Sarte, ce beau diable !

Avis sur Huis clos

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Huis-Clos, cette pièce de théâtre existentialiste de Jean-Paul Sartre. Ce fameux "L'Enfer, c'est les Autres" que Sartes annonça comme ayant été incompris de la foule. Les Autres sont une chance selon Sartes, une chance de se connaître soi-même, les Autres seraient ce qui nous défini ? Difficile de voir l'existentialisme là-dedans avec cette dépendance maladive. Mais justement, ce serait les mauvais rapports, des relations sans vertus qui nous rendrait dépendant des autres, comme Garcin l'est d'Inès à la fin. Alors, oui, ce serait l'Enfer car nous dépendrions des autres. Mais cette dépendance naitrait non pas de mauvais rapport, mais d'un mauvais soi-même, d'un vice personnel. L'Enfer c'est les Autres car l'Enfer est en moi.

Huis-Clos, c'est un texte fort, puissant, chargé d'échanges plus belles les unes que les autres. Pour autant, des faiblesses sont présentes, la monté est trop rapide, trop brusque malgré un début qui annonce une envolé légère. Ce défaut est léger, mais quand même présent.
De la même manière, un autre grand défaut, à mon sens, est que la pièce montre un Enfer non-religieux basé sur des conceptions religieuses. Si l'Enfer n'est pas celui des monothéistes, pourquoi diable est-il réservé aux criminels ? La faiblesse principal de cette pièce est, selon moi, qu'il se limite à une partie du genre humain et va se concentrer, pendant un bon quart du texte, aux pêchés de ce trio de criminel. On perd, dès ce moment, la possibilité de message universel. Un message qui, de toute façon, est perdu avec le sens véritable (sartrien) de la célèbre réplique l'Enfer c'est les Autres.
Sartes est entre deux chaises, il semble vouloir prophétiser un message à l'humanité toute entière, mais il limite lui même sa porté. Et cela tout en ayant un fond finalement assez douteux. Certes, la tenu de la relation est bien mal saisie et on s'est plus concentré sur les rapports des protagonistes que sur la possibilité qu'avait Garcin de fuir. Ce moment là peut être important (crucial) pour l'interprétation originale mais, et c'est mon avis, elle se noie dans la nécessité scénaristique de la notion de déserteur. Cette même scène, avec Estelle à la place de Garcin aurait gagné en puissance. Pourquoi ? Parce que le message aurait pu être le même mais sans la puissance scénaristique, sans l'envie psychologique de dire "Ha oui, si elle reste, c'est pour qu'on la nomme comme non-lache". Bien sur, une autre pirouette aurait pu être trouvée, mais cela aurait certainement moins été voyant.
Le défaut reste, plutôt, que Sarte a cette volonté de faire de ces personnages des criminels, amoindrissant ainsi son récit.

Non, non, on a beau essayé, on a beau dire, le langage est une limite, la pensée d'autrui nous effraie et est partout. L'Enfer c'est les Autres.

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