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le 7 févr. 2023
SuivreRessurgi du passé
Excusez ce potentiel manque de culture littéraire, mais je n'avais jamais eu l'occasion de lire de Balzac avant ma lecture récente du Colonel Chabert ; bien sûr je connaissais l'individu, j'avais...
Il y a pire que de mourir, c’est de revenir et de ne plus rien trouver de ce que nous trouvions. L’histoire de Chabert nous concerne tous : soit nous revenons soit nous reviendrons tous un jour de quelque part, et si nous existons c’est grâce, par et pour les autres, si nous tenons encore debout c’est que nos pairs le veulent bien. Chabert est un revenant effacé par ses pairs, méprisé par son temps, broyé par les années. Pour enfoncer le clou de l’effacement Balzac choisit Eylau comme bataille-mère du fantôme Chabert, une défaite française tombée dans un trou de la mémoire nationale contrairement à Waterloo. Le comte Chabert, colonel de la Garde impériale, grand officier de la Légion d’honneur, perd au fil des pages jusqu’à son nom – perd donc ce qu’il est vraiment - et ne se fait plus appeler que par son prénom « Hyacinte » : il reprend son identité d’enfant trouvé et finit clodo.
Il n’est pas.
Cette lecture appelle l’aphorisme de Marc Aurèle « Bientôt tu ne te souviendras plus de rien ; bientôt personne ne se souviendra de toi ». Il parlait sans doute des morts : Balzac, magistral, développe le thème sur le vivant.
D’actualité bien sûr.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes (re)Lus 2017 et La Horde balzacienne
Créée
le 8 nov. 2017
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le 7 févr. 2023
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