Résumé de L'imposture Macron

Avis sur L'Imposture Macron : Un business model au...

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Ce document est un résumé du livre par Jacqueline Taleb-Bonnet, recopié ici avec sa permission.

PARTIE 1 Macron, nouveau monde ou ripolinage de l’ancien ?

Comme 1958 avec le retour de DE GAULLE avec l’UNR (Union pour la Nouvelle République) à un moment où la République était paralysée par le « régime des partis », Emmanuel MACRON avec LRM (La République en Marche) se présente comme un homme providentiel, un mouvement au-dessus du clivage gauche-droite.

Fin du clivage gauche-droite ou mort de la social-démocratie ? En 2012, François Hollande a été élu sous le signe de l’ambiguïté : « mon ennemi est la finance » et « réduire le déficit budgétaire à 3%. » Rapidement, le gouvernement de gauche utilise les recettes du néolibéralisme (CICE, loi travail El Khomri, tournant sécuritaire contre le terrorisme, les affaires calamiteuses). Les gouvernements sociaux-démocrates croyaient en l’efficience des marchés. Macron a bénéficié de contingences avec la non candidature de HOLLANDE et l’arrivée de François FILLON, supplantant Alain JUPPE. Les mesures de droite sont massives et identifiées : réforme ISF, Code du Travail. La baisse des APL et la hausse de la fiscalité indirecte s’attaquent aux catégories populaires.

Le macronisme, un autoritarisme fragile ? Macron a obtenu 24% des votes, soient 15% des inscrits en comptant les abstentions, les blancs et les nuls. Les élections législatives présentèrent un taux d’abstention de 57% au second tour. Mais, les députés appartenant aux catégories supérieures ont explosé avec une présence marquée de chefs d’entreprises.

La gestion froide à la place de la politique Se met en place une gestion managériale des affaires publiques. Les hôpitaux publics, les universités, les organismes de recherche publics doivent passer par des partenariats public-privé. Pour l’Europe, il renforce le caractère néolibéral par une pseudo-démocratie. En droit du travail, il innove en inversant la hiérarchie des normes et privilégie l’individualisme sur le collectif.

L’idéologie de la fin des idéologies
Depuis l’effondrement du « communisme historique », le monde est régi par les seules forces du marché. Il s’agit de casser les rigidités pour libérer les énergies créatrices ; suppression de l’ISF et instauration d’une « flax tax » sur les revenus du capital. La « théorie du ruissellement » est contredite fin 2017 dans le rapport du World Wealth and Income Database (WWID) : entre 1980-2016, la concentration des revenus n’a jamais été aussi grande. Depuis 2015 en France, « les 10% de ménages les mieux dotés concentrent 47% de la masse de patrimoine brut de l’ensemble des ménages ». En 2016, la France attire 30% de plus d’investisseurs étrangers.

Le recours à un individualisme qui se droitise
Macron utilise le symbole du « premier de cordée » en oubliant les conditions sociales et culturelles de la réussite individuelle. Le projet de Macron vise à réorganiser en profondeur la société française. Il va jusqu’à mettre en œuvre une politique répressive contre les migrants. Il renforce les sanctions contre les chômeurs, attaque le statut de la fonction publique. La communication au cordeau sature l’espace médiatique. Les mots « fainéants le 08/09/2017, des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien le 29/06/2017 » montrent son mépris de classe.

L’appel mystificateur à la société civile relève-t-il de la philosophie ? La société civile provenant des classes supérieures, promue par Macron est en total décalage avec la structure de la population française, malgré ses envolées philosophiques (Aristote, Machiavel, Descartes, Kant, Hegel, Marx). L’entreprise macronienne s’apparente davantage à une dépolitisation qu’à une véritable pensée politique. Castoriasis l’aurait qualifiée de « montée de l’insignifiance ».

Macron’s boys and girls : le privé dirige l’Etat
Pour la première fois, le premier cercle du pouvoir d’Etat (conseillers élyséens, chef de pôle de Matignon ou ministères) se retrouve approprié par des hommes et des femmes du privé. Les recrutements sont l’objet de concurrences avivées au sommet de l’Etat.

Une « noblesse libérale d’Etat » version « jeune garde » d’entreprise
Depuis juin 2017, des personnes du privé viennent travailler dans le public. Ainsi, des règles managériales du privé structurent le travail dans les services publics : réduction des coûts, casse du statut des fonctionnaires, embauche d’agents temporaires plus précaires que dans le privé. Ainsi, les conseillers communs imposés à l’Elysée ou à Matignon sont issus de parcours prestigieux dans des banques, agence publicitaire, grosses entreprises, MEDEF. Ainsi, l’Etat devient une entreprise au service des entreprises.

