Par son mariage avec l'empereur d'Autriche, son cousin germain François-Joseph, Elisabeth de Wittelsbach devint, au milieu du XIXème siècle, une icône de l'Histoire. Celle que l'on prénommait affectueusement "Sissi" eut un destin hors du commun, essentiellement marqué par les épreuves et l'adversité. Egalement couronnée reine de Hongrie, Sissi s'éprit de ce royaume avec une intensité telle qu'elle imposa la langue hongroise dans son cercle intime et s'entoura quasi exclusivement de dames d'honneur issues de la noblesse hongroise.


Irma Sztàray compta parmi elles et tint une place toute particulière puisqu'elle fut la dernière compagne de voyage de cette souveraine incapable de rester en place et qui sillonna l'Europe de long en large, à la fois pour raison de santé mais surtout par besoin d'évasion. C'est également Irma Sztàray qui se tint auprès de l'impératrice en ce funeste 10 septembre 1898 lorsqu'elle fut poignardée et assassinée à Genève par un anarchiste italien. C'est encore elle qui reçut dans ses bras la moribonde et recueillit son dernier souffle et ses derniers mots ; c'est encore Irma Sztàray qui informa l'empereur de son veuvage par dépêche télégraphique, et qui assista à l'autopsie, puis à l'embaumement de l'impériale dépouille avant d'organiser son rapatriement à Vienne.


De ce fait, la légitimité d'Irma Sztàray à témoigner des dernières années de la vie particulière de Sissi ne peut être remise en cause, on ne pourrait trouver meilleur témoin, meilleure biographe. Toutefois, j'ai été plus qu'ennuyée de constater au cours de ma lecture que son récit tient davantage du journal de voyage compilant ses impressions personnelles, les relevés météorologiques, les descriptions "carte postale" ou encore les humeurs quotidiennes et changeantes de son "auguste" patronne que de réelle analyse politique et sociologique de son environnement.


Le ton employé lasse par son lyrisme exalté, la dame de compagnie vénérant l'impératrice Elisabeth tel le Veau d'Or ; elle ne peut la nommer sans user d'une quantité de superlatifs irritants qui, certes, rendent compte de son dévouement et de son abnégation mais contribuent à faire de son témoignage une sorte d'évangile apocryphe qui frise le ridicule plutôt que de gagner en intensité dramatique.


Une dose d'ennui s'invite alors dans la lecture au fil des pages et seules les dernières, amenant le tragique dénouement, ravivent quelque peu l'intérêt du lecteur englué dans un cocon de vénération panégyrique.

Gwen21
5
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Challenge PLUMES FEMININES 2025, Challenge MULTI-DEFIS 2025 et 2025

Créée

le 24 juin 2025

Critique lue 5 fois

Gwen21

Écrit par

Critique lue 5 fois

Du même critique

La Horde du contrevent
Gwen21
3

Critique de La Horde du contrevent par Gwen21

Comme je déteste interrompre une lecture avant le dénouement, c'est forcément un peu avec la mort dans l'âme que j'abandonne celle de "La Horde du Contrevent" à la page 491 (sur 701). Pourquoi...

le 1 janv. 2014

68 j'aime

24

La Nuit des temps
Gwen21
10

Critique de La Nuit des temps par Gwen21

Je viens d'achever la lecture de ce petit livre qu'on me décrivait comme l'un des dix livres de science-fiction à lire dans sa vie sous peine de mourir idiot. Je viens d'achever la lecture de ce...

le 15 sept. 2013

55 j'aime

10

La Disparition de Stephanie Mailer
Gwen21
1

Critique de La Disparition de Stephanie Mailer par Gwen21

Jusqu'à présent, de Joël Dicker, je ne connaissais rien ou plutôt pas grand chose, c'est-à-dire le nom de son premier roman "La vérité sur l'affaire Harry Quebert". Depuis cette parution...

le 22 mai 2018

33 j'aime

8