Une recension de lectures par un vieux réac', cela vaut toujours le détour. Avec Dutourd, on découvre ou redécouvre des écrivains qu'aujourd'hui quasiment plus personne ne connait.
Au milieu de cette lecture réjouissante, quelques réhabilitations d'écrivains qui sentent le souffre et qu'il faut approcher avec les mains tremblantes.
Par exemple, celle d'Arthur de Gobineau (le moraliste exécrable sur l'inégalité des races humaines) :
Gobineau est un des grands écrivains français du XIXe siècle, disciple secret de Stendhal, ami et confident de Tocqueville. Il occupe trois volumes de la Pléiade qui est une espèce d'Académie posthume. Croirait-on qu'il n'y a pas à Paris la moindre ruelle, la moindre impasse qui s'honore de porter son nom, alors que le dernier des conseillers municipaux, dont nul ne sait plus le nom, a un demi-hectare de macadam au Champ de Mars ou dans le XVIe arrondissement ? Sur le plan de Paris on peut voir une rue Lobineau (ecclésiastique breton) et une rue Robineau (propriétaire d'un immeuble). De rue Gobineau, écrivain français de génie, point. Voilà à quoi on s'expose quand on pense mal, c'est-à-dire quand on n'est pas dans les idées à la mode.