Oeuvre méconnue de C.S. Lewis...

Avis sur Tactique du diable

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Bonjour à tous,

Aujourd'hui, je m' en vais faire la critique de ce livre. Et pourquoi celui-ci ? Et bien, car il reste grandement inconnu, de tous. Et, selon moi, c' est un tord ! Pour Dieu ? Je ne sais pas. Très probablement. Mais, de façon plus sure, à notre rapport au monde ( anagramme de Démon, mais passons, si vous le voulez bien, jeunes gens ! ).

Loin des images d’Épinal véhiculant les clichés d’un Tentateur aux allures de Guignol, sorte d’amuseur public aux ruses grossières, C.S Lewis nous sert avec finesse le déroulé des stratégies diaboliques.

Screwtape, démon plein d’expérience, prend sous son aile d’ange déchu son neveu, le jeune Wormwood, fraîchement sorti de l’École de tentation. Tout feu tout flamme, le jeune diablotin, qui s’est vu confier l’âme d’un jeune homme à conduire vers la damnation, tire des ficelles énormes pour mener son « protégé » à la chute. Mais comme dans la vraie vie, entre les études théoriques et la maturation de l’expérience se loge toute la différence entre séduire et échouer. Or pour un démon qui échoue, point de miséricorde. Screwtape guide donc son élève dans les méandres du cerveau humain à travers des sentiers de plus en plus sinueux, car « le chemin le plus sûr pour l’enfer est celui qui y mène progressivement. » Peu importe que le péché soit véniel. Sa répétition conduira tout doucement vers le néant. C’est au cœur de notre volonté que le démon cherche à se glisser.

Les deux génies du mal - l’un plus génial que l’autre - suivront donc pas après pas le jeune homme pour le tenter avec toute la finesse tirée de l’expérience, et d’autant plus de vigueur qu’il s’est récemment converti.
Dans sa prière, son quotidien, ses relations familiales, le « cas pratique » est poursuivi de leurs assiduités, soucieux qu’ils sont de lui faire perdre la foi, de le conduire à un péché sans retour ignorant de la Miséricorde, aboutissant à la damnation, ce refus de l’Amour de Dieu. Comment résister aux artifices de deux démons, surtout lorsque l’un d’eux connaît assez les méandres de l’âme humaine pour y glisser des tentations de plus en plus subtiles : celle du mépris, de l’orgueil, de la fausse piété, de l’amour de soi ? Mais cette lutte de chaque instant a fort à faire face à l’amour humain, reflet de l’amour divin.

La chose est assez rare pour être soulignée : Tactique du Diable nourrit chez son lecteur, tant le besoin de rire que celui de réfléchir, tant la soif de se distraire que celle de grandir, tant le désir de comprendre que celui, au final, de se convertir.

L'auteur connaît parfaitement la vie spirituelle et ses combats. Sa "Tactique du diable" est plus vraie que nature, provoquant hurlements de rire et, parfois, réflexions intérieures ... À ne pas rater !

Sous la forme d'échange épistolaire, CS Lewis nous fait partager le monde de Screwtape, démon expérimenté, et celui de Wormwood sa jeune recrue chargée de tenter un jeune homme fraîchement converti.

Au-delà de l'humour de la situation (l'échange de lettres entre 2 démons sur comment tenter ou comment ne pas tenter les humains), CS Lewis fait preuve d'une grande acuité dans l'analyse de la psychologie, des sentiments ainsi que des travers et détours humains qui émaillent une relation avec Dieu. Cette fine analyse "parlera" sûrement aux coeurs de certains d'entre nous, lorsqu'on se reconnaît dans certains comportements et/ou situations...
CS Lewis décrit également les raisonnements et tactiques des deux démons, qui prennent appui sur les failles humaines sans arrière-pensées... Très instructif !

