« Chirac est mort ! Chirac est mort ! » Ça m'amusait de crier ça. Les femmes souriaient, les hommes aussi, tous ceux qui passaient ce jour-là, en 2003, place de Clichy à Paris, souriaient. J’étais l’acteur principal d’un court métrage réalisé par un copain, je jouais un vendeur de journaux à la sauvette. C'est vieux tout ça. Aujourd'hui :
Je chichie
Tu chichies
etc
Nous chichions
Vous allez me dire qu’en ce jour - mort de Jacques Chirac, 26/09/2019 - on va en bouffer du Chichi, ce n’est peut-être pas la peine d’en rajouter. Mais non, sister, non, je ne suis pas d’accord. La mort des Chirac, des Johnny, les victoires des Paul Pogba en coupe du monde de football – c’est un sport qui se joue avec les pieds – ou les incendies des Notre-Dame de Paris réconcilient les esprits, il n’est peut-être pas nécessaire de nager contre le courant : les "je suis Charlie", d'façon, vivent ce que vivent les roses, l'espace d'un matin. Donc écoutons-le ce grand Jacques puisqu’à cet instant précis, le voisin l’écoute aussi. Ecoutons-le cet homme pour lequel je n’ai jamais voté, pas même en avril, cet homme neuf fois élu député, sept fois ministre, maire de Paris pendant dix-huit ans, deux fois Premier ministre et deux fois président de la République : nous le jugerons ensuite, si envie.
Dans le livre ci-contre, j'ai découvert un haïku qu'aimait bien l'ancien président... Ironie du sort, ironie citron vert - better limon - ça pourrait lui servir de nécro :
Une seule feuille
qui tombe fait un bruit
formidable
(Bashō, 芭蕉, signifiant « Le Bananier », poète japonais, 1644-1694, dit Wikipédia)