Humain, pas humain ?
Mort ou réformé ?
Dictature ou démocratie poussée à l'extrême ?
De quel côté des grilles est-on vraiment ?
Le bonheur passe-t-il nécessairement par de la consommation grégaire ?
Ces questions sont en filigrane de toutes les lignes de ce roman qui nous entraîne dans la cité Félicidad, siège de la grande Europe, avec un président à vie, dans une société où la norme c'est le bonheur. Eh oui, on ne dit pas "bonjour" quand on croise un collègue, on dit "bonheur à toi !"
Et ce bonheur très consumériste où les nantis sont parqués et surveillés dans des quartiers exclusifs pour leur sécurité, m'a rendu claustrophobe.
La frontière entre l'humain "classique" et les modèles humains créés par les multinationales pour être au service des humains est floue, ambiguë, malsaine et ridicule, comme le fut à une autre époque la frontière entre les maîtres et les esclaves.
Belle imagination de ce monde futuriste qui fait froid dans le dos, avec une mention spéciale pour la scène à Ubik (tiens, j'ai déjà vu ce nom quelque part...). J'aurais bien vu Bruce Willis (un peu plus jeune) dans le rôle du flic surdoué.
Petit bémol pour l'écriture qui ne m'a pas paru d'une grande fluidité. Elle accroche un peu. Mais peut-être est-ce un effet de style.
Alors, faut-il le lire ? Oui. Et si le thème de l'identité humaine vous intéresse, vous avez ensuite Défaite des Maîtres et Possesseurs de Vincent Message.