamétralement opposées à son message prétendument démocrate car anti raciste.
Il traite des dérives des white trash sudistes avec tant d’âpreté qu'au final son objectif n'est pas tant la lutte contre la ségrégation vis à vis des noirs que la formation d'une ségrégation à l'encontre des white trash. On est en plein dans cette idée énoncée par les classes blanches supérieures que les WT sont inférieurs aux esclaves "entre le noir et la bête", on n'est pas du tout dans une lutte anti communautariste mais dans la stigmatisation d'une communauté qui dérange parce qu'en apparence elle se contente de sa condition, ce qui est une insulte à l'american dream.
Cette volonté est d'autant plus avérée que le livre a été, et est toujours, une propagande que l'on colle dans la tête des américains dès la plus tendre enfance puisqu'il est quasi imposé dans toutes les écoles primaires.
Aussi cette oeuvre est, malgré le message soit disant anti raciste, une sombre merde uniquement culte en raison de la marque indélébile qu'elle a créé dans la culture américaine.
A voir ou à lire donc, même si cette oeuvre est tout à fait détestable.
Les Désaxés (1961)
The Misfits
2 h 05 min. Sortie : 19 avril 1961 (France). Drame, Romance, Western
Film de John Huston
Annotation :
Une excursion de trois "désaxés" en terre de rednecks à chapeau et lasso, les cowboys qui n'ont guère évolué depuis le 19ème.
J'l'eu vu mais m'en rappelle plus
The Endless Summer (1966)
1 h 35 min. Sortie : 20 septembre 1968 (France). Sport
Documentaire de Bruce Brown
doppler a mis 8/10.
Annotation :
Mike Hynson a grandi dans la lower class qui s'ignore, celle des famille avec un père militaire et une mère au foyer, chahutés au grés des mutations. Sa chance a été d'avoir ainsi pu vivre un temps à Hawaii et finir en Californie, et surtout d'être tombé dans la spirale surf.
Robert August est originaire de la middle class et a pu suivre des études universitaires. Sa chance est d'avoir été élevé par un père qui était un des tous premiers surfers californiens. Quand il rencontre Mike ils deviennent des larrons en foire.
Ce n'est pas une fiction, ni un biopic, c'est juste deux potes qui profitent d'une occasion en or : être payés à faire le tour du monde pendant un an pour tourner ce documentaire à la recherche de la vague parfaite. Ce film comme l'esprit déjanté de Mikey Dora (qu'on aperçoit dans ce film) est un des piliers de la culture surf que les white trash californiens se sont approprié, comme le skate un peu plus tard.
Ce n'est pas un détail anodin car comme on le verra à de nombreuses reprises, glisser, rouler etc est un moyen peu onéreux pour les WT de se sortir de sa condition et de briser ses chaines sociales et mentales. A vrai dire on dirait même que les sports de plein airs sont quasiment la seule option possible si on veut le faire avec une philosophie pacifiste.
On ne parle aucunement des lower class, à ce niveau on n'apprendra absolument rie, mais on verra leur fuite en avant à la recherche d'un bonheur simple et absolu.
Pas un WT amoureux de surf n'a pas vu ce film.
Easy Rider (1969)
1 h 35 min. Sortie : 27 juin 1969 (France). Road movie
Film de Dennis Hopper
doppler a mis 10/10.
Annotation :
LE road movie qui traverse les USA mais aussi toutes les variantes des WT de l'époque. Des bikers aux hippies en passant par les simples paumés, les ploucs ou les flics haineux.
Il n'y a pas plus de scénario qu'il n'y a de grands idéaux dans les lower class américaines. Juste on y va et on verra bien, ce qui, avec les moyens dont on dispose, tournera forcément mal. Mais on s'en fout parce qu'on a la force de la naïveté qui nous protégera bien, hein ? Non ? ... et puis on est américains, on est libres alors le reste : Fuck ya !
Un film d'ambiance qui quelque part résume très bien la philosophie de beaucoup de WT : y'en a pas. Ou plutôt si, mais elle est tellement nihiliste qu'elle se nie elle même au point d'être inexistante. Etre philosophe c'est être, point barre. Ça va peut être pas loin mais c'est toujours mieux que de croire que les conneries d'un BHL vont quelque part.
