Ici repose en paix la vie d'un homme ordinaire ayant rempli le rôle de chronométreur. On suit pas à pas sa vie, son métier poussé à l'extrême où chaque chose est un temps, où l'accomplissement de l'homme se fait uniquement par son travail et où les relations humaines ne sont vues qu'à travers le prisme du labeur que l'homme se doit de faire, dans le but d'une optimisation la plus totale possible. On retrouve dans ce livre Les Temps Modernes de Chaplin, Le Procès de Kafka et un petit quelque chose d'absurdité manière Ionesco. La productivité imposée fait de cet homme une risible machine dont le rapport au monde et aux autres n'a plus aucun sens, si ce n'est du point de vue de l’ultra-capitalisme. Il faut pouvoir s'accrocher à la forme très particulière pour apprécier cette critique de la société moderne pourtant habilement menée, mais avec un style de récit qui a tendance à être assez hermétique.