Car textuellement, tout est sens dessus dessous. Il est rare d’observer les combats de l’homme du point de vue du Tentateur. Mais quelle belle leçon de théologie nous est servie par ce dernier ! À tel point qu’il sèmera le doute dans l’esprit même de son élève, en évoquant une réalité interdite : l’amour de Dieu pour les hommes. Au fil des scènes, Screwtape se fait plus retors, et ses attaques toujours plus fines. « L’échec, c’est l’humilité de l’homme : attendre la force nécessaire chaque jour pour faire ce qui est bon. L’arme est alors de lui suggérer… qu’il est humble ! »
On retrouve dans sa vision de l’homme et de Dieu tous les pièges majeurs, tant spirituels qu’idéologiques. Lorsqu’il évoque l’animalité de l’homme, un fumet de darwinisme traverse nos capteurs. Un relent de tentation maçonnique le suit, fait de « salut par nos propres forces », un gros soupçon de philosophie des Lumières naviguant, comme toujours, dans son sillage. Ces tentations modernes prennent germe dans le récit de la confrontation initiale entre Dieu et Lucifer, une prouesse de mise de scène, de la part de l' auteur.

Mais allons plus en avant des choses, voulez-vous !

La plupart des mortels font deux erreurs majeures au sujet du diable. D’abord, ils ne croient pas en son existence, ce qui, sachez-le, est son astuce suprême, car, qui croit en lui, croit en l’Autre… et à ce jeu-là il est sûr de perdre. La deuxième consiste à penser qu’il a l’allure, au choix, d’un vieux bouc, fourchu, cornu, puant, d’une jeune adolescente scarifiée aux yeux rouges ou de Lord Voldemort.

Car le diable existe. oui, mon bon lecteur ! Et oui ! Pauvre naïfs, que nous sommes ! On le rencontre, au gré des romans, chez Boulgakov, sous les traits d’un magicien farceur ou chez Bernanos sous ceux d’un maquignon jovial. Chez Lewis, c’est tout sauf un clown. C’est le plus « beau des anges ». Il est froid, distant, calculateur. Mais tellement séduisant. Un dandy arrogant qui donne des cours de tentation à un diablotin fraîchement émoulu du Collège de formation, dont la mission est de faire basculer une âme du coté obscur de la force.

L’auteur du Monde de Narnia est plus connu pour ses romans d’heroic fantasy que pour son œuvre théologique. Sous l’influence de son ami Tolkien et à la lecture de Chesterton, il se convertit au christianisme en 1929. « Surpris par la joie » -c’est ainsi qu’il a titré son autobiographie- il se fera dès lors l’apologiste infatigable de la religion qu’il a embrassé. Mais foin d’un catéchisme rasoir et austère, la joie sera au cœur de ce christianisme incarné, empirique et tout chestertonien. Une joie que savent nous faire partager les quatre comédiens. Accompagnés magistralement d’un pianiste qui alterne jazz et cartoon et donne à la pièce tantôt l’ambiance d’un cabaret, tantôt celle d’une église, ils nous emmènent au fond de l’âme humaine en toute légèreté.

La description de la casuistique démoniaque est moins là pour nous apprendre à lui résister que pour nous faire découvrir la richesse et la profondeur de la théologie chrétienne. À son apprenti qui se croit habile de proposer la tentation sexuelle pour détourner sa proie de « l’Ennemi », le maître tentateur répond en ricanant : « N’oublie pas qu’il fut créé par l’Ennemi, le sexe, pour sa plus grande gloire ! ». Et les plaisirs ? Idem : « C’est lui qui l’a inventé le plaisir, non pas nous. Il est à l’origine de tous les plaisirs ; malgré toutes nos recherches nous n’avons pas su en produire un seul ! »

Sagesse de la chair. Perversité de l’esprit. C’est par l’intelligence et l’imagination bien plus que par les sens que le doute pénètre le cœur. Les perversions brusques ne sont pas les plus efficaces, et il faut travailler l’âme jusqu’à ce qu’elle tombe comme un fruit mur.

De professeur de tentation, le Malin finit par se faire catéchiste, l’exposition des méthodes lucifériennes devenant le prétexte du dévoilement de la stratégie de celui d’en haut. « Mais il les aime vraiment ? » demande le diablotin, tentateur tenté de déserter pour le camp des anges. Screwtape finira par lâcher le morceau et dire le secret qui vit Satan tomber comme l’éclair : « Oui il les aime vraiment et pour leur apprendre à l’aimer librement, à marcher vers lui, à voler de leurs propres ailes, il doit retirer sa main. »

Citations extraites des lettres d'un vieux démon expérimenté à son neveu, novice de la tentation, voyez plutôt ! A chaque sujet, sa petite dose de réflexion ! Vous êtes prêts ? Vamonos !