Un groupe mobilisé, fort et fortement assuré de lui-même (p 51) L’ensemble des conseillers forme un groupe fusionnel. Ils ne sont pas des novices et ils profitent de fulgurantes accélérations de carrière.

PARTIE 2 Le « business model » d’Emmanuel Macron (p57)

Le succès d’Emmanuel Macron a été d’apparaître comme le réconciliateur moderne de la gauche et de la droite. En utilisant le vocabulaire du management d’entreprise, il applique à la sphère publique un vrai business plan. Il s’appuie sur une recentralisation remarquable du pouvoir (corps intermédiaires, collectivités territoriales). Pour cela, il se construit une image publicitaire moderne : grand défendeur des libertés individuelles et droits humains, grand protecteur de l’environnement.

Image marketing n°1 : « Ils attendent que partout nous défendions les libertés, que nous protégions les opprimés » (p59)

La négation des droits des migrants
Macron concilie « bienveillance », « humanité » et « efficacité ». Or, la politique migratoire durcit les politiques de non-accueil : raccourcissement des délais d’examen des demandes d’asile, renvoi des « dublinés » vers le pays par où ils sont entrés dans l’UE, démantèlements des camps, violation du droit d’asile pour les mineurs, non prises en charge des femmes enceintes ou nourrissons, mise en place en août 2017 des CAES (Centre Accueil Evaluation Situations) pour le tri entre les « réfugiés » et les « migrants économiques », installation de hot spots au Mali, Niger, Tchad comme fait en Turquie en 2015, renonciation des accords du Touquet avec l’Angleterre en janvier 2018. Des français solidaires comme Cédric Herrou sont poursuivis par la justice. Des solidarités s’organisent pour contrer le projet de loi « Asile et immigration ».

La France en marche vers un Etat « illibéral » ? Le philosophe Pierre Rosanvallon caractérise la culture politique française, issue du bonapartisme « d’illibérale » comme la Hongrie de Victor Orban ou la Pologne de Leich Kaczinsky. Nous notons l’absence de séparation des pouvoirs : le Président est chef des armées, garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire. Dès les années 1990, le fichage des personnes mise en cause s’est sophistiqué (STIC, JUDEX puis TAJ) jusqu’à l’instauration de l’état d’urgence en 2015, renouvelé 6 fois. La fin de l’état d’urgence s’est accompagné par la loi du 30 octobre 2017, faisant entrer dans le droit commun les perquisitions administratives, saisies informatiques possibles, assignation à résidence en dehors de toute suspicion d’infraction pénale, fermeture de lieux de culte, surveillance indifférenciée des citoyens pour le fichage des données de réservation et enregistrement des passagers du trafic aérien (PNR-API). Un projet de dématérialisation de la justice vise à créer un Etat numérique, déterritorialisé, cybernétique, opposée aux valeurs d’humanité.

Les droits des femmes une « grande cause nationale » au cœur de l’action du quinquennat. Vraiment ?
Le 21 juin, la nomination du gouvernement acte la suppression du ministère des Droits des Femmes, déplacée vers le Secrétariat d’Etat chargé de l’Egalité entre les femmes et les hommes, en réduisant le budget de 27%. Les mesures annoncées sont insuffisantes, surtout pour les violences sexuelles. Les moyens humains et financiers manquent.

Image marketing n°2 : l’écologie (p73)

L’abandon du projet de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes n’a pas été justifié par l’impératif climatique, la protection de la biodiversité ou la préservation des terres agricoles.

Macron, l’anti-Trump
Macron obtient le ralliement de Nicolas Hulot, s’oppose à Trump « Make our planet great again »

Loi hydrocarbures : le hashtag #BusinessAsUsual supplante #MakeThePlanetGreatAgain
La fin de l’exploitation d’hydrocarbures est donnée en 2040. Mais des exceptions sont accordées et les exportations continuent.

Les droits et intérêts des Industriels sont intouchables
Un permis d’exploration est prolongé en Guyane pour Total. La France a voté en faveur des perturbateurs endocriniens. L’interdiction de commercialiser des voitures va en 2040.

Procrastination plutôt que transition
Le 7 novembre 2017, Nicolas Hulot recule la réduction de la part du nucléaire. Alors que les émissions de GES repartent en 2017, le déploiement des énergies renouvelables peut attendre 2027.

