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L'israélien Eshkol Nevo est l'auteur de l'un des meilleurs romans de ces dernières années : Le cours du jeu est bouleversé. Sans atteindre les mêmes hauteurs, son petit dernier, Jours de miel, est une oeuvre chorale délectable qui s'amuse à nous décrire une petite ville dont certains habitants vont connaître de nombreux bouleversements dans leur existence jusqu'alors relativement paisible. La raison ? Un riche américain a légué une importante somme d'argent pour honorer la mémoire de sa chère épouse. Ne reste à la municipalité qu'à construire un mikvé (un bain rituel utilisé pour l'ablution nécessaire aux rites de pureté dans le judaïsme) que le donateur viendra visiter peu après son ouverture. Sauf que, bien entendu, dans le conte drolatique et malicieux écrit par Nevo, rien ne se passe comme prévu. Entre les nouveaux immigrants russes qui ne parlent pas hébreu, l'adjoint au maire qui retrouve l'amour de sa vie et un jeune arabe chargé des travaux et apprenti ornithologue à ses heures, un certain chaos va s'établir au fil de péripéties burlesques, émouvantes et douloureuses. La ville décrite représente une sorte de concentré de la société israélienne avec ses contradictions, ses situations ubuesques et ses incohérences. Malgré la multitude des personnages et la complexité de leurs destins croisés, l'on s'attache à leurs mésaventures car s'ils sont faibles et parfois lâches, ils n'en ont pas moins l'espoir chevillé au corps et l'envie de sublimer leur quotidien. Et la plume narquoise d'Eshkol Nevo, chaleureuse et bienveillante, les croque de manière irrésistible.
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Créée
le 17 déc. 2016
Critique lue 132 fois
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