Bikes, sex, drug and rock n' roll. This is it.
J'ai mit dix pour être raccord : c'est bonnard alors me creuser la tête à savoir si ça vaut un 7 un 8 ou un 9 je m'en contrefout. De toute façon c'est un film à voir défoncé, donc bon...
On achève bien les chevaux (1969)
They Shoot Horses, Don't They?
2 h 09 min. Sortie : 2 septembre 1970 (France). Drame
Film de Sydney Pollack
doppler a mis 9/10.
Annotation :
Porteur du même message que les Raisins de la Colère, On achève bien les chevaux m'a encore plus touché par son symbolisme qui au delà de décrire une réalité historique porte une vision de la condition humaine. Danser sur les ruines de nos sociétés jusqu'à ce que mort s'en suive, tout un symbole.
Un classique parmi les classiques.
Macadam Cowboy (1969)
Midnight Cowboy
1 h 53 min. Sortie : 15 octobre 1969 (France). Drame
Film de John Schlesinger
Annotation :
Malgré des images qui me marquent encore j'ai bien du mal à me souvenir de ce très bon film. Faut que je le revoit pour en tirer quelque chose...
Ce dont je me souvient quand même c'est qu'il est un des très rares films à sortir le cowboy de son contexte pour traiter de la prostitution masculine.
Délivrance (1972)
Deliverance
1 h 50 min. Sortie : 20 septembre 1972 (France). Drame, Aventure, Thriller
Film de John Boorman
doppler a mis 7/10.
Annotation :
Bien plus porté sur les rednecks traditionnels que les white trash contemporains (bien que le terme remonte à 1820) Delivrance démontre largement plus la stigmatisation de ces sociétés par les middle class qui les regarde de haut que leur réalité sociale. C'est un peu le genre de film que j'essaie d'éviter ici, mais bon, quand on parle des lower class déglinguées du Sud c'est un des films les mettant en scène pour en faire des monstres terrifiques qui a le plus marqué les esprits et qui a inspiré tous les autres.
La Balade sauvage (1973)
Badlands
1 h 34 min. Sortie : 4 juin 1975 (France). Road movie, Drame, Policier
Film de Terrence Malick
doppler a mis 8/10.
Annotation :
Entre Bonny and Clide, Lolita et Taxi Driver, une histoire pourtant nullement fictionnelle. Le délire d'un sociopathe bumpkin aussi immature que sanguinaire en pleine fuite en avant interprété par le magistral Martin Sheen, filmé par le titanesque Terence Malick, parfaitement transcrit par une BO cultissime faite de mélodies enfantines et déglinguées.
Culte.
L'Épouvantail (1973)
Scarecrow
1 h 52 min. Sortie : 26 mai 1973 (France). Drame, Road movie
Film de Jerry Schatzberg
Annotation :
Deux déglingos qui se rencontrent en craquant une allumette sur un bord d'autoroute et qui s'associent pour faire un bout de chemin dans une Amérique en plein déclin.
Pas vu
En route pour la gloire (1976)
Bound for Glory
2 h 27 min. Sortie : 25 mai 1977 (France). Drame, Biopic
Film de Hal Ashby
doppler a mis 6/10.
Annotation :
Woody Guthrie est une sorte de prophète white trash, un véritable libertaire humaniste qui ne pouvait accepter la caricature immonde qu'on faisait de sa classe. La guitare sous le bras ce okie a parcouru le pays pour exhorter ses semblables à s'unir pour lutter contre l'exploitation des masses laborieuses. Il est celui qui du coup a révolutionné la musique folk pour en faire un genre politiquement engagé. (Sur sa guitare il avait collé un bout de papier signalant "this machine kills fascism"...)
Guthrie est autant une réalité qu'un mythe et dans ce film malheureusement seul le mythe transparaît. Cependant le mythe est beau et transmet sans aucun doute tout l'amour que les working class ont pour ce chanteur cultissime.
A noter que c'est le premier film de l'histoire à se servir d'une invention qui allait changer la face du cinéma : la steady cam.
