"Panem et circenses" partie 2

Avis sur L'Embrasement - Hunger Games, tome 2

Avatar Quentin Pilette
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Ceci est la suite de la critique de Hunger Games, tome 1 car je me moque complètement du deuxième opus cette saga littéraire (et je ne l'ai pas lu) !

J’en viens donc au poing névralgique de ce que j'ai découvert au cours des deux romans que j'ai pu lire, c’est-à-dire qu’il semble exister des règles implicites qui guideraient l’écriture d’un roman « Young Adult », lesquelles sont les suivantes :

D’abord le Young Adult a le sens de la mesure et de la réalité, pour illustrer mon propos deux exemples :

  • alors que Peeta reçoit un coup d’épée « jusqu’à l’os » et nécessitant une prise en charge chirurgicale immédiate, ce dernier parvient à survivre plusieurs jours sans aide, puis grâce aux « plantes qui drainent le pus » que Katniss lui apporte, alors même qu’il aurait dû mourir depuis longtemps d’une hémorragie profonde, d’une septicémie ou d’un choc septique (mais passons, il y a mieux encore).

  • « Même si je n’avais jamais vu de chiens pareils, il est clair qu’ils n’ont rien de naturels. Ils ressemblent à de grands loups, mais quel loup se dresse et tient en équilibre sur ses pattes arrière ? Quel loup fait signe à sa meute de le suivre comme s’il avait un poignet ? » Ces mêmes loups ont des griffes « de 10 cm et tranchantes comme des rasoirs » ; quant à leurs yeux, « ces yeux verts qui me fixent avec malveillance ne sont pas des yeux de chien, de loup où d’aucun canidé que je connaisse. Ils sont incontestablement humais. » Alors Peeta ajoute : « Tu ne crois quand même pas que… ce sont leurs vrais yeux ? » Mais bien évidemment que si ! ce sont les yeux des tributs greffés sur des loups génétiquement modifiés ! (WTF !!!)

Ensuite le Young Adult doit parler d’amour car il s’adresse à de jeunes gens concupiscents en mal de mélodrames:

  • on assiste ainsi à l’apparition d’un triangle amoureux foireux entre Peeta, Katniss et son Gale (resté au District 12), façon Twilight survival. Cependant cet amour relève quasiment du délire tant il surgit de nulle part.

  • en fait, Hunger Games, tome 1 dessine un Roméo et Juliette à l’envers : alors que tout le monde voudrait que les deux amants italiens vivent pour toujours et qu’hélas ils se suicident l’un près de l’autre, les « amants maudits du District 12 » (je cite le livre) sur le point d’avaler les baies toxiques (et Dieu sait que j’ai prier pour qu’ils le fassent) sont sauvés in extremis afin que survive leur amourette (soupir de décontenancement).

Le Young Adult est également servi par des dialogues impayables :

  • Peeta : "Nous serions morts tous les deux si elle n’avait pas mangé ces baies la première. (Il se reprend.) Non, bien sûr que non. Tu les as reconnues tout de suite, pas vrai ?"

  • Je fais oui de la tête.

  • Katniss : "On appelle ça du sureau mortel"

  • Peeta : "Rien que le nom est inquiétant. Je suis désolé, Katniss."

Le Young Adult nous fait partager la clairvoyance de ses personnages :

  • « Je suis sure qu’il me déteste parce que j’ai obtenu un meilleur score que lui à l’entraînement. » Bien sûr, c’est certainement cette raison qui motive sa haine et non l’envie de gagner les Hunger Games.

  • Puis plus loin en parlant de ce même personnage qui tue sans remords, elle ajoute « J’en arrive à me demander s’il a toute sa raison. » Je pense aussi que c’est une éventualité à ne pas écarter.

Le Young Adult est conscient de ses propres limites puisqu’il ne vous explique pas d’emblée tout ce qui est présenté. En effet, l’éditeur a jugé bon de réserver ses explications pour des suites qui se vendront comme des petits pains ;-) et que je ne lirai jamais.

  • Ainsi nous ne saurons jamais pourquoi les sponsors peuvent livrer, à l’intérieur même de l’arène, des cadeaux aux concurrents,

  • ni comment un ivrogne de 50 ans a pu supporter les chamailleries deux adolescents agissant comme des enfants de 5 ans.

  • ni pourquoi aucun des tributs ne tentent de se suicider en signe de protestation contre les Jeux, ni pourquoi aucun des tributs n’essayent d’en tuer d’autre lors des entraînements ou des interview pour éliminer facilement la concurrence.

Le Young Adult vous réserve ainsi des détails indispensables :

  • la liste exhaustive des produits de beauté qui ont servi à maquiller Katniss !

  • la liste du pain typique produit dans chacun des districts !

  • le superpouvoir de Peeta qui de lancer des sacs de farine de 50kg !

Enfin, le Young Adult possède un style unique :

  • Celui de Hunger Games, s'il est moins mauvais que celui de Divergent, reste assez médiocre et les maladresses sont fréquentes. Une constante se distingue entre les deux livres et concerne l'usage de la ponctuation, laquelle est toujours très discutable et ralentit la lecture. Le point, par exemple, bénéficie d'un usage particulier avec ce refus systématique de la phrase longue et l'apparition concomittante de phrase averbale assez laide.

  • Pour la narration du Young Adult, trois temps sont autorisés : le présent de l’indicatif, le présent de l’indicatif et l’infinitif (de toute manière il est impossible de s’en passer).

  • La syntaxe est raisonnablement mauvaise en dépit de quelques « punchlines ».

Par conséquent Hunger Games, tome 1 est un livre mauvais qui essaie de cacher son manque de substance par une pseudo-critique des médias. Je ne dois pas cacher que je me suis tout de même sacrément ennuyé durant les 150 dernières pages. Je sais qu’elles sont nécessaires pour arriver à la conclusion, mais si encore il se passait quelque chose je ne dirai rien ; là on s’ennuie ferme en se moquant complètement du sort des héros. Dans ces moments, je ne sais pas ce qui m’arrive – un paragraphe abominable ou un dialogue effarant – mais je m’imagine en train de découper avec ravissement et une hache les genoux du futur cul-de-jatte qui a permis la publication ce genre d’inepties (au moins s'il n'a plus de jambe, il aura les couilles en or).

Style : 2/5

Histoire : 1/5

Note : 3/10

Maintenant, je vais, pour soulager mon esprit endolori, aller purger mon esprit avec un petit peu d’ultraviolence version Stanley Kubrick

« I’m singin’ in the rain… »

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