11% nous plonge dans une dystopie aux teintes particulières, qui intriguent, qui donnent envie de l'explorer. Une utopie féministe qui aurait peu à peu dérivé en un enfer pire encore que le monde d'avant. Un récit qui nous présente des portes narratives, sans les ouvrir, sur 400 pages, et qui décidera de ne jamais soulever de question sur l'univers, ou sur les objectifs des personnages.
L'histoire se focalise sur le passé de ses quatre protagonistes, parfois passionnant, parfois dénué de réel intérêt, et qui semble planter le cadre d'un conflit qui les opposera sur la fin de l'ouvrage. Conflit qui sera balayé en quelques dizaines de pages et qui ne donnera aucune réponse satisfaisante à tout ce qui a été introduit jusque là.
Ces quatres femmes, bien que marquées par des vies difficiles, parfois très en marge de la société dans laquelle elles évoluent, sont pourtant très superficielles dans les motivations qui les animent. De plus, leur statut de marginales, dominées, ou de dominante dans le cas de Wikka, ne sera jamais vraiment présenté comme tel. Ces rapports de dominations se ressentent dans le texte, mais le fonctionnement général de cette société ne sera jamais évoqué. Nous ne savons pas pourquoi, ou comment les rapports sociaux se structurent, quelles sont les lois qui régissent cet univers pourtant très coercitif et ségrégationniste.
Qui sont ces femmes en robe de velours rouge ? Qui gère les centres ? Pourquoi Médée ne s'inquiète pas de la disparition des sorcières ?
Mais encore : qu'est ce qui justifie que l'enfant tue cette couleuvre ? Acte qui va contraindre les protagonistes à prendre une décision qui va à l'encontre de toutes leurs prises de position, et qui les fait rentrer dans le rang d'une société qui les oppresse, alors que rien dans l'histoire de l'enfant ne justifiait une telle action.
Le livre aurait sans doute fait une excellente introduction, s'il avait fait 300 pages de moins, et s'il avait donné lieu à une histoire avec un temps soit peu d'enjeux.
Vraiment dommage...