Auteur :

Gustav Caroll
Genre : EssaiDate de publication (pays d'origine) : Parution France : juin 2008

Éditeur :

Anabet
ISBN : 9782352660408

Résumé · L'enjeu est simple : il s'agit de reprendre possession de son corps, de le sauver de l'embrigadement sportif et de son modèle industriel. Vanté par toutes sortes d'experts, le sport est devenu un fléau qui brise les corps. Ceux des champions ou pourquoi pas, des enfants. Il corrompt et bêtifie le reste. Rien ne pousse sur le chiendent des pelouses synthétiques. Avec Pierre de Coubertin, il prétendait rebronzer une jeunesse veule et confinée, dans une ferveur quasi religieuse. Avec ses successeurs, le sport occupe désormais tous les instants et tous les lieux. Son idéologie tient en quelques slogans d'un vide parfait. Sa ruse et sa force servent un but unique et définitif, devenir le spectacle absolu, une compétition désertée de toute signification mais toujours chargée de violence.LE GOÛT DU SANGTout ce que le sport veut, avec la ferveur indifférente d'un bacille, c'est se développer. S'il flirte avec tous les autoritarismes, c'est qu'il partage avec eux une prédilection pour l'ordre et le paternalisme. Il prospère aussi avec le capitalisme, distrait avec la télévision, promet avec les louveteaux. Il excite les obsédés, rassure les pudibonds. Il est imbattable.Gustav Caroll dénonce dans le sport l'un de nos pires tyrans. Mais un homme seul face à une majesté aussi puissante, se doit d'agir avec prudence. Il ne sera donc pas révélé si Caroll est anthropologue ou borgne ou Viennois. Ses sources, en revanche, sont citées et leur rapprochement sera jugé soit inquiétant, soit comique, selon la propre philosophie du lecteur.Extrait du livre :Le sport moderne est apparu sous le jour anodin et estival d'un trompe-l'ennui, imaginé par des aristocrates en pantalons blancs. Un siècle et quelques décennies plus tard, il promet de devenir la principale activité humaine. Longtemps ministère croupion du gouvernement, il ridiculise désormais la politique avec son propre jeu d'influences et de servitudes. C'est une plus grande source de métaphores que la lune, le soleil et la mort.