Pour les adeptes de SF classique...

Avis sur Fahrenheit 451

Avatar Eric17
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« Fahrenheit 451 » fait partie des œuvres marquantes de la science-fiction. Sa première parution date de 1953 et cela ne l’empêche pas d’être encore lu et cité actuellement. J’ai toujours été curieux de le découvrir sans jamais prendre le temps de m’y plonger. Cette erreur a été réparée il y a quelques semaines quand je me suis attaqué la lecture du roman de Ray Bradbury. Le bouquin était édité en poche chez Gallimard. Il m’a coûté un petit peu moins de six euros. La couverture nous offrait un gros plan sur une main. Elle porte un livre attaqué par le feu. La symbolique est forte.

La quatrième de couverture présente le résumé suivant : « 451 degrés Fahrenheit représentent la température à laquelle un livre s’enflamme et se consume. Dans cette société future où la lecture source de questionnement et de réflexion, est considérée comme un acte antisocial, un corps spécial de pompiers est chargé de brûler tous les livres dont la détention est interdite pour le bien collectif. Le pompier Montag se met pourtant à rêver d’un monde différent, qui ne bannirait pas la littérature et l’imaginaire au profit d’un bonheur immédiatement consommable. Il devient dès lors un dangereux criminel, impitoyablement pourchassé par une société qui désavoue son passé. »

« Fahrenheit 451 » est un ouvrage qui se lit aisément. D’une part, il est relativement court. Il se compose d’un petit peu plus de deux cents pages. La police d’écriture n’est pas petite et les interlignes ne sont pas minimaux. D’autre part, le style d’écriture de Bradbury est très simple et conviendra à un grand nombre de lecteurs. L’accent est davantage porté par le fond de la narration que par la forme. La conséquence de ce choix est que ce livre peut se lire à tout moment et en tout lieu. Que ce soit dans le métro, sur une plage, dans une salle d’attente ou le soir dans lit, toutes les conditions conviennent à une immersion dans cette lecture.

L’entrée dans l’histoire est facile. Elle se fait dans les pas d’un personnage prénommé Montag et il en sera ainsi jusqu’au dénouement. Les événements sont vécus par le prisme de ce héros. Il fait partie de ces gens qui voient leur vie chambouler par un moment ou une rencontre. Ici, il s’agit de Clarisse, une voisine, qu’il croise lors d’une balade nocturne. Elle va effriter en très peu de mots les certitudes ancrées de celui qui ne se voyait alors que comme un pompier comme tant d’autre. Leur discussion n’est pas banale. Elle fait réfléchir Montag. Dans cette société, c’est déjà le début d’une révolution. Pour l’intrigue, cela marque le premier pas de la fuite en avant d’un homme qui n’est plus alors comme tout le monde.
Montag voit le fait de penser comme une infraction. La société perçoit les livres et la réflexion comme un acte illégal grave. Il est intéressant de suivre le héros dans sa découverte de nouvelles sensations intellectuelles. L’auteur arrive bien à faire transpirer des pages l’angoisse générée par cette révolution chez le personnage. Cette fragilité générée car cet acte courageux a déclenché chez moi une forte empathie à l’égard de ce pompier qui n’est définitivement plus comme les autres. La narration est faite à travers le regard du « rebelle » est accentue donc l’implication émotionnelle du lecteur.

L’idée centrale de l’histoire est intéressante. Elle est simple et amène à réfléchir. Je me suis interrogé au fur et à mesure que je suivais les pérégrinations de Montag. Néanmoins, je regrette que l’intensité du propos ait tendance à se diluer dans la seconde partie. Au final, j’ai le sentiment qu’il ne se passe pas grand-chose et que les événements ne sont pas d’une densité folle. Le scénario reste très succinct et une fois le livre terminé, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir été aussi bouleversé et investi que les premières pages me l’avaient laissé espérer.

Pour conclure, je dirai que « Fahrenheit 451 » est un ouvrage intéressant au propos pertinent. Je pense que ce roman aurait pu gagner en force s’il n’avait s’agit que d’une nouvelle. J’ai le sentiment que l’histoire aurait pu être condensée sur une cinquantaine de pages. Cela aurait fait disparaître la sensation de dilution qui n’est jamais très agréable. Malgré tout, je ne regrette vraiment pas de l’avoir découvert. Cet opus fait quand même partie de l’Histoire de la SF. Ce n’est pas rien…

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