Comprendre l'Empire

Avis sur Contes cruels

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Lisant Villiers, les obscures, absconses conversations, aux nuances si ténues, des caractères de Bloy dans «La Femme Pauvre», reviennent tel un écrasant ressac. Car compulser les débats de Bloy sans avoir lu Villiers, Huysmans, et Barbey, c’est comme lire "Mort dans l'après-midi", sans avoir jamais assisté à une corrida.

Villiers le symboliste, qui poursuit Marx et Proudhon par la complexité de son légitimisme et de son catholicisme. Villiers s’insurgeant contre le Progrès technique. Villiers, qui a compris avant l’heure les méfaits qui seront commis en arborant la bannière des Droits de l’Homme.

Villiers, le poëte, immense, monstrueux, portant en lui tous les temps, les espaces, les verbes, jouant de la harpe avec les continuum. Villiers subissant l’Époque, épuisant la contrainte du maintenant, écrivain cosmique.

Le symbolisme, cocon qui transfigure, magnifie, métamorphose le noyau, romantique. Comme la chaleur fait roussir et fondre la gangue de gras qui protège le rognon, nous le retrouvons, lui : L’Amour. L’Amour, qui survole et ombrage, magnifique vautour, toute la littérature du XIXème. L’Amour, spolié, déchiqueté, digéré, remâché, que les fantasques enfants de Villiers, Péguy et Hamsun, enterreront sous la dalle des Horreurs du «progrès» du XXème : «L’Argent» et «La Faim». Qu'avons-nous alors, fats trousse-pets dux XXIème? Le Vice et la Pourriture, à n’en point douter.

«Car je sens alors que je porte dans mon âme les richesses stériles d’un grand nombre de rois oubliés.» V. de l'I. A.

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