Ne pas tout jeter, malgré une stratégie inefficace
L’alignement de la fiscalité diesel sur celle de l’essence est satisfaisant. Les exonérations fiscales sur les transports aériens et routiers continuent. 6 millions de ménages restent en précarité énergétique. Le renouvellement du glyphosate a été ramené à 5 ans : la France compte l’interdire sous 3 ans.

Un refus d’entrer dans le dur
Le refus d’interdire la chasse à courre, la confirmation de la construction de nouvelles autoroutes, l’absence de l’impact climat sur l’accord CETA entériné le 21/09/2017 ne s’attaquent pas à l’urgence climatique.

Place au business pour nous sauver du chaos climatique
L’assemblée nationale de 2017 est « pro-business ». Le sommet du 12 décembre 2017, organisé par Emmanuel Macron a mis en avant Michael Bloomberg, Bill Gates ou Richard Branson pour leurs actions philanthropiques pour financer le dérèglement climatique, alors qu’ils pratiquent l’évasion fiscale. A l’échelon national et européen, la taxe sur les transactions financières est réduite.
Une politique qui ne permet pas la transition écologique et sociale de l’agriculture française
La suppression des financements nationaux au maintien de l’agriculture biologique éloigne la France d’atteindre 20% de la surface agricole en bio en 2020. (6% en 2012, 5% en 2016). Les Etats Généraux de l’alimentation restent inefficaces.

A la fin, le #BusinessAsUsual qui l’emporte
Face au départ des USA des Accords de Paris, privé prend le relais.

Image marketing n°3 : l’international (p94)

Le 29 août 2017, Macron présenta sa politique étrangère : sécurité, indépendance et influence de la France. Malgré son image de leader jeune et entreprenant au niveau international, Macron défend une rationalité dominante, une mondialisation autoritaire, inégalitaire, sécuritaire, une migration délocalisée.

  • Objectif n°1 du business model : le libéralisme économique pour les
    premiers de cordée (p99)

Les bases du business model : austérité budgétaire et destruction d’emplois inévitables
Une réduction des dépenses publiques de 60 milliards sur 5 ans est répartie en la baisse de 25 milliards des dépenses d’Etat, 10 milliards pour les collectivités locales et 25 milliards pour la protection sociale. Avec une baisse des impôts de 40 milliards, un plan d’investissement de 50 milliards dont 15 milliards dans la formation et 15 milliards dans la transition énergétique est prévu. Pour satisfaire les règles européennes, 120 000 emplois publics doivent être supprimés.

Le cœur du « process » : l’hégémonie de la finance
Contrairement à la campagne électorale d’Hollande, Macron présente de bonnes dispositions face aux marchés. Il a bloqué les négociations sur la TTF (Taxe sur les Transactions Financières) en passe d’aboutir. La TTF française a été amputée de la taxation des opérations infra-quotidiennes dès 2018.

Une fiscalité pour les riches
La moitié des baisses d’impôts pour 2018 profitera aux 10% les plus riches. Les placements financiers sont exonérés de l’ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune) qui devient IFI (Impôt Fortune Immobilière). Pour faire croire à un soutien du pouvoir d’achat des contribuables, le gouvernement annonce la suppression des cotisations sociales. Face à la vision du ruissellement, le FMI constate que plus la fortune des riches s’accroît, moins forte est la croissance. Chaque année, 60 à 80 milliards d’euros manquent au budget en raison des fraudes fiscales, sans compter l’optimisation fiscale.

Les privatisations annoncées
Le gouvernement a cédé 1.6 milliards d’euros d’actifs publics détenus dans Engie et Renault, fin 2017. Sur les moins de 100 milliards de participations restantes, il va céder 8.4 milliards de fonds pour l’innovation.

  • Objectif n°2 du business model : casser les services publics et les
    acquis sociaux (p115)

D’abord, briser un peu plus les protections des salariés du privé
Par ordonnances, la primauté de l’accord d’entreprise sur l’accord de branche est généralisée. La fusion des délégués de personnel, Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) et du comité d’entreprise se nomme Conseil Social et Economique (CSE). Les organisations syndicales risquent d’être éloignées du siège de l’entreprise, débordés par les nouvelles fonctions.