Matérialisme

Les slogans, et non le raisonnement, seront tes meilleurs alliés pour l'éloigner de l'Église. Ne perds pas ton temps à essayer de le convaincre que le matérialisme est vrai ! Fais-lui croire qu'il est fort, vigoureux, courageux - que c'est la philosophie de l'avenir. Car c'est à ce genre de chose qu'il est sensible.

Raisonnement

L'inconvénient à faire appel au raisonnement c'est que l'Ennemi a l'avantage du terrain. Il sait fort bien argumenter. Tandis que dans le genre de propagande pragmatique que je préconise, il s'est montré depuis des siècles bien inférieur à notre Père d'en bas. Par le simple fait d'argumenter, tu éveilles l'esprit de ton protégé. Et une fois qu'il est éveillé, qui peut en prévoir les répercussions ?

Recherches récentes

Le mieux c'est encore de ne le laisser lire aucun ouvrage scientifique mais de lui donner l'impression qu'il sait tout et que tout ce qu'il peut glaner dans ses conversations ou ses lectures est "le résultat des recherches les plus récentes"

Ridicule

Grâce à notre Père d'en bas, ton protégé est un sot. Il suffit que l'un de ses voisins chante faux, que ses chaussures craquent, qu'il ait un double menton ou des vêtements bizarres pour qu'il soit prêt à trouver ridicule la religion d'un tel homme.

Tâches spirituelles

Détourne son attention des devoirs les plus élémentaires pour la diriger vers des tâches plus élevées et plus "spirituelles". Accentue chez lui ce trait si humain qui nous est si utile : l'horreur ou simplement la négligence d'obligations qui semblent pourtant évidentes.

Ferveur religieuse

La meilleure tactique sera, chaque fois que cela est possible, d'empêcher ton protégé de prendre sérieusement la résolution de prier. Pour un débutant, cela voudra dire qu'en fait il s'efforcera d'éveiller une vague ferveur religieuse qui n'a rien à voir avec son intelligence ou sa volonté.

Orienter sur eux-mêmes

Quand les hommes fixent toute leur attention sur la personne de l'Ennemi, nous sommes vaincus d'avance. Mais il y a moyen de les en empêcher. La façon la plus simple, c'est de détourner de lui leurs regards et de les orienter sur eux-mêmes.

Mélange

Tu peux faire ce que tu veux, il y aura toujours un mélange de bienveillance et de malveillance dans l'âme de ton protégé. L'essentiel est de diriger toute sa malveillance contre ses voisins les plus proches, ceux qu'il rencontre chaque jour, et de l'amener à montrer de la bienveillance aux gens qui vivent à l'autre bout du monde et qu'il ne connaît guère.

Croire au diable

S'il y avait le moindre indice qu'il soupçonne ton existence, présente-lui un personnage en pantalon collant rouge. Convaincu par toi qu'il ne peut pas croire à de pareilles niaiseries (ce moyen de créer la confusion est consigné dans notre Méthode classique), il finira par comprendre qu'il ne peut pas croire en toi.

Religieux

Aussi longtemps qu'il attachera plus d'importance aux réunions, aux pamphlets, à la politique, aux mouvements, aux causes et aux croisades qu'aux prières, aux sacrements et à l'amour du prochain, il sera des nôtres et plus il sera "religieux" (comme nous l'entendons), plus sûrement il nous appartiendra.

Obéissance

Ne t'y méprends pas, mon cher Wormwood. Notre cause n'est jamais autant menacée que quand un homme qui ne désire plus faire la volonté de l'Ennemi, mais qui l'accomplit quand même, contemple un monde où toute trace de l'Ennemi semble avoir disparu, demande pourquoi il a été abandonné - et obéit tout de même.

