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"Être originaire d'un pays ne garantit pas la connaissance de celui-ci". Telles sont les paroles d'Alice Zeniter, qui présente son dernier roman aux lecteurs invités par Babelio.
Un roman sur l'identité et tout ce qui l'accompagne.
Une belle rencontre littéraire, ponctuant une lecture passionnée. De prime abord, rien ne laissait présager qu'il s'agirait d'un chef-d’œuvre littéraire, au vu des précédents ouvrages de la jeune écrivaine, qui n’en est pas à son coup d’essai. Avec son cinquième roman, Alice Zeniter signe un splendide récit sur la génération des sacrifiés d’Algérie. Des kabyles arrachés à leur pays, à qui l’on a collé l’étiquette de « harkis », souvent décriée et pourtant si méconnue. "L’Art de perdre" est remarquable, tant du point de vue du récit, que de ses personnages et de leurs émotions, qui nous sont retransmises avec justesse et humour dans un rythme ternaire. Trois générations se succèdent pour mieux conjuguer l’Histoire à la fiction. La chronologie du roman plonge le lecteur dans les années 1930, et remonte aux années 1950, celles de l'Algérie française. Les destins d’Ali et d’Hamid nous transportent ensuite vers la fin du siècle, celui de la génération de Naïma. Année après année, en avant et en arrière dans le temps, les faits s’entrecroisent avec les points de vue des différents personnages qui habitent "L'Art de perdre". Des points de vue si évidents qu'ils viennent nous frapper comme s'ils avaient toujours été là mais que nous ne voulions pas les voir. Comme si la réalité crevait les yeux, mais que nous les fermions bien fort. On s'infiltre dans la peau des personnages pour mieux comprendre la haine, le bonheur, la crainte, la nostalgie qui les anime. Et par-delà les points de vue des héros transperçant le récit, on s’aperçoit que c’est le reflet de la société que dépeint Alice Zeniter, avec les idées reçues et les acquis que celle-ci suppose. Il est intéressant d’observer comment, d’une génération à l’autre, le passif de chacun influe sur sa conception des choses. Entre exclusion et intégration, Alice Zeniter dévoile la beauté de la culture plurielle, soit-elle est consciente ou non.
"L’Art de perdre" est roman d'Histoire, mais un roman humain avant tout : l'amour y est conjugué à tous les temps : l'amour d'une famille, l'amour d'un pays, l'amour d'une terre d’accueil, l'Amour avec un grand A, l'amour de la vie... Un livre qu'il est urgent de lire, ne serait-ce que parce qu'il ferait sourire le plus grincheux d'entre nous.

dibelleville
10
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