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Le Comte de Monte-Cristo par Jashugan_

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Edmond Dantès est un jeune marin de 19 ans, Marseillais de naissance, à qui la vie réussit. Second de son navire, le Pharaon, il est en passe d'en prendre la tête suite au décès du capitaine. Aimé de son équipage, de son armateur, de son père et de sa charmante fiancée, la catalane Mercédès, rien ne semble vouloir troubler son bonheur.
Cependant les êtres humains ont cette capacité propre, que l'on appelle jalousie, qui les tend à devenir hostile aux personnes possédant plus de biens ou plus de bonheur qu'eux. C'est le cas de Danglars, comptable du Pharaon, et de Fernand, cousin et soupirant de Mercédès. A la suite de l'annonce du mariage proche d'Edmond et de Mercédès, une missive parvient "mystérieusement" aux autorités, portant une accusation de bonapartisme acharné sur la personne d'Edmond Dantès, ce qui n'est pas tendre dans cette période d'exil de Napoléon et d'établissement de Louis XVIII sur le trône.
L'arrestation a lieu le jour même du mariage. Edmond, naïf et certain de son honnêteté, se laisse emmener auprès du substitut du procureur du roi, Gérard de Villefort, auquel il certifie son innocence. Ce dernier, d'abord touché par un homme qui, comme lui, prépare son mariage, revire rapidement de bord lorsqu'il voit son propre intérêt, et son avancement, pointer au bout de l'affaire.
Edmond est alors enfermé au Chateau d'If, sans plus aucun espoir de revoir un jour la lumière du soleil. Il en ressortira 15 ans plus tard, riche, cultivé et ivre d'une vengeance qu'il conduira avec la volonté de fer qu'il s'est forgé, sous son nouveau nom de Comte de Monte-Cristo.

Ce roman d'Alexandre Dumas est constitué de deux parties. Tout d'abord, la vie d'Edmond Dantès. Honnête marin, brave et chaleureux, sa vie idyllique tombe d'un seul coup sous le poids du malheur et de la méchanceté humaine. Sa vie en prison est un calvaire, et change sa conception des choses aussi sûrement que durablement. Il y fait une rencontre qui bouleverse de nouveau sa vie, puis réussit à s'échapper. Là commence la deuxième partie de l'histoire. Edmond, sous les traits du comte, prépare et met en pratique sa vengeance envers les trois personnes s'étant servi de lui comme marche vers la gloire, l'enfonçant au passage dans la fange. Ainsi Danglars, Fernand et Villefort verront leur vie cossue s'effondrer de toutes parts, sans jamais vraiment savoir pourquoi le destin joue dorénavant contre eux.

Le principal intérêt de ce roman est sans conteste le personnage d'Edmond Dantès. Jeune homme pur et innocent, ayant le principal des qualités demandées pour être un saint, il se retrouve brisé et au bord du désespoir en l'espace d'une semaine. A sa sortie de prison, sa personnalité est toute autre : il a maintenant pour lui une volonté inébranlable, une certitude quasi-divine de la justesse de ses actions, et, surtout, il est devenu froid et calculateur. Tout au long de sa vie en tant que comte de Monte-Cristo, il n'a de cesse de montrer sa supériorité sur les êtres "inférieurs", son pouvoir dû à l'argent, et sa maitrise d'un nombre impressionnant de domaines : escrime, tir, chimie, art, manipulation des gens, et bien d'autres encore. Ce qui en donne l'impression tout simplement jouissive du héros demi-dieu, qui a acquis ses pouvoirs par la seule force de sa volonté.

Un autre intérêt, bien différent, est celui de la culturation culturelle. Eh oui, car le Comte de Monte-Cristo prend place dans un contexte historique réel, à savoir la fin du règne de Napoléon, et le rétablissement de la royauté en France par les autres pays européens, pas trop contents de voir leur voisin semer la discorde et les idées révolutionnaires. On y voit par ailleurs l'utilisation du télégraphe, mis en place par le petit bonhomme au chapeau marrant, ainsi que la description de villes maintenant modernes, qui auparavant fleuraient bon le rustique. La notion de distance et de temps est aussi bien différente, de part les moyens de transport et de communication disponibles. Ainsi, le comte ébahit son invité, Albert de Morcef, en lui proposant de rejoindre la Normandie à partir de Paris en seulement huit heures.
Un excellent moyen de réviser un peu son histoire tout en n'ayant jamais de ces crises de narcolepsie foudroyante propres aux cours d'histoire au collège.

Et enfin, car cela est tout de même à noter, ceci est l'histoire d'un héros froid, cynique, et cruel. Un méchant qui s'occupe des méchants, certes, avec des motivations, certes, mais qui n'en est pas pour autant meilleur. Cela place l'histoire dans un contexte particulier, à savoir qu'on n'est jamais vraiment pour une partie ou pour une autre. Le comte a ses raisons, irréprochables à une époque où l'honneur avait encore cours et la vengeance reconnue comme valable, mais toutes les personnalités qui entrent à son contact et qui subissent les à cotés de son plan ne sont pas forcément mauvaises, du moins pas complètement. Ainsi les deux camps ont des arguments, et le manichéisme n'est pas de mise.

Loin des pavés rébarbatifs que l'on nous imposait en classe et qui m'ont fait un temps abhorrer la lecture (Balzac, brrr), Le Comte de Monte-Cristo est une oeuvre facile à lire, passionnante, pleine de rebondissements et de personnalités intéressantes. Il n'est pas la peine de préciser que c'est un classique de la littérature, et que ça fait un peu plus sérieux que les livres de Fantasy dans la bibliothèque :).

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