Quelle difficulté de lire Jean Mambrino, malgré l’immense talent, à l’aune de ce que l’on sait.
Cette difficulté incombe aux saloperies que ses recueils contiennent, et dont je vous épargne les citations, en clair, à l’aune des accusations de violences sexuelles dont il est l’objet.
Je ne cherche pas à m’acheter une vertu, donc m’apprête à argumenter.
C’est comme si ce poète prenait la vie, comme un réservoir d’images, et non la poésie qui servirait à exprimer la beauté de la vie. Comme si Mambrino s’etait demandé « comment écrire après Baudelaire ? Comment faire mieux ? Faire plus ?). Car tout est inscrit noir sur noir, sonnant majestueusement, mais d’une majesté déchue. La poésie ne devrait pas être l’occasion de littérariser la vie, agir mal pour trouver l’inspiration. Je crois que c’est un vrai problème chez Mambrino. La poésie doit puiser ses images dans la vie, dans sa beauté, l’émerveillement devant celle-ci, le ré-émerveillement si besoin. Non créer des actes de terreur pour écrire ensuite dessus.
En outre, les images, à l’aune de sa biographie, du peu qu’on en dit, sont d’une pauvreté affligeante, puisqu’elles collent textuellement aux méfaits commis. (ex. : « palais noirs » : pour l’entre-jambes de jeunes filles, « inaccessible, intouchable » : pour le défendu). Je vous épargnerai tout le reste. C'est dégueulassement littéral.