Ensuite, remettre en cause le statut de la fonction publique
La part des dépenses publiques dans le PIB doivent passer de 54.7% à 51.1%, le statut de la fonction publique rénové. Il y a 30 ans, le modèle Thatcher-Blair en Grande-Bretagne, sous traite un tiers des dépenses publiques à des entreprises privées. La marche forcée est employée par Macron.

Fragiliser les collectivités territoriales et leurs services publics
Depuis plusieurs décennies, le transfert de compétences aux collectivités locales s’accompagne de la baisse des budgets alloués, avec la hausse des impôts locaux. De plus, il est prévu que les 320 ou 600 plus grandes villes françaises paraphent un « document d’engagement budgétaire ».

Poursuivre la casse des services publics de santé
L’hôpital public est étranglé financièrement par des emprunts toxiques et un système de tarification à l’activité (T2A). Ces établissements doivent payer cher des médecins pour l’urgence, la radiologie ou l’anesthésie. Des services sont sous traités (restauration, entretien, lingeries). Le personnel en sous-effectif est mis en tension. Le tiers payant généralisé chez le médecin traitant est supprimé. La durée moyenne de séjour baisse.

Un projet conservateur et inégalitaire pour l’école
Jean-Michel Blanker, ministre de l’Education Nationale dessine une école encore plus libérale, la mise en place de la marchandisation de l’enseignement supérieur, le renforcement de la mise sous tutelle des collectifs d’enseignants. Or, les inégalités sociales se sont aggravées, les conditions de travail pour tous se sont dégradées. Face aux résultats performants des élèves des milieux favorisés, les classes populaires paient le prix fort d’un système scolaire le plus inégalitaire des pays de l’OCDE. Le projet éducatif du gouvernement s’appuie sur l’individualisation des parcours et des apprentissages sur les fondamentaux, l’externalisation du traitement de la difficulté scolaire (stages de mise à niveau), l’autonomisation de gestion et d’évaluation des établissements (mise en concurrence), diminution du pouvoir d’agir des enseignants. La mise en place d’une sélection à l’entrée de l’université se fait avec les attaques sur le baccalauréat. En copiant le système anglo-saxon, la réforme du financement des universités, fait dans le cadre du désengagement de l’Etat, s’accompagne d’une augmentation des frais d’inscription et du développement du crédit aux étudiants. Comparé aux 11 pays de l’OCDE, l’investissement français dans le premier degré scolaire est faible, avec ~30 % de budget en moins, soit 6 milliards d’euros.

Logement, la poursuite de la galère
896 000 personnes privées de logement personnel, plus de 60 000 ménages prioritaires selon la loi DALO (Droit Au Logement), 100 000 individus vivant en camping ou mobil-home expulsables sans prévis, 450 000 jeunes, faute de jobs stables vivent chez leur parents, 143 000 SDF. De 2012 à 2016, 13371 sans-logis sont morts dans la rue. En hiver dernier, 55% des demandes d’hébergement n’ont pas abouti, 63% l’été. A Paris, moins de 10% des appels au 115 reçoivent une solution. En 2011, l’INSEE dénombrait 2.4 millions de logements ou locaux vacants en France : les deux tiers appartiennent à des personnes morales et un tiers à des particuliers. Difficile d’imaginer qu’un programme de réquisitions ne puisse pas accueillir 143 000 sans-abris et 60 000 DALO. Or, la masse des profits immobiliers engrangés par les entreprises a progressé. Dans les faits, 4.2 millions de personnes consacrent plus de 40% de leurs revenus pour se loger (+140% sur 15 ans à
Paris). En 2016 : 128 000 expulsions, 123 300 impayés locatifs actés en justice (+52% depuis 2001). Le budget consacré à l’hébergement d’urgence diminue. Au 01/10/2017, les APL ont été réduites de 5 euros. Mais la suppression de l’ISF a fait gagner à Arnaud Arnault une fois et demie le montant des économies réalisées par cette baisse de 5 euros. Or, près de 6 millions de personnes modestes (un français sur 10), dont un tiers de travailleurs pauvres et 800 000 étudiants d’origine populaire
bénéficient des aides au logement. De plus, le gouvernement impose aux HLM de compenser cette baisse par une diminution équivalente de loyer. Cela va forcer les bailleurs sociaux à vendre plus de logements : la privatisation du secteur public du logement est amorcée. Un avant-projet de loi sur le logement, au printemps 2018 prévoit pour les meublés des baux mobilité.

