Pétage de plombs chez les petits bourgeois

La première partie d'Intuitions, de Dominique Dyens, est absolument délectable. Une comédie de moeurs qui épingle, avec une savoureuse cruauté, toute la petitesse et l'hypocrisie d'un couple de bourgeois, les Royer, engoncés dans une vie étriquée faite de certitudes hautaines et méprisantes. Au-delà de la description, très chabrolienne, des us et coutumes de cette famille des Yvelines, la romancière s'amuse à introduire un élément perturbateur avec le personnage de la fille cadette, dont elle nous livre des parcelles du journal intime qui dynamite avec une belle santé le quotidien et le mode de pensée de ses parents. Procédé facile, sans doute, mais très efficace. Jusqu'au milieu du livre, le lecteur jubile et le prochain mariage du fils, alors en stage à New York, avec une mystérieuse jeune femme, annonce un beau coup de tonnerre dans la routine des Royer. C'est en effet le cas, mais c'est précisément là où le roman dérape. Le basculement vers le thriller est brutal, avec une mère qui pète les plombs et d'invraisemblables secrets de famille qui remontent à la surface. Plus rien n'est alors crédible et l'on frise le grand guignol avec un dénouement raté qui ajoute encore à la déception. C'est fâcheux, vraiment, de gâcher de si belles promesses.

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le 27 avr. 2017

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