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Un livre choc
Nous sommes en 2015. Abîmé par l’alcool et le khat, Seyoum n’en impose pas moins sa brutale autorité sur toute la côte libyenne, où il est devenu l’un des plus gros passeurs de migrants vers...
le 28 juin 2021
Le passeur est l'histoire d'un type bien qui devient une crapule mais qui, par un geste rédempteur, pourrait redevenir un type bien. Ce type qui symbolise à lui tout seul la professionnalisation du trafic de migrants n'est rien d'autre qu'un esclavagiste et le récit de Stéphanie Coste par de très classiques allers-retours dans le temps, nous explique comment la bête est née. On sait malheureusement en Méditerranée qu'un passeur efficace peut stocker 850 migrants dans une embarcation de vingt mètres. Un sommet d'horreur assumé par le personnage principal, au nom de l'argent roi, seul et unique repère des pays dévastés par la guerre.
Maîtrisé, le roman ne se disperse pas et identifie assez habilement le mécanisme de la violence: Celle sans pitié envers les migrants, mais aussi une violence autodestructrice du bourreau à grand renfort d'alcool frelaté et de Khat. On ne retrouve pas véritablement de contexte politique. Les salauds sont à peu près partout. De ce fait le récit n'est absolument pas inscrit dans une veine anthropologique ni politique mais bien dans le romanesque, avec un climax en forme de mélodrame qui rendrait jaloux les parrains du neo-réalisme italien.
Court mais intense, sans être un roman d'une grande originalité, ce "passeur" mérite notre attention.
Créée
le 26 avr. 2021
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