Modération

Insiste sur "la modération en toutes choses". Si tu réussis à l'amener au stade où il pense que "la religion, c'est très bien à condition de ne pas aller trop loin", tu n'auras plus de soucis à te faire pour son âme. Une religion modérée vaut tout autant pour nous que pas de religion du tout, et c'est bien plus amusant.

Les amis

Tout semble aller pour le mieux. Ce qui me réjouit surtout c'est d'apprendre que ses deux nouveaux amis l’ont maintenant introduit dans leur cercle. D'après nos archives, ce sont des gens qui sont constants dans leur mépris, des humains qui, sans commettre de crimes spectaculaires, progressent doucement mais sûrement vers la maison de notre Père.

Puritanisme

Tout cela, ton protégé le qualifierait probablement de "puritanisme" – et permets-moi, en passant, de te faire remarquer que la connotation que nous avons réussi à donner à ce mot est un de nos plus grands triomphes au cours des cent années passées. Grâce à elle, nous sauvons chaque année des milliers d'hommes de la tempérance, de la chasteté et de toutes les formes de sobriété.

L’ironie

Une fois l'habitude prise, l'ironie entoure l'homme de la carapace la plus efficace contre l'Ennemi. De plus elle ne l'expose à aucun des dangers que comportent les autres causes du rire. Elle est aux antipodes de la joie ; elle tue l'esprit au lieu de l'aiguiser ; et elle ne crée aucun lien d'affection entre ceux qui la pratiquent.

Accumulation

Mais rappelle-toi que la seule chose qui compte est la mesure dans laquelle tu as réussi à séparer ton protégé de l'Ennemi. Peu importe que ses péchés soient véniels, pourvu que leur accumulation ait pour effet de l'écarter tout doucement de la lumière pour le conduire dans le néant. En effet, le chemin le plus sûr pour l'enfer est celui qui y mène progressivement. C'est la pente douce, bien feutrée, sans virages trop brusques, sans bornes kilométriques ni poteaux indicateurs.

Grandes promesses

Si je comprends bien, il ne fait plus de grandes promesses de vie vertueuse. Il ne s'attend même plus à être en "état de grâce" pour le reste de ses jours. Tout ce qu'il espère c'est d'obtenir à chaque heure de chaque jour les forces nécessaires pour surmonter la tentation. Tout ceci est très mauvais.

L’orgueil de l’humilité

Toutes les vertus deviennent moins redoutables pour nous dès qu'un homme en a pris conscience, et cela est particulièrement vrai de l'humilité. Attrape-le au moment où il est vraiment pauvre en esprit et souffle-lui à l'oreille la réflexion flatteuse : "Pardi ! Me voilà devenu humble", et tu verras, presque instantanément, l'orgueil – l'orgueil qu'il tire de son humilité – faire son apparition.

Mariage

Il doit exister dans l'entourage de ton protégé plusieurs jeunes femmes qui sauraient lui rendre la vie chrétienne extrêmement difficile, si seulement tu pouvais le décider à épouser l'une ou l'autre. S'il te plait, fais-moi un rapport sur ce point dans ta prochaine lettre.

Désir

De cette façon, nous orientons de plus en plus le désir de l'homme vers quelque chose qui n'existe pas – laissant l'œil jouer un rôle toujours plus important dans sa vie sexuelle tout en rendant ses exigences toujours plus difficiles à satisfaire. Ce qui va en résulter, tu n'as pas de peine à l'imaginer !

Propriété

En général, il faut encourager le sens de la propriété chez les hommes. En fait, ils sont toujours en train de revendiquer tel ou tel droit de propriété, ce qui semble aussi bizarre au ciel qu'à l'enfer. Mais il faut les laisser faire. Le discrédit que l'on jette actuellement sur la chasteté provient en grande partie de cette idée qu'ont les hommes qu'ils sont propriétaires de leur corps

Justice sociale

La chose à faire, c'est, au début, de faire apprécier à un homme la justice sociale parce que l'Ennemi l'exige, et, ensuite, de l'amener au stade où il appréciera le christianisme parce qu'il peut mener à la justice sociale.

