Kundera tu m'auras pas

Avis sur L'Insoutenable Légèreté de l'être

Avatar Julien Has
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Je ne l'ai pas encore terminé que j'ai eu besoin de le noter. On devine la fin : le chien va mourrir et ce sera l'occasion d'une énième digression sur le kitsch, Beethoven ou l'éternel retour nietzchéen (pardonnez l'orthographe, la flemme de vérifier), ou la "merde", thèmes beaucoup trop chers à l'auteur (on frôle l'obsession). Promis je rajoute une étoile si ce n'est pas le cas.

La forme est pénible. Ça divague, ça bégaie, ça chipote, et surtout ça se répète. Le "Es muss sein" ressortit toutes les cinq pages est particulièrement irritant, et les réflexions qui l'accompagnent sont de moins en moins pertinentes. Aussi les passages où il est question d'amour physique (de cul, donc) écrits à la mords-moi-le-zboub sont un plus. Comme le dit une des personnages vaguement coconne à la fin de la deuxième partie : "C'est fou ce que les pays communistes sont puritains !"

On apprécie le format quasi - "Une page Un chapitre", ça permet de terminer rapidement ce bouquin qui n'est finalement pas très long. Survolons le fond : quelques personnages, sans grand intérêt, pour lesquels on n'éprouve rien, évoluent entre Genève, Prague et quelque bled de campagne sans nom. C'est l'occasion pour l'auteur de philosopher sur leurs actes et pensées comme si on y attachait de l'importance. Et ça ne vole pas haut... Sans être grossières pour autant, ces reflexions ne méritent pas autant de pages, et SURTOUT ne méritent pas qu'on y revienne tous les deux chapitres. Kundera adore se répéter. La métaphore pour expliquer le résidu d'amour que Tomas porte à Tereza, "enfant déposée dans un panier devant sa porte" (ou un truc dans le genre) devient insupportable à la quatrième lecture. Idem pour le "Muss es sein", sérieusement Milan, on commence à comprendre le concept.

Bref, on s'emmerde. Mais ce n'est pas une raison pour rejeter entièrement l'auteur. Il parait que les autres romans de Kundera sont bien, alors soyons ouverts et gentils et lisons-en quelques uns. Il parait aussi que L'Insoutenable légèreté est géniââââââl et touchant malgré tout.
Comme quoi, le kitsch, "négation absolue de la merde", domine toujours.

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