Une enfance ballottée par la violence

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Le Burundi ne fait pas vraiment partie des pays africains qu'il est assez aisé de situer étant donné sa taille réduite équivalente à 1/20e de la France, ou encore plus d'1/80e de celle de la République démocratique du Congo, l'un de ses voisins avec la Tanzanie et le Rwanda. Quant à la guerre civile, qui a ensanglanté le Burundi de 1993 à 2001, et dont les cendres sont loin d'être froides, elle n'est connue que par ceux qui s'intéressent de près à l'actualité de cet ancien protectorat belge. Le roman de Gaël Faye, au titre explicite de Petit pays, est la chronique d'une enfance à Bujumbura dont l'insouciance -chapardage de mangues, amitiés dans une bande de garçons, découverte de la littérature- va voler en éclat avec l'arrivée de la violence, celle au coeur du Burundi même mais aussi du génocide au Rwanda si proche. La mère du jeune héros de Petit pays est d'ailleurs rwandaise (comme celle de l'auteur) et le père français. Ce qui signifie une vie plutôt privilégiée, en temps de paix, mais aussi un grand danger dès lors que la haine se manifeste. Ce premier roman d'un auteur-compositeur-interprète, chanteur et rappeur de 33 ans est une révélation. On a peut-être lu ailleurs ce type de récit d'une enfance maltraitée par la guerre mais l'écriture tendre, chatoyante et veloutée de Gaël Faye séduit immédiatement, aussi colorée dans la comédie que tendue et terrible dans la tragédie. Et l'on s'attache vraiment à ces personnages, pas seulement celui du narrateur, ballottés par le vent de la violence. L'un des livres majeurs de la rentrée littéraire française, assurément. Petit pays et grand roman.

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