Taxi Driver (1976)
1 h 53 min. Sortie : 2 juin 1976 (France). Drame, Policier
Film de Martin Scorsese
doppler a mis 9/10.
Annotation :
Que dire de plus à tout ce qui l'a été au sujet de ce film culte... le prisme d'analyse white trash apporte je crois un détail peu mentionné : c'est un des tous premiers films consacré au WT urbain et contrairement au principe white trash gothique à la Delivrance on ne suit pas des personnages qui se frottent à des dingos mais le dingo lui même. C'est peut-être une raison de plus qui fait que ce film est d'autant plus marquant et novateur.
Desperate Living (1977)
1 h 30 min. Sortie : 27 mai 1977 (États-Unis). Comédie
Film de John Waters
Annotation :
Inconnu au bataillon, en deuxième position des withe trash movie du top 20 d'imdb... faut que je trouve ça.
Rambo (1982)
First Blood
1 h 33 min. Sortie : 2 mars 1983 (France). Action, Drame
Film de Ted Kotcheff
doppler a mis 7/10.
Annotation :
Avant qu'il ne devienne un outil de propagande républicain à la con Rambo se voulait une critique du sort réservé aux vétérans. Nourrie du sang et de la chair à canon des classes laborieuses, l'armée américaine a renvoyé les vétérans à leur sociétés sans se soucier de leur état de traumatisme extrème, se nourrissant des white trash (comme des autres communautés) en leur permettant d'espérer de suivre ensuite des études ou simplement de faire autre chose que loser dans le BTP. Une machine à fabriquer du soldat grâce à l'obscurantisme entretenu chez les plus pauvres, grâce à ce qui génère et maintient les WT dans leur condition : éducation au raz des pâquerettes, propagande manichéenne, abrutissement télévisuel etc. C'est sans doute pour cela qu'à l'instar de Starship Trooper certains enfoirés se sont évertué à transformer ce genre de pamphlet anti militariste pour en faire, avec un cynisme total, un outil d'abrutissement militariste.
On retiendra ce qu'en dit John résumant en une phrase culte cette manipulation d'Etat : "C'était pas ma guerre !"
Rusty James (1983)
Rumble Fish
1 h 34 min. Sortie : 15 février 1984 (France). Drame, Action
Film de Francis Ford Coppola
doppler a mis 9/10.
Annotation :
Urban white trash artistique mais pas que. Un pur film d'ambiance qui cherche à faire ressentir le désœuvrement prolétaire d'une jeunesse pauvre qui se réfugie dans le cool pour croire que sa vie à un intérêt. Et qui me montre que parfois plus j'aime viscéralement un film plus j'ai du mal à le décrire.
Paris, Texas (1984)
2 h 25 min. Sortie : 19 septembre 1984 (France). Drame, Road movie
Film de Wim Wenders
Annotation :
Un de plus à voir, apparemment sur fond 100% bumpkin, ville paumée et habitants à son image.
Down by Law - Sous le coup de la loi (1986)
Down by Law
1 h 46 min. Sortie : 12 novembre 1986 (France). Comédie, Policier, Drame
Film de Jim Jarmusch
doppler l'a mis en envie.
Annotation :
Tiens un Jarmush que j'avais zappé... et en prime en plein dans le sujet.
Faut que je répare ça.
Arizona Junior (1987)
Raising Arizona
1 h 34 min. Sortie : 27 mai 1987 (France). Aventure, Comédie
Film de Joel Coen et Ethan Coen
Annotation :
Pas encore vu mais ça ne saurait tarder.
"The finest white trash movie in screen history", par un des frères Cohen... ça sonne plutôt bien à la base. Bien qu'en 87 y'en avait pas eu trente mille non plus.
Vu les critiques c'est pourtant pas gagné, d'autant qu'avec Nicolas Cage à l'affiche y'a comme toujours une chance sur trois que ce soit un bon film, et deux sur trois que ce soit une grosse merde.
Over the Top - Le Bras de fer (1987)
Over the Top
1 h 33 min. Sortie : 8 avril 1987 (France). Action, Drame, Sport
Film de Menahem Golan
doppler a mis 2/10.
