Où l'auteur se sert d'une critique comme un prétexte pour se laisser aller à la nostalgie.

Avis sur La Couronne des Rois - Sorcellerie, tome 4

Avatar Samu-L
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Ce matin, en ouvrant une vielle caisse poussiéreuse pour voir ce qui y traînait, je suis tombé sur plusieurs livres dont vous êtes le héros.
Ma main fébrile à caressé leurs couvertures, et le croirez-vous, mais mes yeux se sont emplis de larmes après avoir été assailli par tous les souvenirs de l'époque lointaine ou j'avais découvert ces trésors d'aventure que sont les "livres-jeux".
Je me laisse un peu envahir par la nostalgie, puis décide de me changer les idées en allant faire un tour sur ma communauté virtuelle préférée.
J'ouvre le live et tombe sur une critique de Villou, un de mes estimés éclaireurs, à propos d'un de ces ouvrages. Bon sang, c'est un signe me suis-je dis, je dois écrire un petit truc sur ces bouquins chers à mon cœur.

Donc ce billet que j'écris sous le titre de l'excellent "La Couronne des Rois", de l'estimable Steve Jackson parlera plus des livres dont vous êtes le héros en général que de cette très bonne saga en particulier, même si j'en toucherai un petit mot en cours de route.

Pour bien saisir l'amour que j'ai, et que je suis sur bon nombre d'entre vous ont également, pour ces livres d'un genre particulier, il est nécessaire de faire un petit bond dans le passé.
Allez, Zou, j'utilise le sortilège ZED et on est partis!

Il y a les grands livres, les livres que chacun se doit de lire pour le service rendu à la littérature; des livres dont je me méfie la plupart du temps pour la bonne et simple raison que l'école, cette affreuse usine à sélectionner aussi bien les futurs travailleurs obéissants que les futurs loser délinquants sur des bases chiffrées se voulant objectives , mais se révélant parfaitement idiotes la plupart du temps, m'a dégoutté des grands auteurs.
D'abord parce qu'il faut lire n'est-ce pas? C'est une obligation! En dehors de la lecture point de salut pour vos âmes et vos petites cellules grises!
Ce genre d'obligation m'a toujours rendu malade, et je n'y ai jamais vu beaucoup d’intérêt.

Ensuite parce que si cette détestable institution d'hypocrites trouvait si chouette que ça les bouquins qu'on me forçait à avaler pour obtenir par la suite une évaluation chiffrée qui permettait de me classer dans la case appropriée définissant mon futur statut d'Alpha ou d'Epsilon, et bien c'est que ces bouquins ne valaient sans doute pas beaucoup mieux que l'institution susmentionnée, et je me faisais donc un plaisir de les trouver nuls (ben j'étais jeune, que voulez vous!).

Je prenais donc mon pied à l'époque à lire exclusivement de la bande dessinée, sans doute car elle avait le bon gout de ne pas avoir envie de juger mes aptitudes intellectuelles dés la dernière page tournée, et qu'elle se contentait simplement de me dire: tiens, amuse toi mon petit. Ou de lire des encyclopédies sur l'espace, les dinosaures, les mythologies, j'en passe et des meilleurs qui avaient l'avantage de me faire rêver, et de m'apprendre des choses sans volonté cachée derrière le pur amusement du savoir qui se suffit à lui-même.

Toute cette digression pour dire que les "vrais" livres obligatoires et tout, ben c'était pas trop pour moi. Merci beaucoup, mais carrez vous les où je pense vos grands auteurs qui ne savent pas écrire une phrase sans s'en gargariser et qui préfèrent s'écouter écrire que de me raconter quelque chose.

Bref, trêve de tergiversation. Nous voici donc par la magie du sortilège ZED en une belle après-midi d'été où l'école est tellement loin que j'ai la délicieuse sensation qu'il faudra une éternité avant que son ombre cyclopéenne ne revienne cacher le merveilleux soleil de l'insouciance qui berce les vacances d'été.
Christophe, un bon ami de l'époque se ramène chez moi avec son jeu d'échec- l'enflure prenant un malin plaisir à me rosser en bon fils de champion de Belgique par correspondance qu'il est- et un sac rempli de bouquins.
Ah non Cricri, mon ami chéri, tu ne vas pas t'y mettre aussi! Les bouquins c'est pour les chiens,... Mais Christophe ne se laisse pas démonter, et il sort également des feuilles de papiers, et des crayons.

-C'est pour une interro surprise? Lui dis-je avec tout le fiel dont j'étais capable à l'époque.

Mais le Christophe ne se démonte toujours pas, et me sort de sa besace magique des objets que je connais bien, mais qui paraissent totalement déplacé dans le contexte: des dés. Des bêtes dés à six faces comme pour les jeux de société dont nous sommes si friands. Puis avec le sourire nigaud dont il a le secret, il m'explique que ce sont des jeux, que ce sont des aventures,...

Ni une ni deux, il me tend l'un des ouvrages, m'explique brièvement les règles, et me voici propulsé dans un monde fantastique ou je dois me débarrasser d'un sorcier malfaisant dans une bretagne imaginaire avec l'aide d'une épée qui parle à tort et à travers sous les conseil d'un Merlin directement sorti d'un asile d'aliéné.
Autant vous dire que c'est une révélation, que j'adore ça, que je fini le bouquin et que j’entame la suite tout fiévreux d'excitation.