Religion d’initiés

Certaines théories auxquelles il risque d'être confronté dans les milieux chrétiens d'avant-garde peuvent t'être d'une grande utilité. Le genre de théories auxquelles je pense fait dépendre l'avenir de la société d'un cercle fermé de « clercs », d'une minorité de théocrates bien formés. Que ces théories soient justes ou fausses, cela n'est pas ton affaire. La seule chose qui compte est de faire du christianisme une religion à mystères dont ton protégé se prend pour un des initiés.

Toujours les mêmes choses

Cette aversion pour « toujours les mêmes choses » est une des passions les plus utiles que nous ayons produites dans le cœur humain. C'est une source intarissable d'hérésie en matière de religion, de folie dans les conseils, d'infidélité dans le mariage, d'inconstance dans l'amitié.

Cris d’indignation

Nous orientons les cris d'indignation de chaque génération contre les vices qui la menacent le moins et la poussons à donner son approbation à la vertu la plus proche du vice que nous aimerions voir se répandre. Notre tactique est de les faire courir tous avec des extincteurs en cas d'inondation et de les entasser tous du côté du bateau qui est déjà en train de sombrer.

Questions pertinentes

S'ils continuent à se demander : « Est-ce en accord avec la tendance générale de notre époque ? Est-ce conforme aux idées progressistes ou aux opinions réactionnaires ? Est-ce dans le sens de l'Histoire ? », ils laisseront de côté les questions pertinentes.

Méthode historique

Nous sommes arrivés à ce résultat en leur inculquant la méthode historique. En deux mots, cela veut dire que lorsque l'un de ces savants se trouve devant un texte quelconque d'un auteur ancien, il cherche à savoir tout sauf si ce qu'il dit est vrai. […] La pensée que l'auteur ancien aurait quelque chose à lui apprendre ou que ses écrits pourraient éventuellement modifier sa façon de penser et d'agir — l'érudit la qualifierait de puérile et de simpliste.

Prospérité

La prospérité enchaîne l'homme au monde. Il croit y avoir trouvé sa place, alors qu'en fait, c'est le monde qui a trouvé sa place en lui. Sa réputation grandissante, son cercle d'amis qui s'élargit sans cesse, le sentiment de sa propre importance, la pression croissante d'un travail absorbant et agréable — tout cela crée en lui le sentiment qu'il est bien chez lui ici-bas. Et c'est exactement ce que nous souhaitons.

Aveuglement

En temps de paix, nous réussissons à garder bien des gens dans une ignorance totale du bien et du mal. Mais quand ils sont en danger, cette question s'impose à eux avec une telle évidence que même nous, nous n'arrivons pas à les maintenir dans l'aveuglement.

Désespoir

Il reste encore une autre possibilité : non pas de chloroformer son sentiment de honte mais de l'accentuer jusqu'à ce qu'il soit au bord du désespoir. Ce serait là un grand triomphe pour nous. Cela prouverait qu'il n'a cru au pardon de l'Ennemi pour ses autres fautes que parce qu'il n'avait pas senti toute la gravité du mal qu'il avait fait ; mais que pour ce seul vice dont il a pu pleinement sonder l'infamie, il n'ose plus demander miséricorde, ni même croire qu'il pourrait l'obtenir.

Cela donne envie, non ? L'approche humoristique de C S Lewis n'enlève rien à la finesse et à la pertinence de sa réflexion et nous nous reconnaissons sans peine dans le miroir qu'il nous tend. La lecture de ce chef d'oeuvre de C S Lewis nous révèle - derrière la façade qui la cache - notre véritable identité et - derrière les caricatures qui le masquent - le vrai visage du Malin.
La définition de l'enfer comme incompréhension radicale de l'amour est une des idées majeures de lactique du diable, un livre qui n'a pas fini de nous donner à penser...

Sur ce, portez vous bien ! Lisez, et convertissez-vous, jeunes gens ! Ou, si tout cela n' est que fariboles, et préjugés superstitieux, et bien... Baisez ( vous les pieds, et les mains ! Non mais... Vous m' avez pris pour quoi ? ). Lisez ce livre, et lisez, encore et toujours. La lecture est infinie, pour qui a faim ! Tcho. Ne vous laissez pas abattre. Le désespoir est la solution de facilité. Quoique... @+.

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