Qu’est-ce qui pousse dalie Farah à faire le doigt ? Le deuxième, j’entends. Un doigt, ça peut arriver à tout le monde.
Le livre ne cherche pas tellement expliquer ce qu’il y a derrière ce deuxième doigt, même si l'autrice en propose des pertinentes, qu’à montrer dans quoi celui-ci baigne. Et dans sa détresse, le texte pense. Son rapport à la violence, à l’Institution, à son passé, à sa race. Comment on peut avoir peur de la violence et la désirer. Sa croyance en ses devoirs de prof, son envie d'être reconnue par une Éducation nationale qui choisit toujours ses propres intérêts.
Le livre offre une belle fin, émouvante, la visite d'une classe de lycée pour son premier livre, Impasse Verlaine, la rencontre avec les élèves :
ce n'est pas de ta faute mais c'est arrivé
; la reconnaissance du mal objectif, de l'innocence de la victime et l'invitation à l'acceptation tout en sachant la dureté de celle-ci, comme le montre la phrase suivante :
Elle ne raconte pas ces jours où elle visualisait les homme de sa famille qu'elle éventrait un à un, ni cette secrète consolation d'imaginer la cascade de tripes se déverser sur leurs genoux.