Pourquoi l'Enfer c'est de la merde (et en même temps un putain de chef-d'oeuvre ?)

Avis sur L'Enfer

Avatar Poule Mouillée
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Ok j'avoue, ce titre est uniquement provocateur, mais j'assume. Un peu.

Il faut savoir que l'Enfer est tiré du triptyque de la Divine Comédie de Dante Allighieri, une oeuvre de 1314. Or, depuis toutes ces années, le bouquin a pris quelques rides, et avec le temps est devenu quelque peu laborieux à la lecture. D'abord parce qu'il a pas été écrit en français, mais en ancien toscan, alors la traduction est assez casse-gueule, faute de pouvoir mieux faire. Bienvenue dans ces textes aux formulations distordues (surtout que c'est un poème, donc avec un respect des vers c'est souvent encore pire), avec parfois des passages "intraduisibles" (c'est pas moi que le dit, c'est le livre). Précisons encore que c'est un écrit ultra référencé aux mythologies chrétiennes, gréco-romaines, mais aussi au monde plus ou moins contemporain de Dante. Alors sans faire de constants aller-retour aux notes, vous risquez de ne pas comprendre grand chose.

Ça, c'est la forme, et je pardonne totalement le fait que la lecture soit difficile. Mais il faut parler du fond.

Pour résumer l'affaire, c'est l'histoire de Dante qui parcourt les diverses régions des Enfers avec son poto Virgile, le roi des poètes. Sauf que cet Enfer est peuplé d'un peu n'importe qui : tout ce qui pas chrétien (Mahomet qui passe un sale moment dans les tréfonds de ce beau bordel) ou même de simples ennemis de Dante, comme les guelfes noirs une faction ennemie de celle de Dante, un guelfe blanc (en réalité c'est un peu plus compliqué). Comme quoi notre Dantounet, il place un peu tout ce qu'il aime pas.

Mais faites abstraction de ces sottises et contentez vous sur la description des lieux, de ces endroits immondes où de pauvres damnés se bouffent des tortures toutes plus insupportables que les autres. Le texte, bien que répétitif dans sa forme (Dante le naïf va dans une bolge, Virgile lui fait la morale, les damnés se plaignent, blablabla bolge suivante), offre une multitude de lieux différents qui ont durablement inspirés les artistes au fil du temps : des peintres (Eugène Delacroix, Bernard Buffet), des cinéastes (Brian de Palma) des écrivains (Honoré de Balzac ou même H.P. Lovecraft étonnamment surnommé le "maître de l'horreur").

Si autant de monde s'inspire, c'est qu'il a toute une quantité d'éléments de qualité à proposer.

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