Attaquer la formation professionnelle
Dès novembre 2017, la réforme de formation professionnelle des salariés et des chômeurs est demandée aux syndicats patronaux et aux ouvriers. Il s’agirait de fondre le contrat d’apprentissage avec le contrat de professionnalisation, de remplacer le CIF (Congé Individuel de Formation) en un CPF (Compte Personnel de Formation). L’heure de formation serait transformée en euros, plafonné à 500 € annuel. Cette libéralisation du marché de la formation conduit à responsabiliser le salarié ou le chômeur dans la recherche de formation par Internet. Les circuits de financement de la formation professionnelle sont profondément remaniés (fin OPCA, tâche URSSAF).

  • Le levier du business model : l’Europe du libre-échange (p155)

L’Europe d’Emmanuel Macron et Angela Merkel
« Le temps ou la France propose est revenu » Les travailleurs détachés participe à la baisse sur les salaires dans le cadre du démantèlement des protections du Code du travail en France. L’aide européenne au développement, surtout vers l’Afrique doit limiter l’immigration et renforcer l’Europe sécuritaire.

Quelle Allemagne ?
Le SPD accepte une coalition avec les conservateurs. IG Metall a relancé un mouvement social en
demandant que les salariés bénéficient de la croissance : 8% sur 27 mois pour 3.9 millions d’ouvriers.

Libéraliser les échanges avec le reste du monde
Depuis 1995, date d’entrée en vigueur de l’OMC, les activités économiques doivent être soumises aux seuls principes de la concurrence. L’accord UE-Canada, le CETA prévoit 2 mécanismes supplémentaires, rendant la libéralisation des marchés irréversible : mécanisme d’arbitrage et coopération règlementaire par rapport aux normes. Une vingtaine d’accords de libre-échange souhaitent y inscrire la concurrence.

PARTIE 3 Après avoir dégradé le travail, faut-il sacrifier les retraites ? (p169)

Les réformes des retraites de 1993, 2003, 2010 et 2013 ont multipliés les régressions des droits des travailleurs.

Une dégradation générale
Le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) montre une augmentation de 2.6 points de la proportion du montant des retraites sur le PIB par rapport à 2000 (14% en 2016 = 312.7 milliards d’euros). Mais, la déconnexion de l’évolution des retraites par rapport à celle des salaires est amorcée. Le taux de pauvreté des retraités est supérieur à celui des salariés actifs, pire pour les femmes.

La réforme structurelle tant souhaitée par les dominants
Le régime général est « par répartition ». Les pensions dépendent des cotisations, fonction des salaires. A côté du régime général, les régimes complémentaires pour les salariés cadres et non cadres (AGIRC et ARRCO) dépendent des points acquis durant la vie active. Un système par « comptes notionnels », enregistrant les cotisations du salarié. Cette expérience a été mise en œuvre en 1998 en Suède, en Italie en 2011, en Pologne en 2012. Tous ces systèmes comme celui par capitalisation ne sont pas préservés des évolutions démographiques et des secousses économiques. Tout système de retraite répartit la valeur ajoutée entre actifs et inactifs. Les droits à pension sont toujours à valoir sur la production future, plus ou moins égalitaires, solidaires...

Les enjeux du travail et de l’emploi pour les retraites
Le COR montre le bas niveau historique de la part du travail dans la valeur ajoutée, autour de 56%. Il faut s’extraire de ce piège : - partage des gains de productivité entre travail et capital – hausse du taux de cotisation sur la VA – réduction des inégalités salariales des femmes – unification progressive des régimes de retraite – arbitrage entre besoins sociaux et transition écologique – fin austérité et bride finance.

Conclusion (p181)

Emmanuel Macron se réclame de l’efficacité. Celle-ci est au service des employeurs et favorable aux ménages les plus aisés. Il assume : le cynisme tient lieu d’idéologie. Les institutions sociales arrachées de haute lutte après la Seconde Guerre mondiale, acceptées par les classes dirigeantes, sont encore debout. Les mouvements sociaux de 1995 ont empêché la vague de marchandisation. A l’exception de la lutte contre le contrat de première embauche (CPE) en 2006, des mouvements massifs n’ont pas remporté de succès significatifs. Mais, ceux-ci ont freiné la mise en œuvre des réformes. L’objectif d’Emmanuel Macron est de finir le travail et d’en terminer avec « l’exception française ». Il veut agir au pas de charge et asphyxier ses opposants par l’empilement des mesures prises. Une gauche sociale et politique doit faire vivre un projet alternatif qui puisse être une force d’attraction idéologique, une perspective d’avenir qui suscite l’enthousiasme, l’espoir.

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