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Sans doute l'un des pitchs les plus extravagants qu'il m'ait été donné de voir pour un bouquin de S.F, voire même pour un bouquin tout court : l'humanité entière ressuscitée dans une sorte de jardin d'Eden, sur les rives d'un immense fleuve. Tous jeunes, glabres et en pleine forme. Age maximal : une vingtaine d'années, mais ceux qui sont morts plus jeunes ressuscitent à l'âge de leur mort. Populations plus ou moins regroupées par époque et par origine géographiques, mais avec quelques disséminations aléatoires, s'agissant en particulier de l'humanité du vingtième siècle, beaucoup plus nombreuse que celle des siècles précédents. Et tout ce petit monde se réveille en même temps, dans une ambiance naturellement un peu particulière, et dont il n'est pas impossible que John Scalzi se soit inspiré dans "Le vieil homme & la guerre". Une ambiance d'ailleurs sublimée par le fait que les mystérieux démiurges à l'origine du phénomène fournissent aux ressuscités force substances illicites...Eh ouais, c'est bien de la S.F étasunienne des années 70.

Un telle base scénaristique offre bien évidemment à son inventeur un champ infini de possibilités et d'exploitation à des fins théologiques, historiques, sociologiques et psychologiques. Champ bien évidemment non couvert complétement dans ce premier volume - assez peu épais, moins de 300 pages en édition de poche - d'une saga qui en fait cinq. Je ne m'en étais d'ailleurs procuré que le premier tome, l'infinité des possibilités entrainant par corollaire celle des départs en couilles potentiels. Force m'a été de constater que ce n'est pas le cas, l'exercice est plutôt très bien réussi.

Et va brasser, à travers les tribulations de Richard Burton (pas le chéri de Liz Taylor, mais un explorateur anglais de l'époque victorienne) et de sa petite bande d'acolytes, un large ensemble de thématiques : la mort comme échappatoire à une réalité qui n'est plus soutenable (fastoche pour qui a pigé le truc, car entrainant une résurrection automatique), les organisations sociales (telles qu'elles se mettent en place dans ce monde vierge de tout sauf de souvenirs), les hommes d'exception dans l'histoire. Ainsi que naturellement, la fameuse question qui taraude tout un chacun : qui sommes-nous, d'où venons-nous et où allons nous ? Ainsi que sa conséquence immédiate, qui est de ne pas se satisfaire d'un ordre social établi, tant qu'une réponse satisfaisante n'y a pas été apportée. Sachant, évidemment, qu'une réponse coulant de source n'est pas plus aisée à trouver dans ce monde du fleuve que dans le notre. Et que la recherche de cette réponse va nourrir la trame scénaristique de ce premier volume, ainsi certainement que celle des suivants...

Au passage, Farmer s'amuse bien sûr avec les mœurs et les personnages des différentes époques. Il égratigne ainsi l'Angleterre victorienne. Pourquoi ? je n'en sais rien. Il en évoque l'antisémitisme et puis bascule assez naturellement vers les nazis, à travers l'apparition d'un Hermann Goering flamboyant et tourmenté, dont le destin va se trouver lié, par un mystère non encore expliqué à celui de Burton. Veut-il ainsi nous dire que l'antisémitisme des nazis a pris sa source dans celui des bourgeoisies européennes ? Qui sait ? Donc, Goering dans ce premier bouquin, donc la quatrième de couverture nous annonce, pour la suite, Mark Twain, Cyrano de Bergerac, Mozart, Hélène de Troie et Ulysse. Prometteur...

Enfin, ultime gourmandise, l'auteur se met en scène dans son roman, sous les traits d'un personnage qui partage les mêmes initiales que lui (PJF). Il s'agissait apparemment d'une pratique fréquente dans ses bouquins. Sacrément allumé, tout de même, le gars. Mais, il n'y a pas dire, il a réussi à pondre un truc totalement farfelu, mais qui n'est pas dépourvu de gravité et parvient à aborder de grandes questions philosophiques.

Marcus31
8
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