Jacques Maritain est un catholique de la branche des thomistes, c’est-à-dire héritier de la tradition de Saint-Thomas d’Aquin. Dans cet essai, il se propose de nous montrer trois réformateurs, religieux, philosophiques et moraux en la personne de Luther, Descartes et Rousseau.
Il considère que ces trois personnes sont aux origines de notre monde moderne, et ce n’est pas un compliment. Il dépeint un Luther, moine qui ne trouvant pas la grâce décréta que personne ne pouvait y arriver, que le péché originel était en nous de manière définitive et qu’il ne pouvait être enlevé. Luther perpétra quelque chose de déjà commencé à la Renaissance selon Maritain c’est-à-dire la translation de la personnalité vers l’individu.
Pour Maritain ce qui est caractéristique du monde moderne c’est le fait d’être passé de personnalité, qui ont donc reçu quelque chose de divin, qui ne peut désigner que des êtres humains à l’individu, qui est une partie de la masse démocratique et qui peut désigner n’importe quoi.
Luther s’enferme dans son égoïsme, Maritain le caractérise comme suivant la doctrine de Pélage comme quoi l’on ne pourrait trouver la grâce qu’avec son propre travail. Pour Descartes, il nous montre que celui-ci donne des caractères angéliques à la pensée humaine. En effet, le rationaliste pense que la pensée peut être indépendante des choses, que l’erreur ne peut seulement venir que de la précipitation. Encore une fois, Maritain tente de montrer que Descartes est concentré sur son ego, qu’il considère sa pensée comme indépendante, il se concentre sur lui-même.
Et puis Rousseau, celui-ci est durement châtié par Maritain, non pas que Rousseau fut mauvais, mais il tend a le psychiatrisé. Rousseau est montré comme une personne fantasque qui parlait à ses « habitants », des êtres inventés, et leur faisait la conversation. Rousseau se drapait de vertu et était quelqu’un d’extrêmement sensible. Il avait comme primat la sensibilité et utilisait la raison pour la passion.
Maritain aime nous présenter Rousseau comme un hypocrite, il fait bien entendu référence à l’abandon des enfants de l’auteur de la nouvelle Héloïse. Ensuite Maritain attaque le contrat social et nous dit que Rousseau a mélangé le sens de « Nature ». Du côté métaphysique la nature concerne l’essence des choses, ce qui a été produit avant l’intelligence, quelque chose de parfait. Et de l’autre il entend par nature la période où les humains n’avaient pas encore créé la société. Rousseau part donc du principe que ce qui était la société était parfait et que depuis la création de celle-ci, cela n’en est plus. S'en suit ensuite une critique de la démocratie par Maritain.
Cet essai est très intéressant parce qu’il critique des penseurs reconnus comme moderne et il montre aussi le combat d’un scolastique contre l’individualité qui est devenu reine dans ce monde moderne. Il me semble que ce qu’il faut en retenir c’est cela, le passage lent, mais complet de la personnalité vers l’individuation.