Je passerai de nombreux mois à m'amuser avec les livres dont vous êtes le héros.
Déjà, la sanction dans ce genre de livre, c'est la mort! Un truc autrement plus sérieux qu'un zéro sur dix si vous voulez mon avis.
Et puis, je m'envole vers des contrées lointaines, et c'est moi qui sauve le monde bon sang.
Pourtant mine de rien, ces bouquins - car ce sont de vrais livres, et parfois même bien écrit - m'incitent à aller voir ailleurs, et zou, je me retrouve à lire des livres dit classiques et à aimer ça.
Je me suis bien fait manipuler! Mais c'est trop tard, me voilà à aimer les livres, même parfois des livres imposés à l'école; bien que certains soient complètement tartes ou simplement hors propos; parce que franchement même quelques années plus tard, me faire lire à la recherche du temps perdus à 16 ans est parfaitement stupide étant donné que je n'ai pas encore perdu suffisamment de temps - en dehors du temps consacré à lire ce bouquin- pour réellement apprécier ce que l'auteur veut faire passer.

Tout ça pour dire qu'on apprend bien qu'en s'amusant, et que les livres dont vous êtes le héros ont sans doute plus fait pour inciter à lire de nombreuses personnes de ma génération, que 500 heures perdues assis sur les tristes bancs de l'usine à misère que nous étions forcés de fréquenter alors.
Ces ouvrages font partie entre autres des pierres d'achoppement qui m'ont transformé en lecteur- sans compter l'influence qu'ils ont eu pour me faire découvrir le jeu de rôle- , et j'aurai toujours une tendresse particulière pour eux.

Ceci étant dit, je m'en voudrais de ne pas parler un peu de la série sorcellerie qui est à mon sens l'un des plus beau fleuron du genre.

Sorcellerie est une série en 4 livres- et dont l'ouvrage qui nous occupe est le dernier et sans doute l'un des bouquins les plus dur que j'ai fait- racontant la quête de l'homme d'Analand pour récupérer la couronne des rois des mains de l'archimage de Mampang.
Pour accomplir votre quête, vous incarnerez un guerrier puissant, rompu aux arts du combat,ou un sorcier doté de pouvoirs magiques fabuleux. Une panoplie de sorts tous aussi utiles les uns que les autres sont à votre disposition et les objets que vous trouverez vous serviront tout au long de votre quête. Les quatre livres s'enchaînent pour former une seule grande aventure.
S'il vous venait à l'idée d'entamer la série, je vous conseille évidemment de choisir l'option magicien qui rend l'aventure d'autant plus palpitante.
Faites attention, ces livres sont assez difficiles, et la difficulté va en augmentant au fur et à mesure de l'aventure.
C'est pas une quête pour les douillets quoi, et apprêtez vous à devoir recommencer le bidule un nombre de fois incalculable avant d'arriver enfin à ramener la couronne dans vos contrées.
En plus de ça, Steve Jackson s'y entend pour créer une ambiance et on peut franchement dire que certains passages sont particulièrement bien écrits.
Un livre-jeu que je conseil au plus haut point!

Pour clôturer cette critique, je tiens à citer quelques séries qui valent leur pesant de boucliers brisés:
- La série Quête du Graal -8 tomes- (formidables aventures et humour anglais omniprésent; un régal)
-La série Loup Solitaire- plus de 30 tomes- (Un classique indémodable au système de jeu particulièrement bien pensé)
-La série Astre d'or- 4 tomes- (petit frère des Loup Solitaire)
- La série La Voie du Tigre- 6 tomes- (pour ceux qui aime les ninja et le Kung-Fu dans un univers fantasy , il n'y a pas mieux, même si la série est gâchée pars son sixième et dernier livre absolument dégueulasse)
- La série Les Chroniques Crétoises- 3 tomes- (pour les amoureux de mythologie Grec)
-La série Loup Ardent -4 tomes- (plus adulte et plus sombre que la plupart des autres séries)
-La série Sherlock-holmes - 8 tomes- (pour les fans d'énigmes policière)
Si vous préférez une petite aventure en one shot vous trouverez surement votre bonheur parmi l'excellente série Défis Fantastiques, qui aborde absolument tous les genres de la fantasy à l'horreur en passant par la SF avec des robots géants, même si la qualité des ouvrages est très variable et va de l'excellent au médiocre.
Il existe également des livres-jeux consacré à l'histoire par exemple, mais je ne les ai jamais trouvé particulièrement emballant.

En espérant que ce billet ne vous aura pas trop ennuyé, et dans l'espoir que vous repreniez un jour les armes; à savoir une paire de dés à six faces, un crayon et du papier pour vivre l'aventure avec un grand A, ou que vous aurez la bonne idée d'en offrir à vos gosses.
Parce que ces bouquins sont les meilleurs incitant à la lecture que vous trouverez jamais pour ceux qui, comme je l'étais, sont un peu réfractaire par principe

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