Le voyage dans le temps est probablement l’un des thèmes les plus utilisés par les auteurs, qu’il s’agisse de littérature, de cinéma, de BD ou de jeux video. La générosité du genre permet évidemment toutes les fantaisies et tous les moyens pour y parvenir sont acceptés : De la machine à remonter le temps (genre temposcaphe ou chronosphère), la chute malencontreuse dans une faille temporelle, l’utilisation des couloirs du temps, la téléportation (qui nécessite toutefois un appareillage sophistiqué), un brouillard épais et poisseux qui nous isole du monde, un coup de foudre, des breuvages divers et variés, voire un téléviseur mal réglé, etc…
Mais c’est la première fois que je lis qu’un Beaujolais de 1954 aurait ce même pouvoir !
Ce sera, à vrai dire, la seule originalité de ce livre.
Le reste n’est qu’une suite de situations convenues, sans grande originalité et peu débordantes d’imagination. Au prétexte de nous faire revivre un Paris des années cinquante- peu excitant- l’auteur, d’une écriture simple, voire pauvre, y fait déambuler quatre personnages guère épais (mauvais jeu de mot). Tout au mieux, y voit-on Truffaut pérorer à la terrasse d’un bistrot et Jean Gabin (dont l’auteur tentera maladroitement d’imiter la gouaille) dîner au Veau, le resto des Halles à la mode.
Tous les lecteurs de Science-fiction savent que vouloir modifier le passé est une chose très grave et qu’il ne faut donc surtout pas le faire car cela pourrait créer un paradoxe temporel qui lui-même, par un effet papillon indésirable, pourrait fissurer l’espace-temps et provoquer la destruction totale de l’Univers. Pas moins.
Heureusement nos quatre personnages, assez peu futés, ne l’envisagèrent pas. Tout au plus, aura-t-on évité la catastrophe lorsque le « père la soucoupe », témoin de la rencontre du troisième type qui fit virer le carré de Beaujolais en 1954 en potion magique, se retrouva au même moment, au même endroit avec son chien et l’aïeul de celui-ci qui lui avait échappé 28 ans plus tôt.
Mais tout est bien qui finit bien et le lecteur aura même droit à une fin plus originale que celle, très convenue, à laquelle il s’attendait (le trésor des Moines)
Si vous avez ce livre sous la main et qu’il pleut…

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le 5 févr. 2019

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