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La Tresse par François CONSTANT

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‘La tresse' est le premier roman de Laetitia COLOMBANI. Avec derrière elle un parcours de scénariste, réalisatrice et comédienne, cette auteure de pièce de théâtre s'essaye ici à un genre nouveau pour elle, le roman.
La tresse, titre ô combien symbolique, entre-mêle l'histoire de trois femmes. Si leurs vies appartiennent à des univers distincts implantés sur trois continents, Inde, Europe et Amérique, le moteur de ces trois femmes est le même. Elles ont soif d'autonomie et d'une société qui rend à la femme le droit à l'auto-détermination.
Smita est une Intouchable d'Inde. Son dharma, son devoir, sa place dans le monde, est d'être une scavenger. A mains nues, elle vide les toilettes des Brahmanes de la caste supérieure. Dans des conditions subhumaines, elle est une ramasseuse de merde ! Son rêve ? Briser ce cercle vicieux du Karma et envoyer sa fille à l'école plutôt que de lui enseigner son ‘métier'
Giulia, sicilienne est une toute fem me travaillant dans l'atelier de son père. On y confectionne les ‘cascaturi' (perruques) à partir de cheveux humains. Son rêve ? Sortir des chemins tracés par la tradition familiale et avoir l'audace de construire sa vie selon ses valeurs, ses idées.
Sarah, du Canada est une avocate réputée toujours en attente de perfection qu'elle s'impose elle-même ce qui l'empêche de reconnaître ses fragilités. Son rêve ? S'imposer dans la vie. Imposer son métier, son rang social... rêve qui peu à peu se transforme en une volonté d'imposer à la workswooman qu'elle affiche, la femme qu'elle est au fond d'elle-même.
Ces trois vies, sans jamais se croiser, vont s'inscrire dans une seule et même conquête, la liberté !
A la manière d'une tresse donnant tour à tour la prépondérance à chacune des mèches, Laetitia COLOMBANI va écrire son roman en tressant la vie de chacune d'elles. On suit très agréablement, dans la simplicité de l'écriture, le combat de ces femmes pour imposer, au Monde et à elles-mêmes, leurs réalités.
Chacune des mèches n'a la valeur que d'une fraction. C'est l'entrelacement qui donne force et cohérence à la tresse. Une réflexion douce-amère sur les objectifs de vie que chacun peut se donner. Une illustration très accessible des montagnes de préjugés à déplacer pour y parvenir !

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