Contes de la Merdasse

Avis sur Contes de la Bécasse

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Guy, je t'adore mais tu m'as vraiment déçu sur ce coup-là. Car, en effet, les Contes de la Bécasse est un recueil de nouvelles qui, on en a l'impression, sont les moins tranchantes et les moins intéressantes du maître littéraire en la matière. Et je vais surement m'attirer les foudres de la plupart des lecteurs de Maupassant car apparement il est considéré comme l'un de ses meilleurs ! Alors, grande déception pour moi qui aie été décontenancé conte par conte ! De ces nouvelles publiés dans la période 1882-1883 dans les journaux Gil Blas ainsi que Le Gaulois, seules certaines tirent leur épingle du jeu.

Ainsi, alors que les contes La Folle/Menuet/Farce normande/Pierrot/Un coq chanta sont très (très) décevantes et faibles dans leur chute, seules deux ou trois nouvelles comme Un fils ou Aux champs sont grandement pertinentes. La première aborde les thèmes familiaux de la non-reconnaissance paternelle et de ses dramatiques conséquences. La seconde, elle, s'intéresse à une question que l'on pourrait se poser : Dois-je laisser mon propre enfant aux mains d'une étrangère qui lui garantit une vie accomplie et fastueuse ou dois-je le laisser avec sa vraie famille dans l'agitation et la simplicité (d'une ferme normande) ?

La plupart des contes se déroulent en Normandie, terre d'inspiration de Maupassant. Et ce qui est remarquable et qui est positif dans le recueil est la force de l'évocation de la Normandie et de l'univers avec ces "petits gens" qui la peuplent - décrits comme "malin" et "farceur" - dont l'auteur a été témoin vers la fin du XIXème siècle. C'est en cela, la force et la faiblesse du recueil car en réalité, la description presque clinique d'inspiration naturaliste de la fameuse région prend le pas sur l'histoire parfois molle et sans retournement de situation.

Un recueil de contes parfois ennivrant et beau dans son illustration de la Normandie rurale mais qui est composé de nouvelles pas assez puissantes et dépourvues d'une chute digne du grand Maupassant. (À noter la puissance de la nouvelle En mer qui frappe le lecteur de par la force de son pathos et qui rappèlerait le film 127 heures avec le sacrifice perpétré.)
(Je conseille plutôt Les Contes du jour et de la nuit)

L’aubergiste : « Tout ce que vous ferez pour lui, monsieur, ne servira qu’à le perdre. Il faut le tenir comme un prisonnier. Sitôt qu’il a du temps ou du bien-être, il devient malfaisant. Si vous voulez faire du bien, ça ne manque pas, allez, les enfants abandonnés, mais choisissez-en un qui réponde à votre peine. »
- Un Fils

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