« Comment s’appelle un homme qui pose encore des questions ?
- Zibulsky.
- Et un homme qui n’en pose plus ?
- Zibulsky aussi.
- Alors tout le monde s’appelle Zibulsky ?
- C’est cela.
- Que signifie Zibulsky ?
- Rien du tout.
- Ce n’est pas possible.
- Pourquoi ?
- Parce que tout a une signification. »
Oui, tout a une signification.
Côté humour noir, rire jaune, sarcasme… Je suis servie. Bienvenue en Absurdie.
Edgar Hilsenrath a simplifié la chose. Tout le monde s’appelle Zibulsky
Dès les premièes pages, le rire jaune, ou pas, est présent. La chute de chaque court récit claque. Les dialogues ne font pas dans la dentelle et font mouche à chaque phrase.
L’auteur parle de ce que les allemands n’aiment pas voir traiter de façon satirique, le nazisme et l’holocauste, surtout par un juif qui a connu le ghetto est s’est exilé.
Ces vieux sont-ils nostalgiques du règne du nazisme ou de leur jeunesse ? ces vieilles et ces vieux quelques peu déboussolés par la chevelure colorée de certains jeunes, les migrants turcs qui attendent le boulot sans parler un mot d’allemand (j’ai souri jaune à ce texte mettant côte à côte une dame âgée et ce jeune turc).
Le séjour aux Baléares d’un couple allemand m’a rappelé un voyage en Espagne où il y avait plus de tavernes allemandes que de bistrot espagnol.
Le discours, le texte le plus long du livre est un bijou d’absurdité dans lequel j’ai aimé me perdre pour me retrouver dans les toilettes pour dames de la gare d’Ober-Teutoburg… ou ailleurs
Et puis, il n’est pas si mauvais que cela le vieux spectateur vêtu de son costume de SA datant de 1933. les raisons pour lesquelles il a enfilé… c’est dans le bouquin : le SA zibulsky, ou facisme inoffensif puisqu’il dit : « Tu sais, à l’époque, si tous les nazis étaient allés au foot au lieu d’aller au Parti… pour se sortir la rage du ventre en gueulant pou se libérer… il n’y aurait pas eu de grand Reich »
L’auteur raconte d’une plume merveilleusement ironique, acide, l’Allemagne post nazie avec pour certains, ceux qu’il décrit, un reste d’admiration pour le chef…
Lorsqu l’on aime la provoc, lorsque l’ironie du désespoir de ce qui est advenu, lorsque la lucidité est là , on a la chance de découvir une jolie pépite pour celles et ceux qui n’aiment pas le rose Barbie.
Une très grosse envie de découvrir les précédents ouvrages d’Egar Hilsenrath
Un coup de coeur