C’est Gérard, de la maison de la presse du Lavandou qui me l’a passé.

Il m’a dit « Tu l’as lu ? » et j’ai dit non. Alors il me l’a mis dans les mains.

Alors je l’ai gardé dans les mains, parce que c’est un petit roman, genre poche et que tu as que 170 pages à lire.

C’est pas beaucoup 170 pages. Mais c’est suffisant.

Pas évident de raconter une histoire qui se tienne en 170 pages toutes petites.

Tout le monde sait pas faire. Dominique Forma, c’est pas tout le monde, je vais pas te mentir.

Le pitch, donc.

Un gardien de parking. Il s’appelle Jamie Asheton. Il est marié à Jackie. Avant, ils s’appelaient pas comme ça. Ils s’appelaient Damian et Eva. Mais il a fait un truc qui l’a obligé à changer de nom, de vie, de tout.

Ça fait onze ans qu’il a la trouille.

Onze ans de trouille, c’est beaucoup. Le jour où une Firebird (tu regarderas sur Wikipédia) s’approche de sa guérite, il pige que c’est fini. Qu’il faut qu’il se casse, avec Jackie.

Alors il part pour Los Angeles. Le livre, c’est ça. La route jusqu’à L. A.

Un truc important.

Jackie, elle l’aime plus.

Voilà.

Tout le long de ta lecture, tu vas garder le pied sur l’accélérateur, comme Jamie.

Tout le long de ce roman, tu vas chercher l’endroit où t’arrêter, enfin, pour être peinard. Tu vas prendre des coups dans la gueule, les balles vont te frôler, de temps en temps, mais comme Jamie, tu vas te relever, parce que t’es pas mort…

Ce roman, ça aurait pu ressembler à ces « road-movies » amerloques, dont tu retiens finalement pas grand-chose quand tu refermes le bouquin, mais c’est pas le cas.

C’est un roman plein.

Rempli.

L’écriture est parfaitement liée à ce qui arrive à Jamie et à Jackie.

Elle avance, vite, parce que c’est le seul moyen de s’en sortir.

C’est pour ça que parfois tu vas être un peu essoufflé.

Pas beaucoup, mais un peu.

Et puis tu vas te rendre compte, au fil des pages, que Dominique Forma te raconte une histoire d’amour, et ça, tu l’auras pas vu venir. Comme Jackie, qui est sûr que Jamie est l’antithèse de celui qu’elle a pu aimer il y a quelques années.

Qu’est-ce qui risque de changer ça ? Tu verras.

C’était pas gagné de raconter une histoire d’amour à travers les pages de ce roman noir.

C’était pas gagné parce que c’est facile de tomber dans le cliché merdique genre que tu connais.

On est à des bornes du cliché merdique.

On est dans l’art du roman court où l’auteur n’a pas le choix.

Il t’emmène ou il te laisse sur le bord de la route.

Monsieur Forma, il m’a emmené, et comme tu me fais confiance, il va t’emmener aussi…

C’est tout ce que j’ai à dire sur ce roman.

Nicolas-Elie
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le 6 févr. 2026

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Nicolas Elie

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