Coup de coeur absolu pour ce petit roman d'une centaine de pages qui raconte la capture par les conquistadors du Grand Inca, Atahualpa, sa captivité puis son exécution.
A travers des chapitres très courts, Jakob Wassermann met en avant le choc des cultures (religion, mode de vie), la peur et l'incompréhension des incas face à ses étrangers avides d'or, prêt à tuer pour ce métal ordinaire à leur yeux. Bien qu'il n'y ait pas de suspens concernant la fin dramatique, j'ai eu beaucoup d'empathie pour l'Inca voyant son monde et ses croyances s'écrouler devant ses yeux. Quelques espagnols s'opposent à Pizarro mais globalement le roman est assez manichéen, ne nous présentant les incas que comme des victimes (ils ont dû eux aussi commettre des massacres pour agrandir leur empire) mais cela ne m'a pas vraiment dérangé dans le sens où ce roman n'est pas là pour nous faire un cours d'Histoire mais pour nous parler de la nature humaine et de ses vices.