Un sans faute pour la Chimère

Avis sur Chimeterre (1) : L'Aurochs rouge

Avatar Fabledheartless
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J'ai eu besoin de pas mal réfléchir à la chronique que j'allais pouvoir publier. Malgré les notes que j'ai pu prendre durant la lecture pour être sûre de ne rien oublier, arrivée devant mon ordinateur je ne savais par quel bout commencer. Je m'excuse par avance si celle‑ci parait décousue, si les points s'enchainent sans être réellement logiques... C'est que cette lecture est de celle qui vous prend aux tripes, qui vous secoue et vous laisse amorphe sur le carreau.
En premier lieu, il est important de souligner que le livre comporte deux cartes de l'univers dépeint par l'auteur. Ces cartes se trouvent être bien utiles dans la mesure où l'intrigue débute in medias res : le lecteur est alors embrigadé à cheval et rencontre un premier groupe de Templiers. Il apprend et expérimente au fur et à mesure de l'histoire, sans explications préalables, seulement lorsque les informations sont nécessaires. Ce procédé peut paraitre risqué, moi je l'ai totalement adoré. L'immersion n'en est que plus probante et l'univers plus plausible. Les descriptions opportunes ne trainent pas en longueur, elles sont nécessaires comme pour toutes œuvres (qui plus est de Fantasy) mais ne sont distillées qu'à bon escient. Le monde est fouillé sans laisser une impression de création. Les intrigue politiques, la composante magique, le bestiaire et autres touches historiques sont divulguées au compte goutte, comme si elles coulaient de source. Le lecteur n'est pas submergé, juste introduit à un univers qui existait avant lui et semble continuer quand il repose le livre. L'auteur joue clairement sur un principe de surprise et n'hésite pas à frustrer les attentes du lecteur. Après avoir plongé ce dernier en scène de combat, après l'avoir catapulté dans un évènement critique, l'auteur décide de changer de chapitre et de groupe suivi. Il délaisse sans vergogne un lecteur haletant et à bout de souffle. Mais son sadisme ne s'arrête pas là : Vincent Gaufreteau est maitre de son intrigue et de ses personnages et il s'amuse à le rappeler au lecteur. J'ai contenu mes larmes avec difficulté puis j'ai soufflé de soulagement. Je me suis enfermée dans l'angoisse pour finalement espérer un dénouement heureux. Les personnages ne sont pas épargnés, les facilités narratives écartées. Les pouvoirs conférés aux Templiers des différents éléments n'en font pas des héros intouchables, leur magie nécessite un effort personnel et présente un risque à encourir. Aegorn et sa dévotion m'ont touchée, les questions quant à sa femme et son fils m'ont bousculée. La maison Louve et la maison Méride m'ont laissée dubitative. J'ai eu la gorge nouée en suivant Membès, mon personnage favori... J'ai souffert avec lui et j'espère encore, au lendemain de la lecture. Ses harangues m'ont transcendée et j'aurais volontiers pris les armes pour me joindre à lui.
Puis vient la question de l'écriture. Une terrible écriture, une écriture qui a touché mon âme dès les premières pages. Une écriture qui m'a causé grande peine pour choisir quelle citation trouverait sa place dans cet article. L'univers est porté par des jeux de mots qui m'ont fait refermer le livre pour en prendre conscience. C'est un point qui peut paraître anodin mais auquel je porte une attention toute particulière. J'aime quand un auteur se joue de la langue française, c'est ce que fait Vincent Gaufreteau. Et il le fait bien. De même, j'ai repéré bon nombre de jeu sur les sonorités, sans doute calculés mais en tous les cas splendides. J'ai pris le temps d'apprécier cette lecture que je n'ai pas cherché à précipiter. Je m'y replongerai très certainement pour saisir les finesses qui m'ont sûrement échappées...

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