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On peut aimer Bruxelles et les Rolling Stones, les Belges vont diront qu’il n’y a là rien d’incompatible – L’auteur, fait d’ailleurs référence, à un moment, à Brussels Affair, un album uniquement composé de morceaux enregistrés lors de leur concert à Bruxelles en 1997 - Mais François Weerts a jugé que c’était un peu juste pour écrire un roman. Alors, il y a ajouté quelques thèmes porteurs mais un peu épars comme la délocalisation des usines, le pouvoir (ou l’absence de pouvoir) des syndicats, l’espionnage industriel, le régime communiste de l’ex RDA et le génocide rwandais.
Là, tout à coup, ça fait beaucoup. Mais l’auteur s’en sort plutôt bien en se servant de la mort d’un jeune ouvrier comme le fil rouge qui va relier le tout, même si l’histoire en devient plus complexe.
Si l’auteur maîtrise ses sujets, il est évident que sa prédilection se porte sur Bruxelles ( normal au sens où il est Belge )et le rock des Stones, omniprésent. Imaginez-vous dans un taxi bordé de noir et jaune, le coude à la fenêtre fonçant sur la petite ceinture avec Brown Sugar à fond dans le Blaupunkt ou I Got the Blues en traversant des quartiers aujourd'hui rasés par des urbanistes peu éclairés.
En parallèle de cette histoire qui se déroule sans heurts ni trouvaille particulière, Weerts s’attarde sur le portait du jeune Mick Taylor, lead guitar des Stones qui quitta le groupe en pleine gloire et celui du jeune ouvrier, lui-même guitariste de talent qui s’identifie pleinement à son héros, en superposant parfois leur deux vies jusqu’à les confondre. La comparaison n’est pas inintéressante entre un artiste qui a refusé de vendre son âme – certains diront qu’il n’a simplement pas su tenir le rythme que Jagger et Richards lui imposaient – et son jeune émule qui a tout arrêté afin d’expier un passé que lui seul connaît.
Le roman est agréable à lire et suffisamment bien structuré que pour ne pas s’égayer dans toutes les directions. L’écriture est classique mais parfois inutilement alambiquée, ce qui alourdit souvent le rythme du récit. C’est dommage.
Le chagrin des cordes, étant celles de la guitare, on l’aura compris, était-il vraiment nécessaire de verser plus encore dans la belgitude, en s’inspirant du titre de Hugo Claus ‘ Le chagrin des Belges » Pas sûr, mais après tout, pourquoi pas ?
Créée
le 24 janv. 2017
Critique lue 128 fois
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