Armées des machines de guerre que sont la philosophie et la critique littéraire Lacoste cherche à démonter l’image du bourreau notamment nazi véhiculé par une certaine littérature (notamment Les Bienveillantes qui par ses scènes thanatopornographiques est emblématique ). Le bourreau serait cultivé : il n’en n’est rien les premières cibles des génocidaires et autres tortionnaires étant les intellectuels. Il serait comme nous au fond, comme une part maudite de nous, être humain, que nous cacherions au fond de nous même. Lacoste montre que cette thèse vient d’une mauvaise lecture d’Arendt, qui voyait dans Eichmann un imbécile piètre gestionnaire qui était plus doué pour détourner l’argent du Reich qu’autre chose.
Lacoste démonte les procédés réthorique des bourreaux avec brio. Une histoire stéréotypée de père absent, d’un jeune homme cultivé qui a “dérapé”. Face à l’abjection le recours à la raison devient une fatalité : il faut étudier les fascismes les guerres coloniales pour comprendre le bourreau. Pas en se basant sur la parole du bourreau même, qui cherche avant tout à rationaliser ses actes.
Petit bémol : elle est assez injuste avec plusieurs penseurs et chercheurs notamment de l’école fonctionnaliste.