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Avis sur Royaumes en proie à la perdition

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Le titre d'origine de cet ouvrage est "Histoire des Zhou orientaux" (Dong Zhou lieguozhi). Paru vers 1620, il est généralement attribué à Feng Menglong - 馮夢龍 - (1574-1646), poète, écrivain et dramaturge de l'époque Ming. Les événements racontés dans ce livre se déroulent dans l'antiquité chinoise entre -770 et -220 et sont tous basés sur des épisodes véridiques de l'histoire de cette époque dont l'on retrouve des traces dans de nombreux ouvrages anciens. Ces histoires ont littéralement imprégné la culture chinoise; au point que l'on en retrouve des allusions dans des conversations courantes mais aussi sous forme de proverbes. Elles sont d'une certaine manière constitutives de la pensée politique de ce pays et probablement d'un certain fatalisme qui l'accompagne.
C'est donc finalement le royaume de Qin qui sortit vainqueur de ces affrontements en -221 et instaura l'empire autocratique unifié qui perdura jusqu'en 1911. On ne s'étonnera pas de retrouver dans les formes actuelles de la domination en Chine, dans les mœurs de sa bureaucratie dirigeante, de nombreuses traces de cette conception totalitaire du politique. Conception où, par exemple, l'arrestation et la disparition subite d'un membre de l'oligarchie ne prête pas à discussion ni à justification. Sans même parler du sort des éventuels contestataires de cet ordre des choses.
Abattu par la nouvelle de sa défaite, le roi Ping de Chu tomba malade et mourut. Quand il l'apprit, Wu Zixu pleura toute une journée. "Le roi de Chu était l'objet de votre vengeance, lui dit le prince Guang, étonné. Sa mort devrait vous remplir de joie. Pourquoi pleurez-vous ? - Je ne pleure pas le roi de Chu; je regrette seulement de n'avoir pas pu lui couper personnellement la tête pour assouvir ma vengeance." *

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