« L’homme à l’anorak jaune » : une nuit et un texte sans fin…

Avis sur La nuit sans fin

Avatar Charly Leroy
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« L’homme à l’anorak jaune » est une nouvelle du deuxième recueil de Thierry Horguelin : « La nuit sans fin », sortie en 2010.

Né à Montréal, il quittera son pays pour venir vivre à Liège. Il travaille dès lors dans le domaine de l’édition, ce qui lui permettra d’ailleurs de lancer la production de son recueil « La nuit sans fin ». Il recevra par la suite le prix littéraire de Franz de Wever qui couronnera cette oeuvre. Thierry Horguelin reste encore aujourd’hui un auteur trop peu connu qu’il faudrait suivre.

Suite à de nombreuses insomnies, notre personnage est contraint à passer ses nuits à chercher le sommeil devant sa télévision. De chaine en chaine, de soir en soir, il accrochera à « Simple Cops », nanar policier des années 90 se passant dans un Cleveland pauvre où le crime est quotidien. Il y rencontrera Clive, Burns et autres flics ainsi qu’un mystérieux homme portant un anorak jaune. Après plusieurs semaines de visionnage, le figurant est toujours là. En arrière-plan, comme inconscient de son rôle dans la série, mais toujours présent. Bien des années après l’arrêt de la série, notre personnage retombe dans l’incapacité de dormir. Sa santé mentale troublante n’a pas évolué. 2h du matin, il rallume sa télé. Un paysage de Cleveland plus récent, lieu de tournage de « The Cleveland Ultimatum ». En arrière-plan, l’homme à l’anorak jaune. Vieux, sale, mais toujours présent.

Le monde de l’inquiétante étrangeté est rempli de possibles. Mais l’ensemble de ces possibilités se bouscule dès que l’on parle de Maupassant. Maitre dans l’art de la nouvelle fantastique, il est parfois difficile de sortir de son ombre… et ce n’est pas « L’homme à l’anorak jaune » qui y fera exception.

Thierry Horguelin tire son épingle du jeu de par son concept intéressant. Cependant, l’idée du personnage prisonnier de sa télévision ou d’une image a été plus qu’exploitée. Cela continue de tenir le lecteur en haleine, mais il s’en lasse très vite.

En effet, la fin du récit est complexe à atteindre. Lecture difficile, parfois barbante, le lecteur n’en est pas au bout de ses peines et passera surement plusieurs paragraphes une fois l’intrigue comprise. Au final, la seule personne tenue en haleine dans ce récit est le personnage lui-même… Ce récit est surement trop long, mais il est intéressant d’être soi-même spectateur de la santé mentale dégradée et dégradante du personnage principal.

Après toutes ces mésaventures… Enfin le bout du récit ! Mais hélas, une petite déception. Au bout de cette vingtaine de pages, nous ne trouvons qu’un maigre paragraphe final, simple, peu recherché. Le lecteur est propulsé dans une fin facile, trop courte comparée au reste et avec un gout de déjà-vu. Comme si l’auteur comptait sur l’interprétation personnelle et l’imagination de tout un chacun pour justifier son dénouement téléphoné.

En conclusion, cette nouvelle est un bel espoir pour l’auteur et son prix littéraire est justifié. Néanmoins, ce récit ne révolutionne rien et reste dans l’ombre des plus grands que lui, ce qui justifie surement la faible notoriété de l’auteur.

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