Pourpre sublime

Avis sur La Lettre écarlate

Avatar Vagabonde_
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Lors de mes pérégrinations quotidienne dans ma librairie mon regard s'est porté sur cette jolie couverture au joli titre, folio étant une valeur sûre je savais que je ne serai pas déçu de cette lecture. En effet, ce fut une belle découverte, de part son style délicat, de l'esprit de l'auteur et des personnages façonnant le roman.

Les scènes se mêlent, se construisent dans un écrin d'émotions sublimes, la peur, la tristesse, la compassion, la révolte pour le sort de la pauvre Esther dont on se prend d'affection. L'histoire se déroule dans l'aura lugubre d'un nouveau monde où les colonies et la religion prospèrent tandis que le péché est puni par d'horrible actes ; ainsi il est question du plus dur crime jugé à cette époque : l'adultère. Et pourtant l'auteur ne juge pas, n'insulte pas son personnage qui a fauté, ne l'accable pas de terribles jugement, au contraire. Il pose Esther sur un piédestal d'une sainte, de Marie Madeleine cherchant la rédemption. Elle est décrite d'une manière telle qu'on se lie d'affection, qu'on aimerait la prendre dans nos bras et lui dire que le courage la définit, nous rassure et nous apaise, nous inspire et nous instruit. Elle a porté en son sein une sylphe ou une ange, une enfant, elle aussi merveilleuse tantôt chérubin, tantôt diablotin. C'est un talent de montrer la dualité qui entoure le caractère d'un tout jeune personnage, la décrire comme un personnage de conte de fée.

Les descriptions, d'ailleurs, vivent, vibrent sous les mots, le vent siffle à nos oreilles, les cris, les comportements bourdonnent dans l'énervement du lecteur car Esther, ce brin de femme est jugée comme une paria, vit comme une recluse pour un crime religieux. Le livre a été rédigé à l'époque trouble où le catholicisme était omniprésent dans l'existence des anglais construisant une nouvelle aventure dans les terres immenses, riches et pures de la nouvelle Amérique, pourtant les sentences, les moeurs, la bassesse des colons est réaliste, tellement que plusieurs fois j'ai réfléchi et j'ai constaté qu'à notre époque également, sur d'autre sujet, la méchanceté se trouvait encore dans certaines paroles.

Ce roman reste intemporel car il dépeint l'humain dans sa splendeur et sa misère, l'ouvrage est construit même si les langages et interactions paraissent anciens, dans la manière des ancêtres à manipuler les mots dans une sorte de théâtralité qui dépasse le naturel. Ce sont les descriptions de la nature, cet équilibre parfait entre action et contemplation qui dessinent l'oeuvre d'une forme délicate et extrêmement plaisante. Les émotions, les sentiments, la compassion, et la plume de l'écrivain ajoutent un moment d'égarement intense, un voyage dans l'histoire.

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