Un plaisir de lecture léger et éphémère comme un café pris debout au zinc. Le genre de bouquin où j'hésite sur le nombre d’étoiles à lui accorder. La légèreté est-elle une faiblesse ou une vertu ?
Notre héros est un écrivain entiché de sa condition d'écrivain et préoccupé de qu'en pensera-t-on. Il se veut super ambigu. Il est « complexé de n’avoir rien à exploiter d'autre que son propre petit univers ». Il est conscient de ses faiblesses et il mise sur l'empathie en s'adonnant à l’autodérision.
« Oui, pour un type comme moi, blanc, bourgeois, protégé, sans problèmes vraiment sérieux, et, surtout, très satisfait de lui-même, il n’y a rien de plus terrorisant ni de plus fascinant que d’être confronté en direct à un Noir et un Arabe des cités en train de se taper dessus en s’insultant ».
Son acte de courage le plus remarquable est un duel verbal avec Thierry Ardisson dans une émission télé. Et puisque le personnage principal est écrivain, il parle à la première personne et puisqu’on soupçonne l'auteur Nicolas Fargues de lui avoir prêté un grain de sa propre identité, on se réjouit du jeu des miroirs.
Par l'humour et les références culturelles de la génération des trentenaires il me rappelle Nick Hornby. Par la satire du monde de la télé il n'est pas loin de « Saga » de Benacquista. Et par le don de crayonner malicieusement un groupuscule social (ou une tribu) il s’approche de « Parisiens » d’Alain Schifres.