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Littérature
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Alors comme ça, quelqu’un dans la chaîne de fabrication de ce livre s’est dit qu’une phrase comme « Bref, il créa partout une urgence pour un art nouveau qui ne se voulait une copie servile du passé et encore moins une imitation d’un goût étranger » (p. 14) ne nécessitait pas de retouche. Ailleurs, « ceux-ci ne pouvaient à peine imaginer » (p. 24), « son art, qui restait fréquemment dans les apparences, en particulier sur le plan psychologique » (p. 29), « Elle ouvra ses portes » ou « Munich était maintenant le “nombril d’art” du monde » (p. 36). J’ignore si cette chose est une traduction : comme souvent, les éditions Parkstone ne jugent pas utile de fournir de tels détails.
La Sécession viennoise est donc un livre écrit avec les pieds, en particulier dans son premier tiers – et encore plus souvent dans les traductions des textes de deux critiques du temps, Hermann Bahr et Ludwig Hevesi –, ce qui est d’autant plus regrettable que 1° la bibliographie francophone sur le sujet est réduite et 2° les œuvres relevant de ce mouvement peuvent être de franches réussites : on feuillettera l’ouvrage de Victoria Charles et Klaus H. Carl avant tout pour les images. Leur choix peut être un peu redondant, parfois discutable et leur disposition pas toujours en totale adéquation avec les commentaires – car si traducteur est un métier, maquettiste en est un aussi – mais enfin dans les grandes lignes, tout y est. Il y en a même un peu plus, je vous le mets quand même ?, car une partie des œuvres reproduites déborde le strict cadre de la Sécession viennoise.
Quant au texte, même en faisant abstraction de l’amateurisme de la mise en forme – ceci en admettant que la qualité de l’écriture soit une question de mise en forme –, il se révèle clairement dispensable. Il a souvent tendance à survoler le sujet ou à proposer des éléments biographiques qui n’apportent pas grand-chose. À ces erreurs de cadrage s’ajoute le choix d’une structure parfois difficile à justifier : pourquoi consacrer un chapitre distinct à « L’architecture au tournant du siècle » et pas aux autres pratiques artistique de la Sécession viennoise ? Pourquoi un chapitre intitulé « La Sécession viennoise » et un autre « Les artistes de la Sécession viennoise » ? La table des matières de l’ouvrage peut faire penser à la liste des animaux attribuée par Borges à l’empereur de Chine dans « Le Langage analytique de John Wilkins ».
Enfin, quand je lis que « Dans le passé, tout était richement décoré, depuis les habits et les armes jusqu’aux ustensiles ménagers les plus simples, en passant par les cheminées, les chenets et soufflets et même les gobelets » (p. 14) et que tout a changé au XIXe siècle, je lis le reste d’un œil circonspect. Heureusement, ce passage arrive tôt dans le livre.
Créée
le 11 avr. 2025
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