Annotation :
Le film WT c'est aussi ça : de la daube absolue. On peut clairement se passer de voir cette sombre merde mais elle est symptomatique des clichés portés sur les lower class. Gros camions, gros muscles, mauvais goût, débilité inculte... mais Hollywood des années 80 ne peut pas s'empêcher de continuer de diffuser la propagande du rêve américain sensé être seul capable de sortir les ploucs de leur condition merdique, sans toutefois rien y changer car il faut que les bouseux restent à leur place : dans un gros camion tout neuf et bling bling, mais dans un gros camion tout de même.
Mississippi Burning (1988)
2 h 08 min. Sortie : 29 mars 1989 (France). Policier, Drame, Historique
Film de Alan Parker
doppler a mis 8/10.
Annotation :
A l'instar d'autres films Mississipi Burning ne décrit pas tant les condition de vie des white trash / rednecks que des conséquences de leur mode de vie. Il est cependant très notable dans cette liste car c'est un des rares qui se focalise sur l'origine WT la plus historique qui soit. Permettant de rappeler que le terme a été inventé par les descendants d'esclaves devenus afro américains confrontés au racisme sudiste de ces blancs presque aussi pauvres qu'eux et tout autant esclaves d'un système qui les confine à leur poste de bouseux.
Dans un climat de rejet total de l'apothéose de la lutte des droits civiques qui concrétise le combat des noirs américains pour faire évoluer la société, Alan Parker signe un de ses meilleurs films. Moins stylisé que Birdy, Angel Heart, The Wall ou Midnight Express, Mississipi Burning conserve quand même sa signature artistique particulière d'avant qu'il ne s'égare.
Twin Peaks - Les 7 derniers jours de Laura Palmer (1992)
Twin Peaks: Fire Walk with Me
2 h 15 min. Sortie : 3 juin 1992. Fantastique, Épouvante-Horreur, Policier
Film de David Lynch
doppler a mis 9/10.
Annotation :
Bumpkin film sous acide, oeuvre culte est parfois lourdingue (ptain mais arrête David avec tes nains qui parlent à l'envers, c'est bon a pigé...) à la fois totalement onirique, déglingué et hyper réaliste (ben oui, en fait on est dans la vision de personnages défoncés H24, le film n'est que la représentation la plus réelle possible de leur bad trip).
Dès les premières minutes on est catapulté dans un univers WT(F) que seuls les psychotropes peuvent enjoliver, expliquant pourquoi la toxicomanie est à ce point ancrée dans les middle / lower class et comment elle les condamne irrémédiablement.
Des souris et des hommes (1992)
Of Mice and Men
1 h 55 min. Sortie : 2 octobre 1992 (France). Drame
Film de Gary Sinise
Annotation :
Remake de l'adaptation de 39.
Bad Lieutenant (1992)
1 h 36 min. Sortie : 10 mars 1993 (France). Policier, Film noir
Film de Abel Ferrara
doppler a mis 8/10.
Annotation :
Les flics aussi peuvent être des white trash, et pas les derniers de la bande... avec un réalisateur à l'époque aussi camé que son acteur principal on se retrouve avec deux fous furieux en roue libre, de la pire bassesse humaine à la rédemption.
Clerks - Les Employés modèles (1994)
Clerks
1 h 32 min. Sortie : 9 novembre 1994 (France). Comédie, Drame
Film de Kevin Smith
doppler a mis 7/10.
Annotation :
Autant que les personnages et leur environnement, la méthode de tournage (plans fixes, noir et blanc, lenteur) contribue à distiller une ambiance WT lourde et désespérante. Pourtant c'est une comédie.
Le pitch aussi y contribue tant il est dénué d'intérêt : deux potes discutent de tout et de rien, quand tout à coup... suspense... ils passent une journée vraiment plus merdique que les autres.
C'est un film maladroit mais sincère et souvent drôle.
Un film aussi fauché que les personnages qu'il capture.
A noter : première apparition des personnages Jay & Silent Bob.
Voilà, y'a pas grand chose d'autre à en dire, bien qu'il soit assez culte.
Mais c'est peut-être aussi pour ça qu'il l'est.

































