Ce roman raconte les 4 années de voyage de Maspero et Sluban dans les Balkans, entre 1992 et 1996. L’ayant lu par hasard et sans vouloir outrer la nuance de sa singularité, je dirai simplement que le nomadisme des peuples y trouve tout son sens. S’y contemplent autorité, violence et désordre à un moment de l’Histoire décisif dans cette région.
Maspero et Sluban donnent toujours l’impression de troquer un enfer pour un autre, sans pour autant que leur avancé ne soit facile. Dans l’omniprésence des tensions, s’orchestre une véritable fuite en avant où détonnent ennui et survie. Les visions éteintes des clichés en N&B y laissent miroiter dans les mêmes tons blafards communisme déchu et capitalisme déjà outrancier.
Et que dire des carnets de Sarajevo, trésors de spontanéité et de sensibilité, où les secrets se dévoilent enfin. L’autre est plus dangereux, plus raciste, c’est un ennemi impitoyable mais rendu nécessaire. Dans la constance des équilibres instables, si les apartés historiques et l’originalité du trajet hachent la lecture, ce roman pose pourtant les bonnes questions : frontières, échecs d’hier ? Grèce, berceau vite oubliée ? Coexistence, impossible ? L’ennemi, vital ?